Bernd Thijs a passé plus de temps qu'il ne le voudrait sur le banc de Trabzonspor, éliminé de la Ligue des Champions et de la Coupe UEFA mais toujours bien classé en championnat.
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Bernd Thijs a passé plus de temps qu'il ne le voudrait sur le banc de Trabzonspor, éliminé de la Ligue des Champions et de la Coupe UEFA mais toujours bien classé en championnat. Bernd Thijs : J'ai disputé huit matches, jusqu'à notre nul 1-1 contre Ankaraspor. Tout le monde a mal joué. La semaine suivante, à tous les entraînements, j'étais dans l'équipe titulaire puis j'en ai été éjecté. L'entraîneur avait mitonné une autre tactique. Nous avons été battus et j'ai cru que j'allais être repris mais non. Une fois, en début de saison, j'ai demandé pourquoi j'étais écarté mais l'explication a été tellement ridicule que j'ai décidé de ne plus rien demander. Samedi, l'entraîneur a démissionné. Nul ne comprend pourquoi, même si on pense qu'il va rejoindre le Besiktas, où Vicente Del Bosque a la vie dure, après un mauvais début de saison. Je trouve bizarre de quitter un club qui est deuxième ou troisième à la trêve. Après le match, il s'est adressé à nous dans le vestiaire : - J'ai le sentiment de ne plus rien vous apporter. Nous nous sommes demandé ce qu'il racontait. Le président et la direction n'ont pas accepté sa décision mais n'ont pu le retenir. Le 12 décembre, il y a l'élection pour la présidence du club. On va sans doute attendre les résultats du scrutin pour engager un entraîneur. Je n'en sais rien. Je préfère évidemment jouer. Il faut voir qui sera le nouvel entraîneur. On cite Winfried Schäfer et Senol Gunes, l'entraîneur de la Turquie lors de la Coupe du Monde au Japon. J'espère que ce sera un Européen car les entraîneurs turcs se ressemblent tous. Il y a un monde de différence entre les coaches européens et turcs. Les Turcs ont un autre regard sur le football. Parfois, ils remplacent un bon joueur après un quart d'heure ou une demi-heure de jeu. Je ne les trouve pas si bons tactiquement. Ils aiment aligner des costauds, avec une bonne organisation et misent sur des éléments techniques devant pour faire la différence. Ils évoluent souvent en 3-5-2, parfois en 4-4-2. Mais si la formule ne marche pas, ils n'ont aucune alternative. Enfin, ça n'a pas l'air si important que ça. Les trois formations dirigées par un étranger, Christoph Daum, Del Bosque et Gheorghe Hagi, tentent de mieux jouer à partir d'un système plus flexible, au lieu de se confiner à la défense. Je n'ai pas eu l'impression qu'on trouve ça si grave ici. Seul le championnat semble compter : les supporters ne parlent que du titre national. Bilbao était une des équipes les plus fortes que nous puissions tirer au sort mais en un quart d'heure, nous avons galvaudé un avantage de trois buts. C'est regrettable. Nous avons sombré aussi bêtement face à Kiev. Il faudrait se poser des questions. En effet, c'est étrange. Mais quand nous menons 1-0, nous nous imposons généralement. Par contre, si nous sommes menés, notre système de jeu nous handicape. Nous ne parvenons pas à passer à l'offensive. L'ambiance était fantastique contre Fenerbahçe, notre rival. On m'a dit que dans les années 90, Trabzonspor avait un point d'avance sur Fenerbahçe dans la lutte pour le titre et il paraîtrait que, suite à la victoire de celui-ci, des supporters se sont suicidés. Cette fois, pendant le match, l'atmosphère était excellente : une heure avant le coup d'envoi, les tribunes étaient combles, les gens chantaient et dansaient.