Selon nous, l'appellation n'est pas péjorative. Mieux vaut le préciser d'emblée pour éviter les foudres d'un David Steegen qui traque impitoyablement toute atteinte journaleuse à la dignité mauve ! Si j'adopte un antonyme de box to box, c'est pour mieux cerner le profil de Lucas : un peu comme Eddy Snelders récemment dans Foot Mag, qui le qualifiait de médian hybride, dans la mesure où LucasBiglia n'était ni demi défensif, ni demi offensif, alors qu'un box to box est l'un et l'autre !
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Selon nous, l'appellation n'est pas péjorative. Mieux vaut le préciser d'emblée pour éviter les foudres d'un David Steegen qui traque impitoyablement toute atteinte journaleuse à la dignité mauve ! Si j'adopte un antonyme de box to box, c'est pour mieux cerner le profil de Lucas : un peu comme Eddy Snelders récemment dans Foot Mag, qui le qualifiait de médian hybride, dans la mesure où LucasBiglia n'était ni demi défensif, ni demi offensif, alors qu'un box to box est l'un et l'autre ! Quand le Sporting est assiégé, Biglia ne rechigne pas à bosser défensivement devant ses défenseurs et Silvio Proto, mais il n'est pas un king pour écarter personnellement le danger. Et quand son Sporting assiège, Biglia anime l'offensive, mais sans mettre personnellement le gardien adverse en danger. Ni grand subtiliseur de ballons devant son box, ni vrai n°10 infiltreur et frappeur devant le box adverse : nibox nibox ! Conséquence : quand le collectif mauve bégaie défensivement et offensivement sans qu'il soit question de vrais loupés individuels, la critique est souvent pour la pomme du pauvre Biglia, pas assez ci ou pas assez ça... Pourtant, les spécificités positives existent. Travail de fourmi, distribution continuelle hors ces deux zones dites de vérité. Vista dans l'instant, ou après temporisation si nécessaire. Qualité de passe très supérieure, longue ou courte, avec déchet infime. Facilité à se faire voir des partenaires pour solliciter leurs ballons : et construire alors grâce à ceux des défenseurs moins doués, ou laver ceux des attaquants empêtrés qui cherchent appui arrière. Baptisé régulateur ou relayeur par les uns, stratège ou cerveau par les autres, son champ de prédilection est un rond central dilaté, qu'il parcourt en tous sens pour être disponible : pour être un aimant, par lequel transite immanquablement le jeu. L'histoire du foot est jalonnée de semblables médians axiaux, ce que les Argentins appellent un enganche, un crochet : c'est-à-dire quelqu'un qui accroche les uns aux autres, qui les met en connexion. Juan Roman Riquelme est un bel exemple, et plus encore hier Fernando Redondo : tous deux grands seigneurs tranquilles et magnifiques à voir, davantage que fourmis inlassables comme aujourd'hui Andrea Pirlo et, bien évidemment, Xavi ! Chez nous, Johan Walem fut un nibox nibox, ou Walter Baseggio qui courait moins mais pouvait en prime mettre une prune de temps en temps ; et surtout Enzo Scifo, avec l'énorme atout supplémentaire de régulièrement surgir et buter ! Reste à savoir si Biglia est un nibox nibox de niveau irrémédiablement belge, ou de top niveau au point d'intéresser le Real Madrid. Difficile de se prononcer ! Quand je regarde, cette saison à Arsenal, le travail d'un Mikel Arteta épaulé par un guerrier du calibre d' Alexandre Song, je me dis que le p'tit Lucas, tout aussi technique et pas plus monorythmique qu'Arteta, pourrait prester dans un grand championnat sans y dénoter. Par contre, en me souvenant qu'un nibox nibox de la valeur de Fernando Gago que José Mourinho a expédié du Real, le doute m'envahit davantage. Surtout lorsque Biglia, interviewé dans Foot Mag, laisse entendre à Daniel Devos qu'il ne se sent pas inférieur à un Sami Khedira, " titulaire indiscutable mais joueur normal, capable de jouer avec les meilleurs " ( sic). Là, Lucas, ta comparaison pèche par manque de lucidité : Khedira n'est ni un box to box, ni un nibox nibox ! C'est un deuxième médian défensif aux côtés de Xabi Alonso, un déménageur pragmatique arrachant à un point que ton petit body à toi ne permettrait pas. Khedira n'est pas une plaque tournante vers laquelle convergent tous les ballons, c'est un bosseur de l'ombre au service des artistes positionnés devant lui. On ne remarque guère Khedira quand le Real rayonne, alors que tu rayonnes quand le Sporting est bon ! Khedira, c'est un autre profil, avec aussi cette science de l'antijeu nécessaire, qu'ont maîtrisé tant de tes grands compatriotes, Diego Simeone hier, Javier Mascherano aujourd'hui. Lucas, es-tu sûr d'être assez vicieux pour faire la paire avec Xabi Alonso ? Biglia se trompe quand il se compare à Sami Khedira !