Il brûle les planches avec sa classe, sa joie de vivre, sa personnalité positive et attachante : Milan Jovanovic (25 ans) ne garde pas ses émotions pour lui et il distribue parfois ses baisers comme des brasées de roses.
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Il brûle les planches avec sa classe, sa joie de vivre, sa personnalité positive et attachante : Milan Jovanovic (25 ans) ne garde pas ses émotions pour lui et il distribue parfois ses baisers comme des brasées de roses. Après un but ou une passe décisive, cet attaquant spectaculaire embrasse ses équipiers, salue le banc où se trouvent le coach, son staff technique et les réservistes, tout en n'oubliant pas les supporters. " C'est dans ma nature, j'ai toujours été ainsi ", dit-il. " Un stade, c'est un immense théâtre où tout le monde doit être heureux : les spectateurs autant que les joueurs. Le Standard m'a offert du bonheur et il serait dommage de ne pas le partager ". Venu au Standard en été sans rouler des mécaniques, Milan Jovanovic est une des révélations de la saison en D1. L'attaquant serbe se distingue par un style bien à lui. Peu de joueurs offensifs sont aussi rapides, adorent autant les duels balle au pied, dribblent aussi facilement dans la profondeur. Jova a marqué, signé des assists, obtenu des penalties, forcé des coups à l'entrée du grand rectangle adverse. Présenté comme arpenteur du flanc gauche, il a révélé toute la profondeur de son talent en pointe. Il a porté tout seul le poids de l'attaque liégeoise durant des semaines. Jova-la-bomba forme désormais un duo redoutable avec Igor De Camargo. Le Brésilien règne dans les airs tandis que son compère fonce, parfois dans un style syncopé qui donne le mal de mer aux meilleurs défenseurs adverses. Milan Jovanovic : Je n'oserais pas aller jusque-là car ce serait prétentieux et, de toute façon, c'est à d'autres de tirer ce genre de conclusions. Chaque club détient ses atouts offensifs. Dès qu'Igor s'est remis au service du groupe après sa blessure, j'ai deviné comme tout le monde que nous étions complémentaires. Notre union est finalement encore assez récente et l'harmonie sera de plus en plus évidente et efficace au fil du temps. Il apporte ses qualités, différentes des miennes, et j'offre des atouts complétant les siens. Igor est un pivot offensif dans le sens classique du terme. Il est grand, très solide physiquement, règne dans les airs, joue très bien dos au but adverse, représente un point d'appui, a le sens du but et une technique rappelant qu'il est Brésilien. Moi, je suis très mobile, j'adore foncer dans les espaces, affronter mes adversaires balle au pied, proposer des solutions techniques, innover, inventer, surprendre. J'ai toujours aime tourner autour d'un avant-centre fixant bien les défenses. Mon monde d'expression est alors plus varié, plus complet. Notre entente ne peut que s'améliorer avec le temps. Le but est de se trouver les yeux fermés. Nos adversaires ne peuvent pas nous cataloguer : chacun doit, être, en fonction des événements d'un match, buteur, passeur, relais, etc. J'aime bien marquer un but mais je suis tout aussi heureux après une passe décisive. Il y a des nuances dans tout cela et cela dépend de l'occupation du terrain, du style de jeu, de la vie d'un match. Je suis polyvalent. Mais, c'est vrai, je me sens plus à l'aise quand je suis plus près du but adverse. En Serbie, en Russie et en Ukraine, j'ai aussi été décentré sur la gauche et je suis capable d'y rendre des services, c'est évident. En pointe, je peux cependant être plus décisif en utilisant mes qualités d'une façon plus optimale. Tout cela prend du temps car il faut se situer, apprendre à se connaître, comprendre et intégrer les réalités d'un championnat. J'avais deviné que la D1 belge me conviendrait et cette impression est désormais concrète : c'est la preuve que j'ai progressé. Cela s'est aussi fait via des changements de caps. Je me suis quand même adapté à deux entraîneurs, deux systèmes de jeu, trois places (ailier, seul en pointe, duo avec Igor) et ce n'est pas rien quand on débarque dans un nouvel environnement. Je suis d'abord là pour apporter quelque chose à ce groupe. Je suis un homme extraverti et joyeux : je crois que cela se retrouve dans mon jeu. Je vis mes émotions à fond et cela se perçoit dans mon jeu. Le football, c'est d'abord du bonheur, la joie de créer. Cela dégage des impressions très fortes qui s'expriment dans mon jeu et mes réactions. Quand je suis heureux, cela se remarque. C'est bien d'exprimer ainsi ses sentiments. J'embrasse facilement mes équipiers car je suis content pour eux, autant que pour moi. Il m'est arrivé, en effet, d'avoir des conversations tactiques très pointues avec Michel Preud'homme. Oui. J'ai beaucoup apprécié ses remarques. J'en tiens compte et je tente sans cesse de répondre aux exigences de l'entraîneur. Je ne suis pas du tout un soliste. Et ce n'est pas parce que je tente des raids ou des gestes techniques que je ne suis pas collectif. Non, je m'élève fortement contre cette affirmation : il y avait des réglages à faire mais je suis d'abord un joueur collectif. Peut-être, c'est plus facile maintenant mais quand je joue, c'est en songeant d'abord aux besoins du collectif. Il en a toujours été ainsi durant ma carrière. Cela peut s'exprimer par des efforts communs ou un solo si c'est nécessaire. Je ne tente jamais rien dans un but individuel. Avec le temps, les choses se sont mises en place. Michel Preud'homme veut varier les coups, être patient quand il le faut et profond au bon moment. Cette diversité fait la richesse du Standard. Elle se renforce avec l'action de Michel Preud'homme et un groupe en phase avec son public. L'ambiance est extraordinaire au sein d'un noyau qui a tout : du métier, du talent, de la jeunesse. J'adore cette ambiance de travail. Dès mon arrivée, j'avais noté la qualité de l'outil de travail et la ferveur du public. Tout s'imbrique désormais. Mais je n'oublie pas non plus tout ce que Johan Boskamp m'a apporté. Oui, c'est exact. Il l'a disséqué et bien compris. Mais Boskamp est aussi une personnalité attachante. Il a joué un rôle important dans la décision finale à propos de mon engagement. C'est le Docteur Nebojsa Popovic qui avait parlé de moi à Luciano D'Onofrio et Michel Preud'homme. Le Doc m'a opéré au genou (ménisque) à Liège puis s'est renseigné à mon propos en Serbie. Le Standard m'a donné une chance. Je lui en suis reconnaissant. Je n'ai pas été introduit ou défendu par un agent de joueurs. On ne m'a rien promis et c'était à moi de convaincre tout le monde. Il n'y avait qu'une chose en jeu : le talent du joueur. C'était le seul critère quand le Standard examina mon cas. Il n'y a rien de plus beau, de plus pur et je suis heureux d'avoir saisi ma chance dans de telles conditions. J'étais inconnu après mon passage en Ukraine (Shakhtar Donetsk) et en Russie (Lokomotiv Moscou). Luciano D'Onofrio et Michel Preud'homme, alors directeur technique, ont retenu mes qualités de joueur. Johan Boskamp a également eu un jugement positif. Si cela n'avait pas été le cas, je ne serais pas ici, c'est évident. Je lui dois donc une fière chandelle. Par rapport à cette époque, j'ai progressé. En été, après une opération au ménisque, je devais m'affirmer mais aussi confirmer, faire preuve de continuité. Je ne serai jamais assez reconnaissant à l'égard de Milan Rapaic. Il m'a tout expliqué à propos du Standard et cela a facilité mon intégration. Je sais que ce club attend le titre depuis 1983. Il y a une griffe liégeoise, un football que ce club aime. Milan m'a expliqué tout cela. Ce stade vibre magnifiquement. C'est gai de partager du bonheur devant de telles assemblées. Il y a communion entre les supporters et les joueurs. J'ai tellement envie de leur offrir plein de choses. Je suis persuadé que le Standard peut viser sur deux tableaux : le titre et la Coupe. Je n'ai jamais été un concurrent de Milan Rapaic même quand je jouais à gauche et lui à... droite. C'est un ami et il a tout de suite cru en moi. Pour lui, il y a toujours de la place pour de bons joueurs. -Les entraîneurs trouveront bien une solution pour tout le monde, a toujours dit Rapaic. Ce fut le cas et nous ne sommes pas concurrents pour le moment mais coéquipiers. C'est un plaisir de jouer avec un technicien de cette envergure. Comme Sergio Conceiçao, il a l'art d'exploiter les qualités de ses équipiers. Quand Rapaic lance un attaquant en profondeur, c'est pensé, bien fait et cela facilite les choses. Je l'ai déjà dit : une chance. Je ne renie pas ce que j'ai vécu en Ukraine et en Russie mais on ne m'y a jamais tendu une perche. Je ne comptais pas, je n'étais qu'un numéro, un investissement, rien de plus. A la longue, cela use. Je préfère la mentalité qui règne en Europe occidentale. Ici, on a vraiment cru en moi et le championnat belge est bien plus suivi que celui d'Ukraine ou de Russie. Tout à fait. Il est né à Novi Sad. Ma femme, Natacha, a eu des problèmes de visa. Quand elle a obtenu le précieux document, elle était enceinte de sept mois et il était plus prudent d'attendre cette première naissance en Serbie. Après le match contre Westerlo, Michel Preud'homme m'a permis de rentrer deux jours à Novi Sad afin de serrer mon fils et ma femme dans mes bras. Cela m'a fait un bien fou. J'ai désormais plus de responsabilités. Je dois travailler pour lui, pour elle, pour nous. Je sais que tout est différent pour moi mais je m'en rendrai encore mieux compte quand Natacha et Lazar s'installeront en Belgique. Je les attends à Cointe. Ils seront là en janvier, après notre stage de préparation au Portugal. Nous avions choisi un prénom typiquement serbe et c'est toute une histoire. Je suis né le jour de la Saint Lazar. C'est le prénom que je devais recevoir. Mais finalement, j'ai hérité de celui de mon grand-père. Je me suis toujours dit que mon premier fils s'appellerait Lazar. Ma femme et moi, nous voulons beaucoup d'enfants, au moins quatre. J'adore les grandes familles où on partage tout : les bons moments et les difficultés. Il n'y a rien de plus beau qu'une grande table autour de laquelle se réunit une grande famille unie. En Serbie, le taux de mortalité est actuellement plus élevé que celui des naissances. Si cela se prolonge, ce petit pays va perdre des pans entiers de sa population. L'avenir, c'est la jeunesse, comme toujours. Pas tout à fait. Mes propos n'ont pas été très bien compris. Je suis croyant. Quand je le peux, je me rends à l'église. Mais cela s'arrête là. Après ma carrière, je me lancerai dans l'humanitaire. Il y a beaucoup de choses à faire dans mon pays. La pauvreté saute aux yeux. J'aimerais aider les gens à avoir un toit, un travail, les ingrédients qui permettent à un homme de retrouver le sourire et le bonheur. Je ne suis pas qualifié pour bâtir des choses impossibles mais je tiens absolument à aider les autres, à leur donner une chance, un peu comme on m'en a offert une au Standard, si je puis dire. Un coup de pouce au bon moment : c'est parfois plus que suffisant et tellement utile. Non, ce n'est pas du tout au centre de mes préoccupations. Il n'y a qu'une chose qui importe à mes yeux : le Standard. C'est ici et pas ailleurs que je réussirai. Tout passe par Sclessin et ce n'est pas du tout un cliché. Je ne dois rien à l'équipe nationale et je me suis fait sans elle. Chez nous, il y a des indications selon lesquelles des présences en équipe nationale servent parfois à faire connaître un joueur, à augmenter sa cote financière sur le marché des transferts. Je ne veux pas entendre parler de cela. Personne ne refuse une sélection et l'honneur de représenter son pays. Si on me convoque, je répondrai présent. Mais il y aura des conditions : je ne veux pas d'appuis, je refuse les réseaux d'amis influents, j'entends qu'on tienne compte de mes qualités sportives, rien de plus. Si on estime que je peux rendre service et qu'on utilise mon potentiel, j'accepterai. Pas autrement. C'est difficile à dire. Les choses ne peuvent que s'améliorer. Je ne dois pas me contenter de cet acquis, même s'il me ravit. Il y a encore beaucoup de choses à faire. Cette équipe est en progrès constants. Pas évident mais je veux progresser. Je m'appelle Jovanovic. Mon prénom, c'est Milan. Femme ? Femme ? Ah, femme, c'est cela : ma femme s'appelle Natacha et Lazar, fils. Fils ? Je joue au Standard de Liège. J'adore chanter car c'est souvent l'expression d'un bonheur intense comme on en ressent dans les stades. Dans la vie, je suis un homme joyeux et assez optimiste. Je crois qu'on peut deviner le caractère d'un joueur à travers son jeu. J'aime donner, recevoir, partager. C'est mon style dans la vie et sur le terrain. Je suis persuadé que ce groupe ira loin. Je n'ai finalement qu'un regret pour le moment : celui de ne pas être présent en Coupe d'Europe. Le Standard est passé à deux doigts d'une qualification pour la Ligue des Champions. Chaque lundi : "La Troisième mi-temps".... (19h-20h) Du mardi au vendredi : "Vivasports le 19-20" (19h-20h) : toute l'actualité sportive au jour le jour Football Les directs : - Mercredi 13/12 (Vivasport 20h-23h) Coupe UEFA: Zulte Waregem - Ajax Amsterdam - Vendredi 15/12 (Vivasport 20h-23h) Div 1: Standard - Mouscron - Samedi 16/12 (Vivasport 20h-23h) Div 1: Genk - Brussels Anderlecht - Mons - Dimanche 17/12 (Vivasport 18h-23h) Div 1: CS Bruges - FC Bruges (18h) Zulte Waregem - Charleroi (20h30) Gala du sport à Ostende (20h) PIERRE BILIC