Il est 18 h 30. On retrouve Marc Coucke dans les backstages du Kamalounge (la salle de fêtes et business du KV Ostende). " Il y a 35 ans, j'étais là, dans les gradins (il pointe avec son doigt la tribune en question), nous étions en D3 et nous étions battus par les Francs Borains. Aujourd'hui, nous battons Anderlecht, pour la première fois de notre histoire et en plus, je crois que c'est mérité hein ? ".
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Il est 18 h 30. On retrouve Marc Coucke dans les backstages du Kamalounge (la salle de fêtes et business du KV Ostende). " Il y a 35 ans, j'étais là, dans les gradins (il pointe avec son doigt la tribune en question), nous étions en D3 et nous étions battus par les Francs Borains. Aujourd'hui, nous battons Anderlecht, pour la première fois de notre histoire et en plus, je crois que c'est mérité hein ? ". Le milliardaire gantois a les lunettes qui brillent. Non pas d'émotion, même si le bonhomme semble être sur son petit nuage. Ici, ce sont de grosses gouttes de transpiration qui l'ont envahi. Dix minutes plus tôt, Coucke avait enfilé son costume préféré, celui d'ambianceur, et avait retourné le dancefloor. Ses initiales (MC) le prédestinaient apparemment à jouer au maître de cérémonie. " J'ai toujours été comme ça, quand j'étais étudiant c'était déjà le cas. " On imagine que les moyens étaient différents. Cette fois, les convives VIP importants et moins importants sont venus en masse assister à cette liesse côtière de fin d'après-midi. La chemise est tachetée de sueur, Coucke ne lâche pas le mic devant un public qui reprend en choeur la moindre salve. Les dehors ressemblent à une grande kermesse populaire sauf que la salle rassemble et mélange plutôt les BV, portefeuilles bien fournis et jolis lots féminins. Quand deux supporters lambda avec maillots et écharpes tentent de rejoindre la sauterie, ils sont rapidement éconduits par messieurs sécurité. Ils entendront de l'extérieur les basses du tube, " Het is weer couckenback " (sorte d'expression flamande que l'on traduira par " c'est à nouveau dans la poche "), et sa version remixée special Tomorrowland que les organisateurs du méga-festival n'ont apparemment pas voulu valider. On comprend mieux pourquoi. Un peu mégalo, le pimpant quinqua ? Affirmatif. Mais difficile aussi de ne pas l'être, tant tout semble réussir à celui qui s'autoproclame " sérial entrepreneur ". Un business qui l'a rendu milliardaire et lui permet aujourd'hui de faire joujou avec le club de son coeur, un club qu'il a surtout rendu crédible. La cote du club côtier ne fait que grimper, la victoire face au puissant club bruxellois l'a placé au sommet du football belge. Le tout en arrivant à marier résultats et image de club sympathique. Des supporters qui préfèrent notamment l'ironie à l'insulte en lançant des " t'is jammer hein " aux joueurs anderlechtois qui défilent la mine déconfite avant de rejoindre leur bus. Mais derrière les artifices d'un club de province, il y a une véritable ambition et des joueurs qui ont de la gueule. Deux d'entre eux sont d'ailleurs priés de se rendre à la FiestaCoucke. JordanLukaku et SébastienSiani sont de la partie et semblent s'amuser du spectacle ambiant égayé par des ritournelles très éloignées des tubes RnB qui leur sont plus familiers. Jordan et Séba auront un peu traîné dans les vestiaires et auront malheureusement loupé l'un des clous du spectacle couckien : la prestation de Charly (la blanchisserie), sorte de ClaudeFrançois des temps modernes qui n'hésite pas à interpréter à sa sauce l'un des hits à Cloclo faisant rimer " Alexandrie " et " j'ai un grand zizi " avec un grand sourire de circonstance devant une foule qui semble apprécier la finesse du trait d'esprit. Des " Alles Geven " sur le Connemara à MichelSardou sont même lancés alors que le public fait tourner les serviettes jaune et rouge. PatrickSébastien doit sûrement apprécier. Dans la salle, les nombreux supporters mauves, eux, ont en deux trois coupes de champagne oubliés la déconvenue sportive. On retrouve entre autres, MichaelVerschueren (fils de MisterMichel) ou la très en forme et colorée darone à OlivierDeschacht, venus tous deux taper la mesure. L'élégant JanMulder est, lui, resté à l'étage du bas bien moins bruyant. Le chroniqueur vedette de Flandre est l'un des nombreux BV venus défiler au coeur de l'enceinte vétuste et menue de l'Albertpark d'Ostende. A ses côtés, dans cette après-midi ensoleillée, on pointait aussi l'ex-judokate UllaWerbrouck, Kamagurka (caricaturiste flamand à succès), le journaliste télé MartinHeylen, le margoulin GlennJanssens, le baron Buysse et plusieurs politiciens du Nord. Des noms qui n'évoquent pas ou plus grand-chose au public francophone mais des personnages habitués de la mise en scène de la presse people flamande. Pour animer la journée et le début de soirée, il faut aussi s'habituer avec ces schlagers (sorte de chansonnettes populaires du nord) qui décontenancent à la première écoute (et même à la dernière). Les heureux invités de la journée ostendaise semblent en être friand. Marc Coucke tient les manettes de ce drôle de milieu foot et festif. L'homme s'amuse en tout cas et a même adopté les codes des footeux arborant un joli ceinturon clinquant. " Vous savez, ici, tout est spontané. C'est notre force. Avec PatrickOrlans (mister kermesse passé par Alost dans les années 90 et par le Club Bruges), on veut que le foot, ça soit aussi une fête. Et pour ça, on y met les moyens. Personne ne va se déplacer pour du cabillaud mais les gens viendront si on leur propose le meilleur cabillaud (on n'est pas sûr de la métaphore...). Alors à Ostende, on veut proposer le meilleur vin, le meilleur champagne, et une bonne équipe. " A quelques mètres, une jolie blonde compte les nombreux billets de la recette du jour. Le KVO a définitivement le vent en Coucke. PAR THOMAS BRICMONT - PHOTOS CHRISTOPHE KETELS" A Ostende, on veut proposer le meilleur vin, le meilleur champagne, et une bonne équipe. "