Bram Nuytinck n'est pas seulement un bon défenseur, c'est aussi un interlocuteur agréable. Laissons donc de côté les deux cartons rouges dont il avait écopé à l'occasion de ses débuts en Belgique car ils ne sont pas le reflet du joueur et encore moins de l'homme. " C'était con, en effet ", dit le défenseur anderlechtois. " Face au Club Bruges, j'ai eu l'impression de ne pas avoir d'autre choix : c'était la faute nécessaire. Et contre Milan, j'ai fait une bêtise. Mais je n'ai coupé personne en deux. Je ne perds jamais tout à fait la tête, j'arrive à me contrôler. "
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Bram Nuytinck n'est pas seulement un bon défenseur, c'est aussi un interlocuteur agréable. Laissons donc de côté les deux cartons rouges dont il avait écopé à l'occasion de ses débuts en Belgique car ils ne sont pas le reflet du joueur et encore moins de l'homme. " C'était con, en effet ", dit le défenseur anderlechtois. " Face au Club Bruges, j'ai eu l'impression de ne pas avoir d'autre choix : c'était la faute nécessaire. Et contre Milan, j'ai fait une bêtise. Mais je n'ai coupé personne en deux. Je ne perds jamais tout à fait la tête, j'arrive à me contrôler. " Bram Nuytinck : Honnêtement, je n'avais rien imaginé. Tout ce que je voulais, c'était montrer ce dont j'étais capable. La concurrence était forte mais j'ai confiance en moi. Je dois dire que ce fut une période très enrichissante, je suis très content. Anderlecht est un bon club, le centre d'entraînement est fantastique et, avant la trêve surtout, nous avons pratiqué un très bon football. Nous étions dans l'ascenseur et c'était chouette de vivre tout cela. J'avais toujours dit que je voulais jouer dans un plus grand club et c'est le cas à Anderlecht. Ce sont mes qualités, en effet. Au début, j'ai dû m'habituer car tout était allé très vite. J'ai donc dû prendre confiance et gagner celle de mes partenaires. J'ai posé de bonnes bases et, après quelques semaines, j'ai pu montrer ce que je valais vraiment. Ce n'est qu'à partir de ce moment-là que je me suis aventuré dans l'entrejeu. Aujourd'hui, je le fais plus régulièrement mais ça dépend du genre de match. Contre le Club Bruges, cela n'a pas été possible car l'adversaire pressait bien. J'aime bien sortir de ma défense mais quand ce n'est pas possible, je reste derrière. Je suis avant tout un défenseur central et je ne dois pas monter à tout prix lors de chaque match. Avant, je ne savais pas si les défenseurs centraux belges montaient beaucoup ou pas. Mais à Genk, il y en a qui sortent aussi de leur défense. Koulibaly, par exemple, est un bon joueur. Je préfère gagner 1-0. Je comprends l'entraîneur car il faut mettre les supporters de son côté mais pour un défenseur, il est important que l'équipe n'encaisse pas. Je savais que les supporters d'Anderlecht étaient exigeants et c'est logique. Mais je ne l'ai vraiment ressenti qu'à l'occasion de l'avant-dernier match, face au FC Malines. Nous venions de perdre deux fois, notre football n'était plus très fluide et, à chaque perte de balle, les gens sifflaient et le mécontentement était perceptible. Je n'avais jamais connu cela auparavant, probablement parce que nous étions dans une bonne période. Exactement. Mais même si c'était le cas, les supporters devraient continuer à nous soutenir et ils l'ont fait. Nous n'avons pas bien digéré la trêve hivernale. Nous avons encore gagné des matches mais nous avons peut-être pris les choses un peu trop à la légère. Nous aurions dû nous engager davantage, rejouer notre football. Nous ne l'avons pas fait. Là, je ne suis vraiment pas d'accord. Si nous loupons notre entrée en matière dans les play-offs, la lutte sera très ouverte. Je ne dis pas que nous allons décevoir. Ces play-offs, je les sens bien. Il y a beaucoup de choses positives, comme le retour de Mati Suarez, qui nous apporte une plus-value. Vous ne m'entendrez donc pas dire que nous avons peur de perdre les premiers matches. Avant la trêve, c'est nous qui pratiquions le meilleur football du pays. Et même en Ligue des Champions, nous avons montré que nous pouvions tenir notre rang. Sur le plan qualitatif, nous avons la meilleure équipe de Belgique. Mais nous ne sommes pas encore du tout certains d'être champions. C'était fantastique. Je me réjouissais d'y jouer et je suis très fier de l'avoir fait et d'avoir montré ce dont j'étais capable, y compris aux Hollandais. Je pense avoir convaincu. L'équipe s'est très bien comportée également. Au début, pourtant, je sentais bien que les gens n'avaient pas confiance. Il y avait cinq ans qu'Anderlecht ne s'était pas qualifié pour la phase des poules et notre groupe était costaud. Je pense que nous avons cloué le bec à pas mal de gens en jouant bien et en prenant cinq points. Nous n'avons échoué que contre Malaga, à domicile (0-3). Dans les autres matches, nous avons toujours fait au moins jeu égal. C'est même un peu râlant de ne pas s'être qualifié. Oui. En Ligue des Champions, les attaquants sont avant tout très forts techniquement. C'est le top. Je m'en suis surtout aperçu lors des matches à domicile face à Milan et Malaga. Il y a une fameuse différence avec le niveau belge mais des attaquants comme Bacca et Vossen ont aussi la classe et pourraient jouer à ce niveau. Mbokani. Je ne le connais pas encore très bien mais il m'a surpris. Bacca est très fort également, toujours en mouvement. Et Jelle Vossen aussi, c'est un finisseur. Ce que j'aime bien chez lui, c'est qu'il se comporte normalement. Mais Boateng ou Pato, de l'AC Milan, c'est encore autre chose. Je pense pourtant que Mbokani peut atteindre ce niveau. J'en suis même sûr à 100 %. C'est pourquoi je l'ai cité en premier. Il a la classe. C'est dommage car ce sont des joueurs très importants pour nous. Dieu est suspendu pour quatre matches. Maintenant que je les connais un peu mieux, je peux les comprendre. J'ai vu les images et j'ai parlé avec certains gars. Mais Jova est un gars tellement sympa, un chouette type... Je sais que parfois, il pète un plomb mais je n'attendais pas cela d'un gars aussi expérimenté. Lucas Biglia. Parce que je ne le connais pas encore suffisamment. Je savais qu'il était bon, je l'avais vu à l'entraînement. Mais en match, c'est encore autre chose. Normalement, c'est après un but que le public scande trois fois le nom d'un joueur. Mais ici, les gens l'ont fait lorsque Mati est entré au jeu et ils ont crié encore plus fort que d'habitude. C'était magnifique ! Et tout de suite, il a eu cette action fantastique. Tout le stade jubilait. Moi, j'observais et j'ai rigolé. Vraiment. C'était trop beau. J'en avais la chair de poule. Mais le meilleur, c'est Lucas. Il est incroyablement bon. Je me demande même comment il joue encore ici. Anderlecht est un très grand club mais, selon moi, Lucky peut viser le top européen. C'est le meilleur joueur avec qui j'aie jamais joué. Peut-être que Mati le dépassera un jour mais je n'en sais rien. Je ne lui en veux pas et je ne suis pas déçu. Il est vrai que je suis aussi venu à Anderlecht en fonction de l'équipe nationale mais ce qui compte, c'est que j'aie pu me mettre en évidence. Nous avons connu une très belle période et les Hollandais le savent. Même Van Gaal. J'ai d'ailleurs entendu dire que plusieurs personnes sont venues me voir et Van Gaal a parlé de moi lors de sa conférence de presse mais je devais jouer avec les Espoirs. C'est aussi très important. Cet été, nous allons disputer le Championnat d'Europe. Bien sûr, je rêve de l'équipe nationale mais si ce n'est pas pour tout de suite, ce sera peut-être pour plus tard. C'est pourquoi je ne suis pas déçu. Je suis tellement content de la façon dont les choses se passent à Anderlecht. Je n'en ai pas encore manqué un seul cette saison (il rit). Pour moi, tirer un penalty n'est pas un drame. Chez les jeunes, je le faisais déjà. Si l'entraîneur veut que je tire, je tire. S'il ne veut pas, je ne tire pas. C'est mon nom qui figure en tête de la liste mais nous avons également décidé que celui qui se sentait bien pouvait tirer. Certains journalistes ont écrit cela mais, après l'entraînement, je prends toujours le ballon pour faire quelque chose. Et parfois, c'est vrai, je tire des penalties. J'ai commencé à faire cela quand un entraîneur de jeunes est venu me trouver et m'a dit que, si je voulais devenir un grand joueur, je devais aussi m'entraîner pour moi-même, que je devais être amoureux du ballon. Depuis, je n'ai jamais arrêté. C'est chouette. J'ai beaucoup joué dans la rue avec des amis quand j'étais petit. Là, on apprend pas mal de choses tout seul. De plus, je suis issu d'une famille de footballeurs. Mon cousin, Erwin Nuytinck, joue à l'Excelsior. Et j'ai deux frères plus âgés qui étaient fous de foot. Nous avons beaucoup joué dans la rue. Comme j'étais le plus petit, j'apprenais très vite. Et je regardais beaucoup de vidéos sur internet. Après, j'essayais de faire la même chose. Il faut s'exercer énormément. Beaucoup de gens sont étonnés par le fait qu'un défenseur puisse faire autant de choses. La technique, c'est très important en football. J'ai entendu Mario Been dire à la télévision : -Heureusement, mes joueurs ne sont pas capables de faire cela. Ça m'a fait rire parce que les gens voient bien que je ne fais pas des trucs bizarres dans mon rectangle. Mais je trouve qu'il est important pour moi de pouvoir le faire. Quand on maîtrise la technique de base, on peut toujours s'en sortir dans un match. Mais il ne faut pas tenter des trucs impossibles, et sûrement pas dans sa propre moitié de terrain. C'est vrai, cela m'arrive. Quand je suis dans la moitié de terrain adverse et que je sais qu'il y a suffisamment de joueurs derrière moi, il m'arrive d'avoir envie de faire une bicyclette ou un truc du genre. Ce n'est pas grave. J'aime bien jouer offensivement. C'est pour cela qu'Anderlecht et cet entraîneur me conviennent bien. Mais que les choses soient claires : en match, je suis toujours très concentré et je pense à autre chose qu'à faire des trucs avec le ballon. Je laisse cela à Mati Suarez parce qu'il peut se le permettre. En Hollande, il arrive parfois qu'à 3-0, on conserve le ballon très haut. Cela ne rime à rien, c'est ridiculiser l'adversaire et ça ne rapporte rien. Si un équipier le fait, ça me fait rire mais si on le fait contre moi, je m'énerve. Mais quand on est un attaquant et qu'on sait jouer, on a le droit de faire des trucs avec le ballon. ?PAR JAN HAUSPIE- PHOTOS: IMAGEGLOBE" Mbokani peut atteindre le niveau d'un Boateng ou d'un Pato. " " Quand on est un bon attaquant, on a le droit d'épater la galerie. "