" Quand on est né lé 21 décembre 1944 à Marche-en-Famenne, il est impossible d'avoir froid aux yeux. Cinq jours plus tôt, les forces nazies ont lancé leurs troupes dans la Bataille des Ardennes et arrivent jusqu'à Hotton, pas loin de chez Jacky Beurlet. Durant sa jeunesse, il joue au football à Marche avant d'être repéré par les scouts du Standard. Cet attaquant est recyclé en défenseur par Michel Pavic qui fait de même avec Nicolas Dewalque, ...

" Quand on est né lé 21 décembre 1944 à Marche-en-Famenne, il est impossible d'avoir froid aux yeux. Cinq jours plus tôt, les forces nazies ont lancé leurs troupes dans la Bataille des Ardennes et arrivent jusqu'à Hotton, pas loin de chez Jacky Beurlet. Durant sa jeunesse, il joue au football à Marche avant d'être repéré par les scouts du Standard. Cet attaquant est recyclé en défenseur par Michel Pavic qui fait de même avec Nicolas Dewalque, Léon Jeck et Jean Thissen ou Louis Pilot qui trouve sa voie dans un rôle de pare-chocs. Ces malabars forment le Mur de Sclessin, une véritable citadelle qui tranche par rapport à la ligne arrière mauve formée par Laurent Verbiest (remplacé par Julien Kialunda après son décès accidentel en 1966), Jean Plaskie, Jean Cornélis et moi-même. Les styles sont alors différents : Anderlecht pratique le hors-jeu, joue haut et, en tant que back droit, Pierre Sinibaldi, me demande de mettre régulièrement le nez dans le camp adverse. Au Standard, où il occupe la même place que moi, Beurlet s'aventure jusqu'à la ligne médiane, pas plus loin. Sur le flanc droit, il laisse le job offensif à Léon Semmeling. Discret, Jacky se concentre sur son job et personne ne passe facilement dans sa zone. Il a été nourri au jambon d'Ardenne et cette montagne de muscles réussit de grands matches européens comme quand il met Pierino Prati, une des stars de l'AC Milan dans sa poche en 1967-1968. Repris 44 fois en Coupes d'Europe, il décroche quatre titres nationaux (1963, 1969,1970, 1971), une Coupe (1966, 1-0 contre Anderlecht) mais ne compte que trois caps avec les Diables Rouges. Par rapport à Dewalque (33 sélections), Jeck (11) et Thissen (34), c'est peu et, malgré une grosse concurrence à son poste, cela s'explique par sa gentillesse et sa modestie. Intraitable sur le terrain, on ne l'entend pas dans le vestiaire. Cette force de la nature est à l'image de sa région où le Standard a toujours déniché des gars tranquilles, solides et travailleurs. En 1974, Beurlet accompagne Jeck à l'Union Saint-Gilloise (D2) où j'arrive comme entraîneur en cours de saison. Le Parc Duden n'est pas la tasse de thé de ces deux monuments qui ont tout connu à Sclessin. Plus tard, on voit Beurlet à l'Union Namur coachée par Léon Semmeling. L'ancien arrière droit du Standard a eu une longue carrière de cheminot à la SNCB. Jacky assiste encore à des matches à Sclessin et on m'a dit qu'il est encore plus costaud qu'avant. Ce n'est pas peu dire. Il doit y avoir une explication : je me souviens de son appétit d'ogre... " PIERRE BILIC