La rencontre de Ligue des Champions perdue 1-0 à Benfica n'offrait pas tous les critères pour juger l'Anderlecht actuel. Quatre jours plus tard, la victoire était au rendez-vous face à St-Trond, mais pas totalement convaincante dans la manière. Comme après la défaite à Lisbonne, Hugo Broos se montrait pourtant satisfait samedi dernier. Seuls les attaquants ont été critiqués. Selon le coach bruxellois, ils ont péché par égoïsme et ainsi oublié d'alimenter le marquoir en fin de match.
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La rencontre de Ligue des Champions perdue 1-0 à Benfica n'offrait pas tous les critères pour juger l'Anderlecht actuel. Quatre jours plus tard, la victoire était au rendez-vous face à St-Trond, mais pas totalement convaincante dans la manière. Comme après la défaite à Lisbonne, Hugo Broos se montrait pourtant satisfait samedi dernier. Seuls les attaquants ont été critiqués. Selon le coach bruxellois, ils ont péché par égoïsme et ainsi oublié d'alimenter le marquoir en fin de match. Un reproche étrange, balayé d'un revers de la main par Nenad Jestrovic. Le Serbe disait avoir toujours cherché les combinaisons, sauf sur une action bien précise en fin de rencontre. Chez Aruna Dindane, c'est le manque de technique au moment décisif qui l'empêcha d'être plus clairvoyant. Comme à Benfica, où il laissa passer une chance de donner un assist à Goran Lovre. Personne ne sait sur quoi se base cette satisfaction des Bruxellois pour l'instant. Une courte défaite 1-0 à l'extérieur est tout de même rarement qualifiée de résultat idéal en Coupe d'Europe. A fortiori lorsque Anderlecht n'a pas concrétisé au marquoir les périodes de beau jeu développées par l'équipe. Cela n'a pas empêché les joueurs de se voir félicités par leur président Roger Vanden Stock. Ce dernier avait d'ailleurs jugé nécessaire de les remettre face à leurs responsabilités après le faux départ à Mouscron. Cela ne témoigne pas de talents en psychologie car s'il y a bien une façon de motiver des joueurs professionnels, c'est les primes européennes plus importantes... Mais ni Vanden Stock ni son manager sportif ne firent d'efforts pour garder ces mises au point confidentielles. En se disant satisfaits, ils ont effacé l'ardoise. Selon Broos, " la presse avait gonflé toutes ces histoires dans des proportions démesurées. " Classique... Après Mouscron, pourtant, on avait entendu que l'équipe avait fait preuve d'un manque de motivation et de concentration. Un commentaire peu crédible étant donné la jeunesse de nombreux joueurs anderlechtois. Par contre, il semble que cette équipe relativement jeune n'arrive pas à retomber dans une organisation prédéfinie lors des moments plus difficiles d'une partie. Il faudrait idéalement quelques patrons dans l'équipe, mais les jeunes l'accepteraient-ils ? Lorsque Mouscron mena à la marque, on sentit un changement d'attitude dans le chef des Bruxellois. Personne n'osait prendre l'initiative pour resserrer les rangs. Peut-être est-il trop tôt pour tirer déjà ces conclusions, mais l'équipe dirigeante n'aurait-elle pas dû transférer des leaders cet été ? Le début de saison incertain du champion en titre ne facilite évidemment pas l'intégration des nouveaux venus. Fabrice Ehret est blessé et ne joue pas encore mais Mbo Mpenza se cherche. Il doit déjà se battre contre la tradition qui dit qu'un joueur ne perce jamais la première année de son passage à Anderlecht. Au coup d'envoi contre St-Trond, le Diable Rouge occupait un troisième poste différent de celui qu'il occupait lors des deux matches à enjeu précédents. Samedi, il commença sur le flanc droit avant de permuter sans cesse avec Christian Wilhelmsson. Lors de son transfert, les dirigeants avaient pourtant clairement annoncé l'avoir enrôlé comme attaquant. Samedi, Broos défendit son joueur après un match moyen. " Mbo a joué en effet à trois places différentes en trois matches. Cet après-midi, je lui ai dit que vu les circonstances, je ne pouvais pas faire autrement. L'avantage avec Mbo c'est qu'il est très pro et accepte facilement mes explications. Bien sûr, je ne peux pas exiger de lui qu'il soit déjà à son meilleur niveau. Je sais qu'il peut mieux faire mais je ne lui en veux pas ". L'entraîneur est moins amène en ce qui concerne Jestrovic, pourtant à la base des deux buts contre les Trudonnaires samedi dernier. Le Serbe est entré dans l'équipe après que l'attaque soit restée muette pendant deux rencontres et a d'emblée rempli son contrat. Après Benfica, Broos avait répondu par une interrogation personnelle aux questions des journalistes : Est-il possible d'aligner Mpenza, Aruna et Jestrovic ? On pouvait espérer qu'il connaisse la réponse après un mois et demi de préparation. Samedi, Broos insista sur le fait qu'il avait joué avec trois attaquants : les trois susnommés plus Walter Baseggio (qui avait monté d'un cran mais fut rarement joignable pour ses partenaires pendant une mi-temps). Alors, un compliment pour lui-même ? Comme si le foot offensif devait être une denrée rare à Anderlecht... Broos concluait en disant : " Je ne pense pas que nous jouerons toujours aussi offensivement ". Chez les Mauves, l'infirmerie est toujours bien garnie. Tout le flanc gauche offensif (Ehret, Ky-heonSeol, MartinKolar) est blessé ou indisponible et le centre de la défense n'est pas non plus épargné. Lamine Traoré semble entre-temps avoir convaincu son entraîneur et, autre bonne nouvelle, Glen De Boeck reprend cette semaine en Réserves. Yves Vanderhaeghe a fait de même vendredi dernier mais sa motivation n'est pas intacte. Il a pris un carton jaune et a vu samedi Junior prendre place sur le banc des réservistes pour le match de l'équipe A. L'ex-Diable Rouge est donc clairement numéro trois dans la hiérarchie des milieux de terrain défensifs. Ce qui est clair, c'est que tout ne se passe pas comme prévu au Parc Astrid. C'est le cas depuis la deuxième moitié de la saison passée, ce qui rend bizarre la prétendue satisfaction actuelle. Le succès d' Aimé Anthuenis, le prédécesseur de Broos, se basait surtout sur l'énorme amitié entre les joueurs les plus importants. Y en avait-il un en panne d'essence sur le ring de Bruxelles, ou un autre qui avait perdu sa carte de banque à une station-service au fin fond de la Flandre, un coéquipier sortait de son lit pour l'aider. Des équipes renommées en firent les frais à domicile en Ligue des Champions, des victoires suivies de fêtes mémorables. Mais le lendemain tout le monde était au travail et quatre jours plus tard la même concentration était de mise, quelle que soit la valeur de l'adversaire. L'entraide était cruciale, sur et en dehors du terrain. Aujourd'hui, les joueurs sont de simples collègues. Ceux qui ont survécu à l'ère Anthuenis sont entourés d'autres footballeurs, d'autres personnalités aussi. Plus jeunes, plus jouettes, plus individualistes. Les derniers des Mohicans sont laissés sur le côté, tels De Boeck (33 ans), Vanderhaeghe (34 ans) et n'ont plus la force de tirer un groupe. C'est devenu chacun pour soi. Comme le dit Herman Van Holsbeeck : " Le plus grand ennemi d'Anderlecht, c'est Anderlecht lui-même. Tout dépend de la volonté de former un groupe. La mentalité de Hannu Tihinen peut servir d'exemple dans ce contexte ". Tihinen dans le rôle de leader ? D'autres en doutent. En plus, il est sur le flanc, blessé pour un bon moment. Certains estiment que Daniel Zitka doit plus prendre sur lui, mais il est pour l'instant plutôt concentré sur son sujet et la soi-disant bataille des gardiens. Baseggio continue à porter le brassard de capitaine comme un fardeau alors que Pär Zetterberg ferait de même, lui qui rit beaucoup avec l'entraîneur adjoint Franky Vercauteren à l'entraînement. Reste alors Besnik Hasi mais il est loin de sa forme de l'an dernier et l'a encore prouvé par un grand nombre de passes approximatives contre St-Trond. Le petit Albanais s'est fâché sur le but de Benfica, car il en avait plein les pattes et avait du mal à combler les brèches. Wilhelmsson, l'Anderlechtois le plus en forme, pourrait être envisagé mais il est à l'instar de ses compères d'attaque plus un joueur-éclair, davantage impliqué dans ses actions individuelles que dans le jeu collectif. En dehors du terrain, certains sont absolument préoccupés de leur éventuel transfert. Mais sans espoir selon Van Holsbeeck : " Nous nous battons pour conserver l'équipe. Si nous laissons partir quelqu'un, on nous reprochera d'avoir opté pour l'argent. Quoi que nous fassions, ce ne sera jamais bon pour tout le monde. Personne ne partira, sauf peut-être Marc Hendrikx. Pas non plus si Benfica nous barre la route de la Ligue des Champions. Nous serions alors versés en UEFA, où le système de poules est instauré depuis cette saison. Je sais, nous devrions encore passer un tour, mais nous sommes protégés par notre statut de tête de série ". Ce tour de C2 aura lieu en septembre, après la période des transferts. Une défaite signifierait la fin de l'aventure européenne. Pas sûr que ce manque de garanties après une éventuelle élimination contre Benfica retiendra les joueurs convoités à Bruxelles... D'autant plus que les éventuels adversaires en poules UEFA ne seront pas des foudres de guerre et que les droits TV ne seront dès lors pas faramineux. Par manque de personnalités, le calme règne dans le vestiaire mauve, mais le conflit des générations crée tout de même quelques tensions. Chez les anciens, certains estiment que la direction procède avec deux poids, deux mesures. Que des règles plus souples sont appliquées pour Vincent Kompany par exemple. Vendredi, lors de l'entraînement et du mémorable tête à tête entre Broos et Tristan Peersman, quelques touches de balle approximatives du grand défenseur firent jaser un partenaire. Ce qui irrita Kompany. Et ce n'est pas le Diable Rouge de 18 ans qui s'excuse, mais Zetterberg qui descend la tête dans les épaules... Tout le monde ne trouve pas ça normal. Broos ne va pas résoudre seul tous les problèmes mais il ne devrait pas s'en créer. Comme en désignant Peersman numéro deux en n'expliquant pas la situation à un joueur qu'il sait terriblement émotif ; un entraîneur ou un club doit apprendre à anticiper ce genre de choses. Comme en menaçant ses joueurs avant le match à Lisbonne en conférence de presse... alors que les journalistes portugais ne sont évidemment pas au fait de la cuisine interne du Sporting. Comme en laissant exploser à l'entraînement un problème aux yeux des supporters et de la presse ébahis, au lieu de régler cela en interne. C'est dommage, nuit à l'image du club et en dit beaucoup sur l'entraîneur. Or, chez les Mauves, il y a des joueurs qui ne se parlent plus. Etre entraîneur, a fortiori à Anderlecht, est une tâche ardue. De plus en plus, des capacités de psychologie et de communication déterminent si un coach tire le meilleur de son groupe, tant sur les plans individuel que collectif. Avec un people management un peu plus intelligent, Anderlecht aurait vécu un début de saison bien plus calme. Le duel à domicile contre Benfica mardi prochain, le 24 août, sera le prochain baromètre du Sporting bruxellois. Anderlecht est condamné à la qualification en Ligue des Champions. Pas parce que Benfica est apparu moins fort qu'on le craignait, ni par raison de statut ou de budget. Tout simplement à cause des déclarations du président et de l'entraîneur. " C'est simple, nous marquons deux fois et la qualification est dans la poche ", disait Broos avant de voir le mal que ses attaquants se donnaient pour faire trembler deux fois les filets de St-Trond. Quant à Vanden Stock, il ajoutait : " Nos chances de qualification sont devenues plus grandes, nous sommes dans une position plus favorable qu'après le tirage au sort ". Jan Hauspie" LA COUPE UEFA EN POULES est plus intéressante qu'avant " (Herman Van Holsbeeck) " Nous ne jouerons pas toujours AUSSI OFFENSIVEMENT " (Hugo Broos)