gardien

Un nom se détache au cours des nineties : Filip De Wilde. S'il n'avait pas dû composer avec un monument comme Michel Preud'homme, il aurait sans doute eu une trajectoire aussi éblouissante également en équipe nationale. Même si, à ce niveau, il n'aura pas manqué de références non plus, malgré tout. Car si la Belgique s'est qualifiée pour la World Cup en 1994, c'est quand même à un match dantesque de sa part contre la RTS qu'elle le doit. Flup, c'était d'abord un pro jusqu'au bout des ongles. Jamais je n'ai vu au cours de ma carrière un garçon animé d'une telle mentalité professionnelle. En tant que gardien, il était complet : à la fois bon sur sa ligne et habile dans les sorties aériennes. Techniquement, il frisait ni plus ni moins la perfection. Tout ce qu'il entreprenait était marqué sous le signe de la grande classe.
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Un nom se détache au cours des nineties : Filip De Wilde. S'il n'avait pas dû composer avec un monument comme Michel Preud'homme, il aurait sans doute eu une trajectoire aussi éblouissante également en équipe nationale. Même si, à ce niveau, il n'aura pas manqué de références non plus, malgré tout. Car si la Belgique s'est qualifiée pour la World Cup en 1994, c'est quand même à un match dantesque de sa part contre la RTS qu'elle le doit. Flup, c'était d'abord un pro jusqu'au bout des ongles. Jamais je n'ai vu au cours de ma carrière un garçon animé d'une telle mentalité professionnelle. En tant que gardien, il était complet : à la fois bon sur sa ligne et habile dans les sorties aériennes. Techniquement, il frisait ni plus ni moins la perfection. Tout ce qu'il entreprenait était marqué sous le signe de la grande classe. Beaucoup d'arrières, durant cette période, affichaient une personnalité ou un caractère hors normes. Je songe à Philippe Albert et à Michel De Wolf ainsi qu'à deux Hollandais qui se sont exprimés à un moment donné dans ce secteur : Adri Van Tiggelen au départ et Graeme Rutjes. Avec tous ces gars, on pouvait résolument aller à la guerre. Comme jeunot, j'ai beaucoup appris au contact de ces maîtres, avant de devenir un chevronné moi-même aux côtés de Glen De Boeck et Lorenzo Staelens, pour ne citer qu'eux. Un autre nom qui me vient automatiquement à l'esprit est celui d' OlivierDoll. A l'image de Boeckie et moi-même, il a sévi plus de dix ans au Parc Astrid, ce qui n'est pas une mince mérite. Je retiendrai aussi CelestineBabayaro, l'un des jeunes les plus doués que j'ai côtoyés au Parc Astrid. Sa carrière en dit long puisqu'il est passé tour à tour dans les rangs de Chelsea et de Newcastle. Anderlecht comme tremplin vers la Premier League, c'est significatif, non ? De Marc Degryse à Alin Stoica en passant par Pär Zetterberg ou Walter Baseggio, le Sporting a présenté pas mal de beau monde sur cette portion du terrain. Il n'en reste pas moins que le plus précieux, à mes yeux, avait pour nom CharlyMusonda. Si un gars n'a jamais réussi à se faire remplacer sur le terrain, c'est lui. Le Zambien était ni plus ni moins un travailleur de l'ombre inimitable. Son aisance n'avait d'égale que la pertinence de ses choix. Il faisait toujours le bon choix sur le terrain. Sans des complications au genou, Prince Charly aurait fait une carrière dantesque, c'est certain. Son rôle a été repris par des garçons comme le Néerlandais Wim Kooiman voire le Hongrois FlorianUrban. Mais, par rapport au génial Africain, leur parcours aura été très peu significatif, il faut bien en convenir. Hormis ceux que j'ai cités, j'aimerais mentionner aussi d'autres noms qui se sont inscrits dans la durée et qui, tous, ont eu leur part de mérite aussi durant cette période : Johan Walem, Danny Boffin et Bruno Versavel. Un trio me vient immédiatement à l'esprit : celui formé de Luc Nilis, Johnny Bosman et Luis Oliveira, épaulé par un élément qui faisait en quelque sorte figure de numéro 9,5 : Marc Degryse. La force de ces Mousquetaires, c'était tout simplement leur diversité. Marcske, c'était le cerveau, Lucky, le tonton-flingueur, Bossie, le Hollandais volant, et Lulu, la touche brésilienne. Je me souviens de l'une ou l'autre phases ahurissantes avec eux. Notamment un triple une/deux entre Marc Degryse et Luis Oliveira ponctué par un but contre je ne sais qui. C'était du tout grand art ! A la fin de la même décade, le RSCA s'est singularisé par un duo qui valait assurément le coup d'£il aussi : celui constitué de Jan Koller et Tomasz Radzinski. Entre les deux, en revanche, il y eut une petite période de flottement, avec moins de dash en front de bandière. Je songe à l'époque où JosipWeber, YawPreko et JamesDebbah formaient la percussion offensive. J'ai évidemment conservé un fantastique souvenir de l'entraîneur qui m'a lancé à ce moment-là : Aad de Mos. J'ai eu la chance de m'épanouir sous sa coupe au bon moment car, après avoir quitté le Sporting, il faut bien avouer que la carrière du Néerlandais a quelque peu tourné en eau de boudin. L'entraîneur le plus marquant, au cours de cette ère, aura été Jan Boskamp, avec qui le RSCA a obtenu un triplé entre 1993 et 1995. Le Bos n'était peut-être pas un génie sur le plan purement tactique mais il savait gérer comme nul autre un groupe de vedettes. Or, il y avait quelques fameux personnages au Parc Astrid durant cette période. Raymond Goethals, que j'ai connu succinctement, avait cette faculté aussi de pouvoir composer avec tout le monde. Mais celui qui, avec le recul, aura dégagé le plus grand charisme, c'était Jean Dockx, qui avait réussi à redresser une situation compromise en 1998-1999 après une entame désastreuse avec ArieHaan. Dommage qu'il se soit contenté d'un rôle de T2. Car il eût été un T1 sans pareil.