Même Etienne De Wilde a recueilli moins de compliments à ses débuts qu'Iljo Keisse (21 ans) lors des derniers Six Jours de Gand. Deuxième avec l'Allemand Andreas Beikirch derrière les Bataves Robert Slippens et Danny Stam, il confirme plus tôt que prévu l'ampleur de son talent.
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Même Etienne De Wilde a recueilli moins de compliments à ses débuts qu'Iljo Keisse (21 ans) lors des derniers Six Jours de Gand. Deuxième avec l'Allemand Andreas Beikirch derrière les Bataves Robert Slippens et Danny Stam, il confirme plus tôt que prévu l'ampleur de son talent. Iljo Keisse : Je crois que les gens se demandent où ils ont déjà vu ma tête. L'intérêt de la presse est incroyable : des pages entières partout, la radio, la TV. Moi encore moins ! Mais il ne faut pas oublier que je dois mon bonheur à la malchance de beaucoup d'autres. La moitié des concurrents a déclaré forfait. Patrick Sercu répète que le public est notre patron. Les gens nous regardent pendant quatre ou cinq heures. On peut rouler avec un maillot vert fluo, un short jaune et des chaussures rouges mais, roulez tout en blanc, bien soigné et vous vous distinguez positivement. Il faut savoir se vendre. Sur route, c'est différent : on ne vous voit passer qu'une fois. Matthew Gilmore et Patrick Sercu viennent de déclarer : - Accordez-lui cinq ans et il gagnera de grandes épreuves. C'est trop long ! Je brillerai plus tôt, même si je serai encore souvent un peu court. Tout dépend aussi de mon partenaire. A Gand, pour la première fois, il était fort et ce fut bingo. Ce serait le pied. Matthew déborde d'expérience et de rage de vaincre. Chaque fois que nous avons roulé ensemble, ça s'est bien passé. Les organisateurs aiment les équipes nationales car le public peut s'y identifier. Sinon, donnez-moi Marvulli, un jeune Suisse. Ou Beikirch. Les gens aiment l'alliance d'un ancien et d'un jeune. Certains sont parfaits, d'autres laissent tout le travail au jeune, alors qu'il a besoin d'aide tactique. C'est bien de vouloir gagner un tour mais il faut savoir quand on va le faire. J'ai déjà pas mal d'expérience pour mon âge mais je dois améliorer mon endurance. On a attendu trop de moi. Je n'étais que le numéro trois pour accompagner Matthew, après Tom Steels et Steven De Neef. Je n'ai été sûr de ma chance que trois mois avant les Jeux mais je roulais déjà sur route depuis deux mois. Puis j'ai dû faire mes preuves au Mondial et donc atteindre ma meilleure forme à ce moment. Il me restait donc deux mois pour préparer les Jeux. C'est trop peu. Cela semblait bénin. Comme chaque jour, nous allions en vélo du village olympique à la piste. Matthew a dérapé dans un virage banal qui était un peu glissant. Il a volé dans un bac de fleurs. Il roulait à dix à l'heure. C'est toujours pire dans ces cas-là. Il a eu des crampes dans la course aux points et dans celle par équipes. Il avait aussi chuté deux jours avant le Mondial et tout s'était bien passé. Je croyais presque que ça faisait partie du jeu ! Jusqu'à présent, c'est une préparation à la piste. Pour obtenir des résultats, il faut s'entraîner différemment. J'en ai envie mais je pense être meilleur sur piste. Ceci dit, je peux gagner une étape ou obtenir un bon classement dans un petit tour. Je ne suis pas un grimpeur ni un sprinter mais je peux m'imposer au sein d'un petit groupe. L'année prochaine est ma première comme pro. On verra si je peux combiner piste et route. D'où ma technique. Je pouvais rouler quand je voulais, essayer des trucs bêtes : rouler sans les mains ou faire un tour dans le sens opposé. Jeune, j'effectuais parfois des séances entières dans le mauvais sens. Dommage. Nous aurions formé une paire formidable. Il est rapide et explosif. Il manque de vista, en revanche. Il ne voit rien ! Moi, j'ai la vista mais je ne suis pas explosif. Evidemment, il a été brillant la saison passée sur route. Je le comprends. S'il devient un bon finisseur ou même s'il tire bien les sprints pour Tom Boonen, il sera un king. Mais s'il échoue, il aura perdu une chance formidable car notre victoire nous permet de prendre le départ de tous les Six Jours. Jef Van Baelen