Ils se connaissent depuis 1989, année où Bertrand Crasson (33 ans) a été incorporé dans un noyau anderlechtois dont Georges Grün (42 ans) faisait partie depuis une demi-douzaine de saisons. Mais ce n'est qu'en 1994, au moment où Giorgio revint au Parc Astrid après une aventure de quatre ans à Parme, que des liens forts se tissèrent entre eux.
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Ils se connaissent depuis 1989, année où Bertrand Crasson (33 ans) a été incorporé dans un noyau anderlechtois dont Georges Grün (42 ans) faisait partie depuis une demi-douzaine de saisons. Mais ce n'est qu'en 1994, au moment où Giorgio revint au Parc Astrid après une aventure de quatre ans à Parme, que des liens forts se tissèrent entre eux. Bertrand : " Georges faisait figure de référence pour moi. En tant que back droit, capitaine d'équipe et international de surcroît, il constituait mon modèle mais nos contacts se limitaient au minimum. A 27 ans, c'était un intouchable, tout comme M arc Degryse ou Luc Nilis ". Georges : " Il y avait un clivage entre ceux qui avaient fait leurs preuves et les coming men. En 1983, Enzo Scifo et moi étions considérés comme des apprentis quand Morten Olsen, René Vandereycken et Franky Vercauteren faisaient la loi dans le vestiaire. On devait ramener les ballons, cirer nos godasses ou nettoyer le vestiaire ! Quand d'autres jeunes frappaient aux portes de la Première, on passait le témoin. J'étais d'autant plus motivé à l'idée de mener la vie dure à Berre qu'il se profilait comme mon concurrent. Il a ramé avec moi (il rit) ". Bertrand : " A son retour d'Italie en 94, je me suis évidemment rattrapé (il rit). J'avais pris sa place sur l'aile et il s'est vu forcé de glisser dans l'axe. Au départ, il avait joué de malchance avec une blessure au tendon d'Achille, qui l'avait privé de terrain pendant plusieurs semaines. Mais dès qu'il fut à nouveau opérationnel, on s'est entendus comme larrons en foire. D'abord sur le terrain, avec un titre à la clé en fin d'exercice 1994-95, mais aussi en dehors ". Georges : " Il était un joueur aussi atypique que moi. Là où la plupart de nos coéquipiers étaient branchés exclusivement football, nous cultivions les bons petits restos, le ciné, les concerts. Au bout de cette saison-là, nous sommes d'ailleurs partis pour la première fois ensemble, à New York ". Bertrand : " Pour l'avoir visitée quelques années plus tôt, je lui avais dit que c'était une ville extravagante qu'il allait sûrement aimer. Tu te souviens de cette femme enroulée dans du papier journal, qui se promenait à Manhattan ? Ou encore de ce gars qui faisait du jogging à Central Park, avec un serpent autour du cou ?". Georges: " Je me rappelle surtout de la frousse de ma vie au sommet de l'Empire State Building. J'étais pris de vertige et je n'avais pas osé regarder le panorama. -On va faire le tour de la ville en hélico, me proposa Bertrand. Il avait toutefois omis de me dire qu'il s'agissait d'un engin au sol vitré et que le spectacle se déroulait à nos pieds. Pendant toute la durée du trajet, de peur, je n'ai fait que regarder le plafond, où il n'y avait évidemment rien à voir (il rit) ". Bertrand : " Par la suite, nous nous sommes rendus tour à tour en Corse, à la montagne, et même à Eurodisney. Sans compter que nous nous sommes retrouvés au même moment en Italie également : lui à la Reggiana et moi à Naples. Après notre confrontation au stade San Paolo, Georges avait obtenu l'autorisation de séjourner chez moi. Ensemble, nous avons visité Capri et Sorrente ". Georges : " Nos deux ex-femmes, Mireille et Nathalie, s'entendaient à merveille aussi. On a vraiment pris du bon temps. Il est simplement dommage que cette expérience en commun en Série A n'ait duré qu'un an. J'étais en fin de carrière et j'ai rebroussé chemin vers la Belgique ". Bertrand : " Quand je suis revenu à Anderlecht, en 1998, nos rencontres se sont multipliées. Même si je ne pouvais pas toujours me permettre la même chose. Quand il faisait du ski alpin à Ovronnaz, je devais me contenter de balades dans la montagne. Par moments aussi, il m'est arrivé de saliver quand j'apprenais qu'il allait s'adonner à la pêche au gros en Guinée-Bissau ou faire du quad au Maroc... " Georges : " Je lui ai dit qu'on se rattraperait tôt ou tard. Il se rapproche de la pension et ce sera l'occasion ou jamais de sortir des sentiers battus. J'ai toujours rêvé de participer un jour au rallye Paris-Dakar. Avec Bertrand, ce serait génial. Et s'il accepte un job de commercial au FC Brussels, il sera bien placé pour dégotter quelques sponsors " (il rit). Bertrand : " Georges a trouvé la bonne planque à RTL-TVI, il reste en contact avec le foot tout en n'y étant pas plongé journellement. Ce genre de reconversion me plairait aussi. Seconder Georges sur le plateau, ce serait peut-être le pied, non (il rit) ?" Georges : " Une chose est sûre : on ne s'associera jamais en affaires. J'ai eu l'une ou l'autre expériences qui s'est chaque fois terminée en eau de boudin. Avec Bertrand, je ne veux pas courir le risque de mettre une amitié en péril à cause d'un deal foireux ". Bertrand : " Tout à fait d'accord ! " Bruno Govers" Je salive quand Georges part pêcher au gros en Guinée-Bissau ou FAIRE DU QUAD AU MAROC... "