Entre le 7-1 contre le Cercle Bruges et le 1-1 arraché sur le terrain du Club, les gars de Sclessin sont passés par différents états d'âme. Le match d'alignement face à La Louvière devait servir d'ultime répétition avant le choc chez les champions : une répétition ratée (1-1) et un choc qui ne leur a pas permis de se repositionner en tête du classement.
...

Entre le 7-1 contre le Cercle Bruges et le 1-1 arraché sur le terrain du Club, les gars de Sclessin sont passés par différents états d'âme. Le match d'alignement face à La Louvière devait servir d'ultime répétition avant le choc chez les champions : une répétition ratée (1-1) et un choc qui ne leur a pas permis de se repositionner en tête du classement. Mémé Tchite a été un des acteurs en vue du carton contre le Cercle, avec deux goals et un assist. Il avait entamé le championnat à la moyenne d'un meilleur buteur européen : 10 buts en 10 matches. Ensuite, sa gâchette s'est un peu abîmée : deux goals en 11 rencontres. Il a dû abandonner son maillot distinctif de meilleur réalisateur à TosinDosunmu (Germinal Beerschot). Faut-il à présent voir un effet Igor De Camargo dans son retour au premier plan ? Une menace brésilienne sur la productivité de Tchite ? Mémé : " Dans le groupe, tout le monde a applaudi le transfert d'Igor. Moi en premier lieu. Est-ce que je dois le considérer comme une menace alors que l'entraîneur m'a fait jouer à ses côtés contre le Cercle et que ça a bien fonctionné ? Il a suffi de ce match pour que nous prouvions notre complémentarité. Je n'ai aucune raison de m'en faire. J'ai vécu mon creux de forme sans m'inquiéter. Je savais que mes sensations finiraient par revenir. Tous les attaquants sont logés à la même enseigne, avec des périodes fastes et des baisses de productivité. Depuis quelques semaines, c'était surtout Dosunmu qui pétait la forme. Demain, peut-être, je reprendrai le dessus. Je ne fais pas une fixation sur le maillot distinctif. Le foot reste un jeu, le classement des buteurs aussi ". L'effondrement de Westerlo s'explique notamment par la nouvelle perméabilité de sa défense. Les Campinois n'avaient pris que 14 buts au premier tour, mais ils viennent d'en encaisser 12 au cours des cinq matches suivants. Dans le même temps, VedranRunje ne s'est retourné que trois fois. Et les Rouches ont désormais la meilleure défense de D1. Etonnant ? Pas du tout si on analyse la carte de visite du quatuor défensif. EricDeflandre, Oguchi Onyewu, Jorge Costa et Philippe Léonard, ce sont 13 titres nationaux, une multitude de grandes soirées européennes, près de 140 sélections, des Championnats d'Europe, des Coupes du Monde. Eric : " Cette expérience paye, évidemment. Mais je n'irais pas jusqu'à dire que la défense du Standard est son premier point fort. L'équipe présente un très bon amalgame de solidité défensive (on souligne trop peu la façon dont Karel Geraerts et Siramana Dembéle nous soulagent depuis l'entrejeu), de solidarité dans les trois lignes et de qualités individuelles. Nous avons quelques joueurs capables de forcer seuls la différence quand ça ne marche pas via des actions construites, c'est un atout supplémentaire que nos concurrents pour le titre n'ont pas nécessairement. La facilité d'intégration est une autre explication de notre parcours. Après le départ d' Ivica Dragutinovic, Mathieu Beda n'a pas eu besoin de trois matches pour trouver ses repères. Plus tard, on a constaté la même facilité avec Siramana et Jorge. Le travail par ateliers y est pour beaucoup. Le coach prévoit trois zones sur le terrain d'entraînement et les joueurs de chaque ligne passent ensemble d'une zone à l'autre, ce qui facilite les automatismes. Les réunions en dehors du stade sont importantes aussi : nous nous retrouvons régulièrement au resto, avec ou sans les femmes. Evidemment, plus on a d'expérience et plus facilement on s'adapte. Costa n'a pas débarqué comme un petit jeune qui aurait tout à découvrir. Dembéle avait aussi connu des choses intéressantes avant d'arriver chez nous. La venue de Jorge a modifié notre jeu défensif mais ces nouveaux automatismes ont très vite été compris et acquis. La ligne arrière joue plus haut et cela nous met encore plus de pression car la moindre erreur a encore plus de chances d'être fatale, mais la concentration est totale. La manière dont nous jouons le hors-jeu le prouve. En fonction des qualités spécifiques de l'adversaire, nous décidons en semaine de pratiquer ce piège ou pas. Quand nous le faisons, nous avons un pourcentage de réussite de plus de 90 %. C'est énorme. La saison dernière, nous étions loin de présenter la même efficacité sur ces phases-là ". Revue des troupes au coup d'envoi de Standard-La Louvière. Standard : 45 pts, 40 bp, 20 bc, un moral au zénith après la démonstration contre le Cercle. La Louvière : 20 pts, 19 bp, 39 bc, un mental dans les chaussettes au c£ur des soupçons de matches arrangés, une situation explosive suite au départ de Gilbert Bodart. Sur le terrain, cette différence apparaît clairement : une bonne dizaine d'occasions franches (dont un penalty) et 14 corners pour les Rouches, qui jouent en plus tout le match à 11 ; un quart d'occasion et un seul coup de coin pour les Loups, qui disputent les 30 dernières minutes à 10. Score final : 1-1. Cherchez l'erreur... Siramana Dembéle : " On va nous reprocher d'avoir pris La Louvière de haut mais ce n'est pas vrai. Nous nous étions mutuellement mis en garde et Dominique D'Onofrio avait été très clair : cette équipe serait galvanisée après tous les problèmes qu'elle a connus depuis quelques jours. Elle l'a bien confirmé sur le terrain. Nous étions pleins de bonne volonté. Nous nous étions convaincus que ce serait compliqué car il est finalement assez rare qu'une équipe gagne deux fois à domicile en quatre jours. Nous savions qu'à côté de cela, tout le stade attendait notre victoire. Et quand on fait une croix sur des affiches télévisées de la Ligue des Champions pour venir voir Standard-La Louvière, c'est parce qu'on est sûr que ça va bien se terminer. Nous n'avons pas répondu à l'attente. Parce que Michaël Cordier a joué le match de sa vie dans le but d'en face, mais ça ne peut pas être une excuse suffisante. Parce que la chance qui nous avait aidés dès les premières minutes du match contre le Cercle n'était plus avec nous ce soir, mais ça ne suffit pas non plus comme justification. Nous nous sommes posé des problèmes en en oubliant d'être concrets et d'aller au bout de nos actions. Je viens d'entendre les propos assez durs de Philippe Léonard, qui affirme que nous devons d'urgence nous remettre en question. Je n'irais pas aussi loin car nous sommes conscients de nos devoirs, et la concentration est maximale. Il n'empêche que ce nul est insuffisant. Ce n'est pas ce soir que nous avons perdu le titre. Ce n'est pas non plus le week-end prochain que nous abandonnerons nos chances, en cas de défaite à Bruges. Il est clair que, si la récompense n'est pas au bout du chemin, c'est d'abord à des matches comme celui contre La Louvière que nous devrons repenser. Mais il est trop tôt pour faire les bilans. Nous n'étions pas euphoriques après le carton contre le Cercle, nous ne sommes pas exagérément abattus ce soir : tout reste à faire, nos chances de titre restent intactes ". Le parcours 2005-2006 du Standard, ce n'est pas que Runje, Costa, SérgioConceição, Milan Rapaic ou Tchite. Ce ne sont pas que des gens hyper heureux et hyper médiatisés qui partent au feu chaque semaine. C'est aussi une brochette de joueurs condamnés à vivre dans l'ombre cette saison pas comme les autres. CédricRoussel est malheureux, Wamberto et Jonathan Walasiak aussi - même si certains évitent de trop le montrer. Quand on a un temps de jeu réduit à une peau de chagrin, on ne peut pas être épanoui. Le deuxième gardien, Olivier Renard, est un autre de ces réservistes de luxe, de ces joueurs qui feraient fureur dans la plupart de nos clubs mais sont privés des spotlights à Sclessin. Malgré tout son talent, ce garçon cire le banc depuis près de six ans. Cap sur une carrière ratée ? Renard : " Peut-être... Quand je vois le match que Cordier a joué contre nous, je me dis que j'aurais bien aimé être à sa place. Mais j'ai fait des choix et je les assume. Je signale que mon choix de partir à l'Udinese, en 1999, était aussi dicté par certaines circonstances. J'avais déjà prouvé avec Charleroi que j'avais un certain niveau, mais on s'y obstinait à mettre des gardiens plus âgés sur mon passage : Zsolt Petry, Franky Frans, Marjan Mrmic. Jean-François Gillet avait le même problème au Standard. Nous en avons tiré nos conclusions et nous sommes partis. Regardez l'équipe des Espoirs de l'époque : c'étaient presque tous des joueurs qui n'étaient pas titulaires dans leur club. Aujourd'hui, tous les Espoirs jouent régulièrement en D1. C'est révélateur de l'évolution du foot belge. Une évolution dictée par les problèmes financiers. Les jeunes, c'est aujourd'hui un choix obligé. Il y a quelques années, Silvio Proto et Cordier n'auraient probablement pas eu leur chance aussi vite en D1. Je ne cache pas que j'étais revenu en Belgique, l'été dernier, en espérant jouer beaucoup plus. J'ai fait un gros sacrifice financier, surtout en renonçant à la prime de qualification de l'Udinese pour la Ligue des Champions. Je n'ai encore disputé qu'un match cette saison : en Coupe contre le Germinal Beerschot. Parce que Vedran s'était blessé à la main, mais cette blessure est arrivée juste avant la trêve... malheureusement pour moi. (Il rigole). Le Standard m'a loué pour un an, avec une option d'achat. On fera le point dans quelques semaines, mais je vais avoir 27 ans et il est grand temps que je commence à jouer chaque semaine. Je suis heureux à l'Udinese, mais je sais que les portes du 11 de base y restent fermées pour l'instant, puisque Morgan De Sanctis est intouchable. J'y ai encore deux ans de contrat, il n'y a aucune raison de paniquer, ça me fait encore une belle assurance revenu garanti, mais c'est clair que le temps sur le banc me semble de plus en plus long ". Première sélection de René Vandereycken pour Luxembourg-Belgique : Geraerts est le seul Standardman retenu. Deflandre, Léonard et Walasiak n'ont pas les faveurs du nouveau coach fédéral. Il y a deux façons de voir les choses : cette non sélection est négative car les trois joueurs concernés pourraient avoir du mal à la digérer ; ou elle est positive car ils vont avoir tout le loisir de se concentrer à fond sur la dernière ligne droite du championnat. Ce premier match de l'ère VDE se jouera avec Jean-François de Sart dans le rôle de l'adjoint. En attendant l'arrivée à ce poste de Stéphane Demol ? Son expérience de T2 à Sclessin se limitera-t-elle à une seule saison ? Demol : " Inutile de me demander un commentaire sur les choix de Vandereycken. C'est lui, le nouveau patron de l'équipe nationale. Mais on ne peut voir aucun aspect positif dans une non sélection. Tous les bons joueurs belges qui ne sont pas repris doivent être déçus s'ils ont de l'ambition. A eux de prouver au sélectionneur qu'ils méritent sa confiance. A eux de travailler encore plus et d'aligner les bons matches. Pour ce qui est de mon propre avenir, pas de commentaires non plus. J'ai un contrat d'un an au Standard, il a été convenu que je ferais le point avec la direction en fin de saison et je n'ai encore reçu aucune proposition pour l'année prochaine. Ni du Standard, ni de la Fédération. Il n'y a eu aucune approche. Evidemment, je sais qu'on me cite chez les Diables. Mais qui peut confirmer qu'on pense vraiment à moi là-bas ? Moi, je n'en sais rien et je n'ai pas de boule de cristal. Je m'en fous qu'on cite mon nom pour bosser avec Vandereycken : à mes yeux, ce ne sera concret que le jour où on m'approchera autrement que par voie de presse. On m'a déjà demandé plusieurs fois ce que je préférerais si j'avais le choix dans quelques semaines. Bête question : je n'ai pas à trancher aussi longtemps qu'on ne me propose rien ". Dernier entraînement à Liège avant le départ pour une mise au vert dans la région de Bruges. La pression monte clairement. Wamberto connaît bien le stress de la lutte pour le titre en vue de la ligne d'arrivée. Il a passé plus de cinq ans à l'Ajax (122 matches de championnat, 26 buts, de grands faits d'armes en Ligue des Champions) où l'objectif était clair dès le premier entraînement de la saison : le trophée national et un bon parcours européen. Wamberto : " Depuis plusieurs semaines, nous sommes conscients que notre match à Bruges pourrait bien être décisif dans l'optique du titre. Une évidence pareille met forcément un peu de pression supplémentaire sur le groupe. L'expérience présente dans notre noyau, avec des gars comme Deflandre, Léonard, Costa, Conceição et moi-même, pourrait bien être un facteur déterminant au bout du compte. C'est important d'avoir des joueurs qui ont collectionné les titres dans plusieurs pays d'Europe et savent comment il faut aborder les situations chaudes de fin de saison. Il n'y a pas ce vécu à Anderlecht ou à Bruges. Quand j'étais à l'Ajax, la direction descendait pratiquement chaque jour dans le vestiaire pour nous répéter que le titre était un must absolu, pour nous conditionner en fonction de cet objectif. J'ai eu du mal à gérer cette nouvelle donne lors de mes premiers pas là-bas. J'arrivais d'un championnat de Belgique où c'était toujours assez calme, et on m'a directement fait remarquer qu'on attendait beaucoup de moi dès mon premier match : à domicile, devant 50.000 personnes, contre le PSV ! J'ai bien géré ce stress, j'ai marqué et on m'a élu homme du match... A Amsterdam, il fallait en plus combiner résultats et beau football : encore une pression supplémentaire. Là-bas, gagner ne suffisait pas. Aujourd'hui, je sens que la tension monte de semaine en semaine chez nous, et c'est encore plus palpable depuis le nul inattendu contre La Louvière : il faudra être fort, la façon de gérer cet aspect psychologique pourrait bien faire la différence ". La journée commence mal : Conceição n'est pas rétabli de sa blessure aux adducteurs et c'est Sergiy Kovalenko qui le remplace sur le flanc droit. C'est l'une des clés du match : l'Ukrainien cherche ses repères pendant une heure et demie. L'autre clé, c'est la liberté presque totale laissée à Sven Vermant, qui ne s'en prive pas, menace les Liégeois de la première à la dernière minute et donne l'assist sur le but brugeois. Verdict d'un match particulièrement engagé : 1-1. Dominique D'Onofrio : " Mission accomplie. Nous étions venus à Bruges pour ne pas perdre, nous repartons avec un point en ayant montré que nous pouvions continuer à rivaliser avec les meilleurs. Ne soyons pas trop gourmands car nous sommes tombés contre un tout bon Bruges. Peu d'équipes viendront arracher quelque chose ici, surtout après avoir été menées. Nous avons pris 4 points sur 6 contre le Club : qui d'autre peut en dire autant ? Qu'on ne nous reproche pas de ne pas avoir produit un jeu très académique : ce n'était pas le but, évidemment. Avec deux équipes aussi engagées, il était inévitable que ce soit un match dur. Nous voulions rester bien placés dans la course au titre et c'est fait. C'est évidemment notre rencontre face à La Louvière qui me laisse les plus gros regrets. Nous avons produit une de nos meilleures prestations de la saison mais nous n'avons pris qu'un petit point. J'avais misé sur quatre unités au minimum dans ces deux matches, nous n'en avons pris que deux et c'est donc Anderlecht qui s'installe en tête. Mais rien n'est fait pour le titre. Ça se jouera sur la régularité. Les qualités sont là, dans notre groupe, nous venons de le prouver une nouvelle fois. Reste à les afficher dans les 10 matches qui restent au programme. La couronne sera pour le plus constant ". PIERRE DANVOYE