Le grand public ne connaît pas toujours ce statut octroyé par la Défense : de quoi s'agit-il ?
...

Le grand public ne connaît pas toujours ce statut octroyé par la Défense : de quoi s'agit-il ? C'est un principe qui existe depuis 2004. N'importe qui n'y a pas droit. Il faut figurer dans le top 8 européen ou top 12 mondial de sa discipline. L'athlète doit passer les mêmes examens qu'un militaire et suivre une formation de dix semaines à Arlon : maniement des armes, lecture de cartes, expéditions sous tente, ... Il lui faut aussi maîtriser les règlements, les données typiquement militaires, etc. Après ce laps de temps, les recrues sont censées intégrer leur unité. Les sportifs, eux, vont disposer de temps pour s'entraîner, préparer leurs échéances et participer à leurs compétitions. C'est un rapport " win-win " : la Défense montre qu'elle soutient le sport et les athlètes font la promotion de l'armée, tout en encourageant la pratique du sport dans leur unité. Les judokas Toma Nikiforov et Loïs Petit, par exemple, sont affectés à l'École royale militaire à Bruxelles, dans la section sport. Leur seule obligation : prester quatre heures par semaine. Soit ils participent à des activités proposées aux militaires, soit ils accomplissent du travail administratif. Chaque année, les sportifs sont soumis à une évaluation. Une commission composée de militaires, de représentants de l'ADEPS, du COIB et de Sport Vlaanderen détermine si l'athlète a satisfait ou non aux critères. Si ce n'est pas le cas, il perd son statut et il peut alors, s'il le désire, postuler pour un job au sein de l'armée : cuisinier, soldat assurant la sécurité dans les rues ou effectuant des missions à l'étranger, professeur de sport, etc. Idem à la fin de sa carrière sportive. Sur les 70 sportifs d'élite recrutés depuis 2004, environ moitié est restée militaire. Et de quoi vous occupez-vous concrètement ? Je travaille avec deux adjoints. Nous gérons les sportifs d'élite et les équipes nationales militaires. Nous sommes en contact avec les Fédérations, le COIB, nous gérons les dossiers d'évaluation, nous assistons aux réunions, etc. En outre, vu mon bagage médiatique, j'essaie de faire connaître les athlètes. Le public n'est pas toujours au courant que Nikiforov est militaire. Même au sein de l'armée, certains l'ignorent !