Geoffrey Claeys a signé un contrat de quatre ans à Mouscron, qui l'a acheté pour une somme rondelette au Lierse. Mais hormis à Alost, il n'est jamais allé au bout des différents contrats, que ce soit à Feyenoord, à Anderlecht ou au Lierse.
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Geoffrey Claeys a signé un contrat de quatre ans à Mouscron, qui l'a acheté pour une somme rondelette au Lierse. Mais hormis à Alost, il n'est jamais allé au bout des différents contrats, que ce soit à Feyenoord, à Anderlecht ou au Lierse. Du Cercle à Feyenoord (1996/1998)Geoffrey Claeys : On a dit que j'avais affirmé que j'étais le successeur de Ronald Koeman. Je n'ai jamais dit cela. Je l'ai lu dans Voetbal International alors que je venais de débarquer en Hollande et je n'étais pas très content. Imaginez-vous qu'un gars de 21 ans qui n'a été qu'une fois international puisse dire une chose pareille? Je suis immédiatement allé trouver Ronald pour lui dire que je n'y étais pour rien. Il m'a rétorqué que je ne devais pas m'en faire. En fait, le président Van den Herik m'avait prétendu que, si Ronald arrêtait, ce serait à moi de prendre sa place. C'est lui qui l'avait dit, pas moi. Pour le reste, Je n'avais pas l'impression d'être parti trop tard en Hollande. J'avais reçu une bonne formation au Cercle mais Feyenoord, c'était le top. On y faisait tout pour les jeunes et il y avait suffisamment d'argent. L'encadrement était fantastique. Quand on demandait quelque chose, on l'avait tout de suite. A Feyenoord et à Anderlecht, les joueurs étaient mis dans de l'ouate. Certains en sortaient plus faibles, d'autres plus forts. Moi, j'en suis devenu plus nonchalant car tout était trop facile. J'avais besoin d'un coup de pied au cul puis d'une tape sur l'épaule. J'avais beau être professionnel, je n'étais qu'un homme. Je me suis parfois demandé si je n'étais pas parti trop tôt. En fait, je manque de patience. La deuxième saison, en match amical contre Tenerife, Beenhakker m'a fait jouer au stopper. Ce fut bon mais la semaine suivante en championnat, j'étais retourné à gauche. Les Hollandais partent du principe qu'un Belge ne sait pas jouer avec de l'espace dans le dos. C'est un préjugé. Moi, je sais jouer à quatre en ligne car je suis un faux lent: personne ne m'a jamais pris de vitesse. A gauche, j'étais rarement bon. Après quelques mauvais matches, j'ai été écarté. Je n'aime pas ce poste parce qu'on y touche trop peu le ballons. Je ne suis pas fait pour le flanc, je dois avoir un plus grand rayon d'action, que ce soit dans l'entrejeu ou en défense. Feyenoord est pourtant le seul club que je porte encore dans mon coeur. Il faut y avoir joué pour comprendre. Je ne voudrais jamais jouer à l'Ajax. Je suis parti depuis trois ans mais j'y pense chaque semaine. Quand j'ai vu la fête du titre, avec tous ces gars que j'avais côtoyé, j'étais triste. J'y retourne parfois et en Ligue des Champions, on n'a fait aucun problème pour me donner autant d'invitations que je le souhaitais.Anderlecht (1998/99)Claeys : Lorsque le public d'Anderlecht s'est mis à me siffler, j'ai compris que je devais partir le plus vite possible. Je ne suis pas du genre à reconquérir les gens. D'ailleurs, on ne m'en a plus laissé l'occasion. J'allais à l'entraînement avec des pieds de plomb. Je suis encore entré deux fois en déplacement mais à domicile, je n'étais même plus sur la feuille. Pour moi, c'était volontaire car les gens allaient me siffler à l'échauffement. Cela me touchait car je ne suis pas un robot. Ole-MartinÅrst vivait le même problème et nous nous soutenions mutuellement. A l'époque, j'ai dit que le staff technique n'était pas derrière moi mais il avait peut-être raison de ne pas m'aligner. Alost (1999/00)Claeys : Ce fut un bon choix: j'ai livré une bonne saison, je me suis remotivé et j'ai prouvé ce dont j'étais capable. Tout le monde m'a soutenu: Orlans, De Coninck, Hulshoff, le président. Quand je suis arrivé à Mouscron, j'ai eu le même sentiment: les gens me font confiance. Je n'ai pas ressenti cela ailleurs. C'était un grand pas en arrière mais cela ne me faisait rien. J'en avais marre d'Anderlecht et de Feyenoord. Manifestement, je ne suis pas fait pour les grands clubs. A Alost, je me suis fait plaisir, j'ai retrouvé l'envie de jouer. Je n'ai pas joué les vedettes car je ne suis pas comme cela. Je suis sociable, je parle avec tout le monde et la mentalité du club s'adaptait parfaitement à la mienne. L'entraîneur me laissait beaucoup de liberté. En période de préparation, je ne touchais pas un ballon dans l'entrejeu. Je lui ai alors demandé de me faire jouer en défense et il m'a répondu: -Comme tu veux. Alost m'a donné la chance de redevenir moi-même. A Anderlecht, je pesais 86 kilos. Quand j'accélérais, il me fallait dix minutes pour récupérer.Lierse (2000/01)Claeys: Mouscron est mieux structuré et plus professionnel. J'ai également l'impression que l'entraîneur est à 100% derrière moi. C'est lui qui m'a téléphoné. Après notre premier entretien, début avril, mon choix était fait. Au Lierse, j'avais discuté avec le président actuel, Gaston Vets, un brave type. Pour moi, c'était le club idéal et tout s'est plus ou moins bien passé jusqu'à ce que Meeuws opte pour deux médians défensifs. Après, j'ai eu des problèmes d'ordre privé et je ne suis revenu qu'en mars mais l'entraîneur n'avait plus confiance en moi. J'ai pu jouer contre La Gantoise parce Leen était suspendu et les scouts de Mouscron m'ont vu. Je n'ai pas disputé le match contre eux la semaine suivante et j'avais compris. Le mardi, Broos me téléphonait. Je ne m'y attendais pas du tout et le Lierse n'a rien fait pour me retenir. Il nous manquait un leader sur le terrain comme en dehors. Eric Van Meir est un type formidable mais pas un patron. Il s'est passé des choses que je préfère ne pas étaler ici. Le seul qui appelait un chat un chat, c'était Lucien Huth, l'entraîneur des gardiens. Aujourd'hui, il le paye. Le groupe a rapidement perdu courage et personne n'a pu redresser la barre. Pour ma part, je n'ai été satisfait que des matches où j'ai été aligné dans l'entrejeu. Et il n'y en a eu qu'un: à Gand. Plus deux rencontres amicales face à Graz et Benfica. Il y eut aussi la deuxième mi-temps contre Bordeaux. C'est peu. Mais contrairement à Anderlecht et Feyenoord, ce n'était pas ma faute.Geert Foutré