La première présence d' Yves Makabu-Ma-Kalambay dans l'effectif des Diables Rouges n'est pas passée inaperçue en Ecosse. Le jeune keeper d' Easter Road y jouit d'une bonne cote depuis qu'il porte les couleurs d'Hibernian. Sur les armoiries de cette institution, on peut lire : Proud of Edinburgh since 1875. Ne nous emballons cependant pas : le gardien belge n'est pas encore la fierté de cette équipe mais il s'installe dans le progrès et la continuité. C'est le plus important dans son cas. Après des débuts en fanfare, il s'est déchiré à l'une ou l'autre reprise. Rien de mortel. La première fois, le soleil l'a ébloui. La longue perche eut même la bonne idée de s'excuser auprès du public. Plus récemment, il fut surpris par une faute non sanctionnée d'un attaquant adverse. Attaché au quotidien The Scotsman, Andrew Smith épingla son erreur sur ...

La première présence d' Yves Makabu-Ma-Kalambay dans l'effectif des Diables Rouges n'est pas passée inaperçue en Ecosse. Le jeune keeper d' Easter Road y jouit d'une bonne cote depuis qu'il porte les couleurs d'Hibernian. Sur les armoiries de cette institution, on peut lire : Proud of Edinburgh since 1875. Ne nous emballons cependant pas : le gardien belge n'est pas encore la fierté de cette équipe mais il s'installe dans le progrès et la continuité. C'est le plus important dans son cas. Après des débuts en fanfare, il s'est déchiré à l'une ou l'autre reprise. Rien de mortel. La première fois, le soleil l'a ébloui. La longue perche eut même la bonne idée de s'excuser auprès du public. Plus récemment, il fut surpris par une faute non sanctionnée d'un attaquant adverse. Attaché au quotidien The Scotsman, Andrew Smith épingla son erreur sur le but d' Andrius Velicka, l'attaquant lithuanien de Heart of Midlothian. Yves avait été plus que gêné dans son intervention et plaida non coupable. Il faut bien que le métier rentre. Après une belle mise à feu, son équipe est rentrée dans le rang en championnat. John Collins a payé la note et a cédé sa place à un autre manager, Mixu Paatelainen. Ce dernier était ravi en apprenant la promotion internationale de son gardien de but. " C'est une formidable nouvelle ", a-t-il déclaré à Edinburgh Evening News. " Je suis ravi pour lui ainsi que pour le club. Une sélection nationale, c'est d'abord un grand honneur. Ce sera une expérience importante pour ce jeune joueur qui grimpe les échelons. Il vient de traverser des moments désagréables pour un sportif. Je ne veux pas retenir le négatif. Qu'on soit DiegoMaradona, Pelé ou Ma-Kalambay, un attaquant ou un gardien de but, on commet parfois des erreurs. Le principal réside dans la qualité du retour afin de prouver l'étendue de son talent. Nous savons tous qu'il possède toutes les qualités d'une grand goalkeeper ". Ce magnifique soutien prouve que Ma-Kalambay a fait un choix de carrière intéressant en optant pour l'Ecosse. La pression est réelle là-bas mais elle n'est pas comparable à ce qui se vit en Angleterre ou dans les autres grands championnats étrangers. Hibernian ne jouerait pas les premiers violons en Premier League. Il rode désormais son moteur qui monte en régime contre le Celtic et les Rangers. Après cela, si cela marche, il pourra pousser sur le champignon. C'est un bel itinéraire et des perspectives intéressantes pour un gamin parti de rien. " J'ai eu une excellente éducation ", dit-il, lui qui est l'ami de Vincent Kompany et d' Antony Vanden Borre. Entre eux, c'est pour la vie. Ses parents sont originaires du Congo. Ils ont fui le régime dictatorial du Général Mobutu, laissé Kinshasa et le Grand Fleuve derrière eux afin de connaître une vie meilleure. Son père a exercé le métier de comptable pour nourrir cette famille nombreuse (six enfants) établie à deux pas du stade Edmond Machtens, à Molenbeek. Yves flippa pour Anderlecht comme un de ses frères, Jonathan. D'abord attaquant, il remplaça très vite un gardien de but. C'était un dépannage qui ne tarda pas à devenir une vocation plus forte que le racisme dont il fut parfois victime. Le football était devenu son fil rouge, exemple à suivre pour ceux qui préfèrent rejoindre les Black Demolition ou d'autres gangs se distinguant tristement à Bruxelles. Le PSV Eindhoven s'intéressait à Jonathan et prit aussi Yves pour arracher l'accord de la famille Ma-Kalambay. Après, ce fut Londres et Chelsea qui n'appartenait pas encore à Roman Abramovitch. Le coach, Claudio Ranieri, l'appréciait. Il s'entendait bien avec les stars de cette équipe. Cette belle plante les a toutes connues d' Emmanuel Petit à Didier Drogba qui l'appelle souvent sur son portable. José Mourinho a atteint d'autres sommets avec un effectif de plus en plus prestigieux. Yves y fit son entrée avant un match contre Bolton. Ce jour-là, ses parents fêtaient tous les deux leurs 50 ans et c'est pour cela que Big Mak a orné sa tenue de joueur avec ce chiffre. Petr Cech avait évidemment la priorité dans la cage de Chelsea. " José Mourinho ne pouvait pas faire autrement : Cech est le meilleur gardien du monde ", affirme-t-il souvent dans ses interviews. Ranieri lui proposa de le rejoindre en Espagne et Anderlecht lui suggéra de revenir au pays avant d'engager Silvio Proto. Yves repoussa poliment ces offres. Très croyant, il préféra faire confiance à son étoile du berger qui le guida vers les Iles. Ce jeune homme s'y est fait un nom, a fréquenté le beau linge du football anglais. Il vit désormais son scotch football on the rocks. A 21 ans, ce gardien de but mûrit dans le vert écossais. C'est une fameuse rasade de talent... par pierre bilic - photos : photonews