"Quand on fait le bilan, on voit qu'il n'y a pas de joueurs qui n'ont pas le niveau mais aucun n'apporte une réelle plus-value ", estime Marc Degryse. " Dès le début, le président Duchâtelet annonce qu'il veut aller vers une année de transition. Le Standard a beaucoup vendu et décidé de miser sur des jeunes auxquels il faudrait plusieurs années pour se développer. Est-ce une bonne décision ? C'est en tout cas la sienne. Mais quand il n'y a pas de résultats... Duchâtelet se rend compte que le Standard, ce n'est pas Saint-Trond. Pour la saison prochaine, il aura une obligation de résultats !"
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"Quand on fait le bilan, on voit qu'il n'y a pas de joueurs qui n'ont pas le niveau mais aucun n'apporte une réelle plus-value ", estime Marc Degryse. " Dès le début, le président Duchâtelet annonce qu'il veut aller vers une année de transition. Le Standard a beaucoup vendu et décidé de miser sur des jeunes auxquels il faudrait plusieurs années pour se développer. Est-ce une bonne décision ? C'est en tout cas la sienne. Mais quand il n'y a pas de résultats... Duchâtelet se rend compte que le Standard, ce n'est pas Saint-Trond. Pour la saison prochaine, il aura une obligation de résultats !" Sans doute la plus grosse satisfaction. Arrivé avec un statut d'international, Luis Manuel Seijas a mis quelques matches à obtenir un statut de titulaire mais son abattage, sa persévérance et sa technique ont fini par s'imposer. Son style volontaire a directement plu au public. Freiné par une blessure alors qu'il n'arrêtait pas de monter en puissance, il a eu du mal à revenir à son niveau lors des play-offs. Plus brouillon, moins collectif, il a cependant eu le mérite de ne jamais baisser les bras. Avec pour résultat d'offrir quelques éclairs de beau jeu en fin de championnat (notamment contre Gand). Il devra confirmer la saison prochaine et le Standard attend de lui qu'il tire de plus en plus l'équipe. " Certes, il jouait à gauche mais ce n'était pas un vrai ailier ", commente Alex Teklak, qui avait dû étudier le jeu du Standard dans le cadre de ses cours pour la Licence pro. " Il aime rentrer dans le jeu pour soutenir les attaquants et libérer le couloir pour Sébastien Pocognoli. Il apporte offensivement et il a sans doute eu le meilleur rendement des transferts. Cependant, il a un gros souci de reconversion défensive. " " Il a montré qu'il avait le niveau du Standard ", ajoute Degryse. " Il a dû s'adapter au jeu et à la mentalité mais il l'a fait très vite avant de montrer qu'il pouvait faire la différence pour l'équipe. "S'il avait fallu le juger en décembre, il aurait certainement obtenu la grande distinction. Arrivé pour 1,7 million d'euros, il a attendu le match de Coupe d'Europe à Hanovre pour éclater aux yeux du grand public. " Lui aussi, il a clairement le niveau du Standard mais il doit se montrer plus régulier ", affirme Degryse. Ratisseur hors pair, il sait offrir de belles solutions aux attaquants. Cependant, il manque de punch offensif, se contentant parfois de sa seule mission défensive alors que sa formation et sa technique lui permettraient d'apporter davantage à la construction. " Je ne suis pas sûr qu'il soit tellement complémentaire avec YoniBuyens car ce n'est ni un 6, ni un 10. C'est un peu un joueur hybride ", dit Teklak. Sa deuxième partie de saison fut beaucoup moins brillante. Sans doute émoussé par l'accumulation des matches, il s'est éteint au fur et à mesure de l'avancée de la compétition. Au point de finir le championnat sur le banc, l'entraîneur lui préférant la paire Buyens - Jelle Van Damme dans le centre du jeu. " Je l'ai bien aimé à ses débuts ", analyse Teklak. " Il s'est vite fondu dans le moule en montant en puissance. Mais par la suite, je l'ai trouvé très moyen. S'est-il cru trop vite arrivé ? Etait-il émoussé physiquement ?" Nul doute qu'on aurait parlé du transfert de l'année (du moins au Standard) si l'Uruguayen avait pu évoluer toute l'année ! Au lieu de cela, il a dû se contenter des play-offs où il brilla par intermittence. Heureusement car sans ces play-offs, il aurait constitué le flop de la saison. Attendu au tournant au vu de son statut de joueur le mieux payé de l'effectif, il a été freiné par toute une série de blessures. " J'aurais aimé le voir à 100 % ", explique Teklak. Beaucoup ont cru que le Standard avait misé sur un joueur cassé de toutes parts mais son retour au premier plan en avril a convaincu les sceptiques. De l'aveu des joueurs du noyau, Nacho Gonzalez constitue l'élément le plus technique. Il ne perd quasiment jamais le ballon et sait servir des caviars. Son jeu de tête sur phases arrêtées offre également des solutions à une équipe, qui sur la fin, manquait de présence sur corners. Par contre, Nacho n'est pas le plus rapide et son style correspond davantage à celui d'un meneur de jeu à l'ancienne qu'à celui de médian moderne. " Oui mais il sent le jeu. On voit qu'il a une autre culture footballistique. Il sait faire jouer ses partenaires et lors de certaines rencontres, il allait au pressing mais n'était pas toujours suivi par ses partenaires ", dit Teklak. " Intrinsèquement, il apporte vraiment un plus à cette équipe mais cela fait plusieurs saisons qu'il est blessé ", conclut Degryse. " On ne peut donc pas dire que son rendement soit au niveau de ses qualités. "Il a clairement réussi sa première saison au Standard. Son style d'arracheur de ballons et de marathonien colle à l'esprit Standard. Cependant, passer de StevenDefour (ou AxelWitsel) à Buyens n'a pas joué en sa faveur. Les supporters attendaient un joueur à la fois technique et physique pour remplacer le duo international, parti au soleil du Portugal. Buyens ne correspond pas à ce profil. La technique n'est pas son fort, il ne sait pas débloquer une rencontre par des passes tranchantes et il manque encore de percussion offensive même s'il a prouvé que quand il montait plus souvent, il était capable de créer le surnombre et d'apporter le danger. " Quand j'entends le président Duchâtelet dire qu'il s'agit du meilleur transfert du Standard, on comprend mieux la mauvaise saison des Rouches. Je n'ai rien contre lui ; c'est un joueur de devoir, intelligent et utile mais ce n'est pas Defour ", lâche Teklak. Le prix du transfert (1,5 million) n'a également pas joué en sa faveur. Pourtant, son abnégation, son placement souvent adéquat et son côté volontaire ont fini par devenir indispensable à cette équipe. Alors qu'il avait tendance à servir de pompier de service au premier tour (toujours utilisé mais jamais indispensable), devant s'effacer lors du fameux mois de novembre devant la paire Van Damme-Vainqueur, il a su profiter de la blessure du capitaine liégeois pour s'offrir une place de titulaire indiscutable. " On l'a vu progresser au fil de la saison ", commente Degryse. " Et s'il continue à monter en puissance, il peut devenir un fidèle du Standard et un bon transfert sur le long terme. "Comme il s'agit d'un joueur capable d'élever son niveau quand la concurrence devient sérieuse, sa deuxième saison à Sclessin devrait lui permettre de progresser. Lorsque le transfert de Belhocine fut annoncé, il fit grincer pas mal de dents du côté des supporters. On annonçait les départs de Defour, Witsel ou Mehdi Carcela et voilà que pour les remplacer, on faisait venir un médian français de 33 ans qui avait évolué les trois dernières saisons à Courtrai ! " Il n'avait pas vraiment prouvé qu'il avait le niveau du Standard et son âge ne plaidait pas en sa faveur ", explique Degryse. Pourtant, Belhocine ne fut acheté comme titulaire potentiel mais comme joker dans l'entrejeu. Et ce rôle-là, il l'a parfaitement tenu. A chaque fois qu'on fit appel à lui, Belhocine répondit présent. Dans son style de chien de garde et de marathonien, on ne peut rien lui reprocher sur ses dépannages. En fin de compte, Belhocine aura disputé 562 minutes. Ses trois titularisations du mois d'août-septembre ont coïncidé avec la mise en route de cette formation (deux victoires, un nul). En Europa League, il réussit à élever son niveau en fonction de l'événement, notamment en seizièmes de finale face au Wisla Cracovie, au FC Copenhague ou Helsingborg. " Dans des matches compliqués, il a fait son taf. Et quand il ne jouait pas, il n'a jamais rouspété ", remarque Teklak. Quand les dirigeants liégeois prônaient une politique vouée à lancer des jeunes, on pensait que la carrière liégeoise de Paul José Mpoku, transfuge de Tottenham, était lancée. D'autant que l'ancien pensionnaire de l'Académie avait reçu sa chance à plusieurs reprises et n'avait pas démérité. En décembre, il enregistra même quatre titularisations d'affilée, faisant partie de la nouvelle classe biberon à l'instar de l'attaquant Michy Batshuayi. " Il a surtout montré sa puissance ", remarque Teklak. Mais la défaite encaissée à Courtrai fin décembre allait sonner sa disgrâce. En deuxième partie de championnat, il dut se contenter de 26 minutes de jeu lors de la phase classique et de 83 minutes lors des play-offs. Personne ne sait pourquoi Mpoku, certes encore un peu tendre mais qui avait montré de bonnes dispositions, n'a plus jamais constitué une solution. Mais à 19 ans, il peut encore se montrer patient. Il a arraché quelques titularisations et a montré qu'il avait le talent nécessaire pour évoluer en D1. Cette saison ne fut pas celle de l'éclosion définitive mais on ne peut pas encore réellement parler d'échec. " Il faut du temps et de la patience avec lui ", clame Degryse. " Il est encore très jeune. Cela s'est vu sur le terrain. Parfois il prenait les mauvaises décisions. "A son arrivée, Jean-François de Sart avait annoncé " qu'il allait vite enflammer Sclessin et devenir la nouvelle coqueluche du public ". Fort de ses 14 sélections et de sa technique, Buzaglo était destiné à remplacer Carcela. Au bout du compte : 3 titularisations et 219 minutes de jeu seulement pour l'international israélien. Est-ce que cela signifie que de Sart s'est trompé sur toute la ligne ? Non, car Buzaglo n'a pas eu le temps de s'exprimer, bloqué par une blessure à la cheville début décembre qui le mit sur le flanc pour le reste de la saison. Difficile donc de juger sa première saison avec le Standard. Les débuts furent toutefois difficiles. Arrivé fin août, Buzaglo a été lancé dans le bain assez vite avant de retourner sur le banc après une première titularisation. Suivront quelques semaines plus tard deux autres titularisations, sans jamais vraiment convaincre. " Il est technique mais pour le peu qu'on ait pu voir de lui, je n'ai pas été convaincu ", précise Degryse. Sa blessure lui laisse le bénéfice du doute. On devrait rapidement en savoir un peu plus sur son compte car pour sa deuxième saison à Liège, Buzaglo n'aura plus l'excuse de l'adaptation. On attendait beaucoup de lui, certains se souvenant encore de ses prouesses à ses débuts à Monaco. Le problème, c'est que tout le monde oubliait que cela remontait à janvier 2006 et que le Togolais avait eu du mal à confirmer... échouant finalement en L2 à Nantes. " Il s'agissait d'un gros pari ", avance Teklak. " Sans doute pas le premier choix de la direction pour le poste d'attaquant et on doit l'avoir pris par défaut. "Au Standard, il fut lancé dans le bain immédiatement et il réussit de bons débuts avant de s'éteindre au fil des rencontres, de disparaître du onze et de montrer de bonnes et moins bonnes choses lors des play-offs. Le bilan de Gakpé à Sclessin est donc mitigé et en deçà de ce qu'on pouvait attendre de lui. " Il a disputé son meilleur match contre Gand lorsqu'il servit de cinquième choix comme attaquant de pointe. Or, ce n'est pas un attaquant de pointe ", remarque Degryse. Résultat final : un seul but en 19 matches. Trop peu pour inciter les dirigeants à lever l'option d'achat. Le passage de Gakpé n'aura donc duré que six mois ! Heureusement, il n'aura rien coûté. " Ce qui est bizarre, c'est qu'il a commencé à bien jouer alors qu'on savait que l'option ne serait pas levée. Comme s'il était libéré ", conclut Degryse. On attendait beaucoup de l'Islandais. Sans doute trop. Sa rentrée en Coupe de Belgique était de bonne facture et donna l'eau à la bouche. Utilisé dès son arrivée, il n'arriva pas à enchaîner, manquant de jus souvent après l'heure de jeu. Exemple flagrant contre Anderlecht où sa première mi-temps fut exemplaire avant un effondrement incompréhensible à ce niveau-là. Son manque de rythme a donc joué en sa défaveur car progressivement, Bjarnason fut de moins en moins utilisé. " Pourtant, il ne manque pas de qualités, notamment au niveau de son passing et de son jeu en première intention alors qu'il a souvent joué trop bas. J'entends souvent dire qu'il s'agit d'un transfert raté mais il faudrait le revoir dans un autre contexte car cela reste un joueur en devenir ", affirme Teklak. " On se demande toujours quelle est sa meilleure position ", renchérit Degryse. Dès le départ, les dirigeants avaient annoncé qu'ils ne comptaient pas sur lui cette saison mais qu'il s'agissait surtout d'un pari sur l'avenir. Arrivé de D2 nigériane, il fallait clairement d'abord au jeune Imoh Ezekiel s'adapter à la vie européenne et au style de jeu du Vieux Continent. Dans un premier temps, il fut même versé en U21 mais la pénurie d'attaquants et ses performances éclatantes avec la Réserve lui offrirent du temps de jeu en fin de saison. Et le jeune Ezekiel a directement prouvé qu'il ne manquait pas de talent. Encore un peu léger dans les duels (surtout quand on lui demanda d'occuper seul le front d'attaque), il monta en puissance au fil des rencontres et marqua un but splendide contre Genk. " Je le vois très bien dans un rôle de deuxième attaquant dans un 4-4-2 car même s'il est encore un peu tendre, il peut foutre le bordel dans la défense ", déclare Teklak. " Il a de la vitesse et de la profondeur mais il faudra de la patience avant qu'il ne s'exprime complètement ", tranche Degryse.PAR STÉPHANE VANDE VELDE - PHOTOS: IMAGEGLOBE" Duchâtelet s'est rendu compte que le Standard, ce n'était pas Saint-Trond. "(Marc Degryse)