Novembre 2002 ! Bertrand Laquait passe un test à St-Etienne en panne de gardien. Trois semaines de travail intensif le rassurent sur la réussite de son opération aux ligaments croisés subie en avril 2002. Malheureusement, huit mois d'arrêt forcé, ça ne se récupère pas en trois semaines et il ne sera pas jugé suffisamment rétabli pour être immédiatement compétitif. St-Etienne renonce à lui proposer le contrat qu'il espérait. En avril, Nancy, son club formateur, n'avait pas agi autrement après son opération : " Le milieu pro est impitoyable ! En revalidation et fin de contrat, je n'ai pas eu droit au moindre crédit auprès de l'entraîneur ".
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Novembre 2002 ! Bertrand Laquait passe un test à St-Etienne en panne de gardien. Trois semaines de travail intensif le rassurent sur la réussite de son opération aux ligaments croisés subie en avril 2002. Malheureusement, huit mois d'arrêt forcé, ça ne se récupère pas en trois semaines et il ne sera pas jugé suffisamment rétabli pour être immédiatement compétitif. St-Etienne renonce à lui proposer le contrat qu'il espérait. En avril, Nancy, son club formateur, n'avait pas agi autrement après son opération : " Le milieu pro est impitoyable ! En revalidation et fin de contrat, je n'ai pas eu droit au moindre crédit auprès de l'entraîneur ". Petite cause, grands effets : la chance de Bertrand passera par la manie de Moggi Bayat, neveu du président de Charleroi, d'éplucher quotidiennement le journal L'Equipe ! Un simple entrefilet va le mettre sur la piste du gardien français en mal de club. IstvanDudas étant indisponible, Moggi n'hésite pas une seconde, plonge sur son téléphone et propose à Bertrand de venir dans l'heure à Charleroi. Il connaît la réputation de l'ex-gardien de Nancy courtisé avant sa blessure par quelques grands clubs français et ne lui promettra rien d'autre qu'une place dans le noyau. A lui de prouver qu'il a l'étoffe du titulaire. L'affaire sera conclue et Bertrand le chômeur deviendra le gardien titulaire inamovible des Zèbres. Depuis, Bertrand Laquait a séduit tout son entourage et sa réputation a allègrement et largement franchi le petit périmètre carolo ! Des rumeurs l'avaient même, fin de saison dernière, presque transféré à Anderlecht. Aujourd'hui, on prétend les Brugeois du club fort intéressés. Info ou intox ? L'avenir le dira... Bertrand ne prête d'ailleurs guère l'oreille à tous ces échos flatteurs sortis, on ne sait d'où :" Moi je n'ai eu aucun contact, ni aucune proposition concrète. Jusqu'à preuve du contraire, je suis à Charleroi pour relancer ma carrière. Je crois y avoir réussi. Et si un projet de reconstruction du club se fait jour, je serais heureux d'y participer. Jouer la descente n'est pas un challenge amusant mais il a le mérite de forger le caractère ! " Une chose est sûre : sans l'arrivée de Bertrand Laquait, le Sporting de Charleroi ne serait déjà peut-être plus en D1 cette saison. Sa part contributive au sauvetage de l'an passé fut déterminante. Et si, cette saison, les Carolos possèdent encore, malgré leurs prestations déficitaires, une des meilleures défenses du championnat, c'est en grande partie à leur gardien qu'ils le doivent. Outre ses qualités athlétiques et son assurance technique, il présente un profil humain et psychologique extrêmement rassurant pour le groupe. Robert Waseige est sous le charme :" Bertrand, c'est la force tranquille, le bon sens fait homme ! Omniprésent mais discret. Un vrai pro capable de faire son autocritique sans la moindre concession. Un homme ! Et un gardien complet ". Né à Vichy en avril 1977, Bertrand aura donc 27 ans dans quelques mois. L'âge de la maturité pour un gardien de but. Vue de sa France profonde, il n'avait de la Belgique que l'image sommaire que les Français s'en font ! Son passage au centre de formation de Nancy, région plus frontalière, n'avait rien changé à sa vision caricaturale de notre pays. Le championnat de Belgique est totalement ignoré des Français. Il faut être câblé, ce qui n'est pas courant en France, pour apercevoir sur Eurosport quelques images furtives des buts marqués dans notre compétition. A Charleroi, Bertrand se sent désormais chez lui :" La Wallonie, c'est la France ! Je n'y vois aucune différence. Je n'ai jamais eu le sentiment de jouer à l'étranger. Je considère que, sportivement parlant, il est préférable de jouer en D1 en Belgique qu'en D2 française d'autant que la différence salariale n'est plus ce qu'elle était jadis. Ici on paie au rendement. En France on paie davantage au fixe. A la sortie, c'est pratiquement pareil ". Bertrand Laquait est convaincu d'avoir fait le bon choix. Même si, au fond de lui, il espérait mieux de son équipe. Il est, en tout cas, conscient qu'il est en train de franchir un nouveau palier. Et dans cette optique-là, le Sporting aura été l'équipe idéale pour se mettre sans cesse en évidence. Et d'ajouter, l'£il goguenard : " En venant à Charleroi, je sentais que j'aurais la frite ! "par André Remy" La Wallonie, C'EST LA FRANCE "