Bertrand Crasson " J'ai beau posséder bon nombre de maillots échangés le plus souvent avec des adversaires prestigieux, celui qui me tient le plus à c£ur n'a bizarrement pas fait l'objet d'un troc sur le terrain. Je l'ai effectivement obtenu par la bande, grâce aux bons soins d'un soigneur que j'ai connu autrefois à Naples : Salvatore Carmando. Quelques années avant que je ne débarque là-bas, l'homme s'était lié d'amitié avec le joueur le plus emblématique du club, Diego Maradona. Et il avait hérité de lui diverses tuniques signées. Comme je n'ai jamais juré que par le...

Bertrand Crasson " J'ai beau posséder bon nombre de maillots échangés le plus souvent avec des adversaires prestigieux, celui qui me tient le plus à c£ur n'a bizarrement pas fait l'objet d'un troc sur le terrain. Je l'ai effectivement obtenu par la bande, grâce aux bons soins d'un soigneur que j'ai connu autrefois à Naples : Salvatore Carmando. Quelques années avant que je ne débarque là-bas, l'homme s'était lié d'amitié avec le joueur le plus emblématique du club, Diego Maradona. Et il avait hérité de lui diverses tuniques signées. Comme je n'ai jamais juré que par le génial Argentin, Salvatore me fit un jour le plus beau cadeau qui soit en me cédant l'une de ces précieuses livrées : un vrai de vrai, couleur bleu ciel, frappé à la fois du sigle Buitoni, et du numéro 10 et portant, bien sûr, la griffe de Dieguito en personne. Il ne m'arrive pas souvent de fouiner dans l'armoire aux souvenirs. Mais cet exemplaire-là, qui sort quand même de l'ordinaire, il m'arrive encore de le regarder par pur plaisir. Je ne m'en lasse pas. Au cours de mes deux années au stade San Paolo (96-98), j'ai bien sûr eu l'occasion d'étoffer une collection entamée lors de mon début de carrière à Anderlecht en 89. Mon premier maillot, c'était celui du Bulgare Hristo Stoïchkov, qui avait été mon adversaire direct lors d'un tournoi au cours duquel le Sporting et le Barça s'étaient mesurés. Pour une entrée en matière, j'avais été servi. Je possède d'ailleurs des maillots d'adversaires issus des horizons les plus divers. Mais le gros de ma panoplie consiste en des vareuses troquées sur le terrain, en Italie, où cette habitude est solidement ancrée après les matches. D' Alessandro Del Piero à Paolo Maldini, en passant par Roberto Mancini, j'ai eu droit à quelques noms fameux. Même s'il ne s'agissait pas toujours d'adversaires directs. Une seule fois, je me suis heurté à un refus catégorique : avec David Beckham, lorsqu'en 2000-01, j'avais rencontré Manchester United avec Anderlecht. L'Anglais avait affiché toute sa prétention en cette circonstance. D'autres, sous le coup de la déception, omettent parfois aussi de se plier à ce rituel. Je me souviens qu'au cours de cette même campagne en Ligue des Champions, nous avions croisé la route de la Lazio Rome. Jan Koller était tout guilleret à l'idée de pouvoir récolter un souvenir de son compatriote Pavel Nedved. Mais comme les Laziali s'étaient inclinés au Parc Astrid, le futur Ballon d'Or n'avait rien voulu entendre. Au grand dam de Jantje. Dans ma collection, je tiens aussi énormément aux maillots des footballeurs blacks comme Patrick Kluivert, Jocelyn Angloma, Nwankwo Kanu et Claude Makélélé, entre autres. Tous ces maillots prennent évidemment énormément de place chez moi, mais c'est avec plaisir qu'une partie entière de ma garde-robe leur est réservée. Je me tâte pour ce qui est de la vareuse de Diego Maradona. A un moment donné, j'ai voulu l'encadrer. Mais vu son caractère précieux, je pense plutôt la mettre dans un coffre à la banque. Car il n'y a pas plus belle pièce que celle-là ". par Bruno Govers