Mercato d'hiver calme. OK, Dzeko à City mais pour le reste ? Cela me rappelle le conte de fées de 2009. Un Gunner avait quitté Arsenal pour le Real Madrid et c'était passé inaperçu. Pourtant ce joueur avait eu une influence capitale dans le jeu de son équipe. À lui seul, il a pu gâcher une finale de Ligue des Champions. Et ce sans mettre le pied sur la pelouse ou tout du moins pendant le match. Allez cherchez son nom ! Cherchez pourquoi il est si important !
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Mercato d'hiver calme. OK, Dzeko à City mais pour le reste ? Cela me rappelle le conte de fées de 2009. Un Gunner avait quitté Arsenal pour le Real Madrid et c'était passé inaperçu. Pourtant ce joueur avait eu une influence capitale dans le jeu de son équipe. À lui seul, il a pu gâcher une finale de Ligue des Champions. Et ce sans mettre le pied sur la pelouse ou tout du moins pendant le match. Allez cherchez son nom ! Cherchez pourquoi il est si important ! Pas facile hein ? Aujourd'hui, pas de quizz mais je vous laisse quand même 3 mois pour trouver : rendez vous le 12 avril pour la réponse. Ouais, bon, je vous sens impatient... Alors voilà : ce Gunner est Paul Burgess, ça ne vous dit toujours rien ? Normal. Il est jardinier. Formé à Blackpool, transféré à Arsenal à l'âge de 20 ans et 12 ans plus tard au Real. Belle carrière hein ! A Madrid, avoir une bonne pelouse est plus difficile que de conquérir des titres. Alors ils ont scruté le marché. Ils ont demandé à leurs joueurs et la majorité a répondu que la meilleure pelouse était celle d'Arsenal. Et Paul Burgess a été transféré ! Paul est un génie des brins d'herbe. Pas le genre à faire faux bon à son employeur ni à provoquer ses collègues-employés en culottes courtes. La preuve, depuis qu'il est là, le nombre de blessés à cause du terrain a fortement baissé. C'est aussi ça un grand club. Il soigne les petits détails. Et pourtant, ce n'est pas simple. Il fait souvent très chaud et très sec à Madrid. De plus, les tribunes font 70 mètres de haut. Question ventilation, c'est plutôt l'apnée madrilène. Mais avec lui tout doit être lisse. Il veut faire du tendre mais solide, de l'humide mais pas mouillé et du vert... même quand le maillot est rouge ou blanc. Dès son arrivée, il est mis au parfum. Le président du Real lui a vite fixé ses objectifs : -T'assures en championnat et tu te surpasses le 22 mai 2010. Santiago Bernabéu recevait la finale de la Champions League et malheureusement pour Paul, ce ne fut pas Real Madrid-Arsenal. Petite déception, mais l'essentiel fut qu'il n'y ait eu aucune humiliation planétaire à cause d'une touffe ou d'un trou ou même d'une flaque d'huile. Pourtant, la veille de la finale, lors de la dernière tonte, une durite du tracteur pète. Grosse fuite d'huile, grosse frayeur. Le temps de s'en rendre compte, une partie du terrain est " sous huile ". Imaginez Milito qui glisse au moment de marquer ! Avec les pneus Pirelli comme sponsor, ça l'aurait foutu mal... Mais Paul a assuré, et même Super Jose Mourinho le considère comme une des meilleures recrues du Real. Comme quoi, on peut venir de Blackpool et tenir un rôle prépondérant dans une finale. A propos de Blackpool, y a un autre génie des pelouses qui ne la foule pas, non plus, les jours de match. C'est Ian Holloway. Vous le connaissez quand même ! Le génial Holloway : un poème à lui tout seul, une ode au foot comme on l'aime. Pro de la tirade qui irradie de bon sens. Le coach de Blackpool est un gardien du temple pillé par les âpres apôtres du résultat. Son résultat à lui, il le veut festif, il le veut empli de partage. Ses supporters doivent être choyés : " Je joue très offensivement en déplacement comme à domicile. Nos fans qui ont fait le voyage méritent du spectacle. D'ailleurs, ils sont toujours contents. Qu'on en mette quatre ou qu'on en prenne six, ils sont heureux d'être venus. C'est ma façon de les remercier de leur fidélité. " Et ça marche. Blackpool est la 3e équipe " away " de Premiership. Elle prend plus de points en terre ennemie qu'a domicile ! Holloway avait déjà fait fort lorsqu'il coachait Plymouth Argyle en division 2. Quelques minutes après sa première victoire de la saison en déplacement, il offrait une tournée générale aux 700 supporters qui avaient fait les 1.296 km jusqu'à Sunderland. Impressionnants, ces 700 pintes et 1.296 kilomètres parcourus par les 700 braves. Balaise, non ? Ce bon vieux foot anglais, c'est ça aussi. Holloway fait dans le surréalisme qui nous réconcilie avec la réalité. Et d'ailleurs il mérite de revenir en deuxième semaine. Je vous raconterai qu'à propos de réalité, il fait dans le " reality show "... PAR FRÉDÉRIC WASEIGE, JOURNALISTE BE/TVHolloway et Burgess, deux stars de Blackpool. " Vaut-il mieux gagner sans rien montrer d'intéressant et de spectaculaire ou perdre en ayant procuré du plaisir ? " Johan Cruijff