Au Standard, on a sans aucun doute sursauté en apprenant que Christian Benteke avait été transféré d'Aston Villa à Liverpool pour 46,4 millions d'euros. Une fameuse somme pour un attaquant qui, en trois passages au Standard, n'avait jamais réussi à gagner ses galons de titulaires. A cette époque, Benteke ne brillait pas particulièrement par son ardeur au travail. Il était un électron libre sur lequel aucun entraîneur n'avait de prise. On reconnaît les grands entraîneurs à leur capacité à déceler les talents et à les exploiter. Mais, au Standard, personne ne croyait en Benteke, qu'on a laissé partir à Genk pour un million et demi.
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Au Standard, on a sans aucun doute sursauté en apprenant que Christian Benteke avait été transféré d'Aston Villa à Liverpool pour 46,4 millions d'euros. Une fameuse somme pour un attaquant qui, en trois passages au Standard, n'avait jamais réussi à gagner ses galons de titulaires. A cette époque, Benteke ne brillait pas particulièrement par son ardeur au travail. Il était un électron libre sur lequel aucun entraîneur n'avait de prise. On reconnaît les grands entraîneurs à leur capacité à déceler les talents et à les exploiter. Mais, au Standard, personne ne croyait en Benteke, qu'on a laissé partir à Genk pour un million et demi. L'ancien directeur du Racing, Dirk Degraen, s'est frotté les mains en réalisant ce transfert. En interne, il parlait de Benteke comme d'un attaquant ayant le potentiel pour jouer dans un club de pointe. Certains n'ont pu s'empêcher de rigoler en entendant ce jugement, Même les managers, qui ont pourtant le flair pour réaliser de bonnes affaires, se sont demandé si Degraen n'était pas tombé sur la tête. Le staff technique, lui-même, se posait des questions. C'est typique de la carrière de Benteke : pendant des années, il s'est heurté à un mur d'incompréhensions. Pour, ensuite, exploser complètement en Angleterre. Sur et en dehors du terrain, car la nonchalance d'autrefois a fait place au sérieux et au professionnalisme. Christian Benteke est devenu le joueur belge le plus cher de l'histoire. Il n'est pas impossible qu'il soit bientôt supplanté par Kevin De Bruyne pour qui Manchester City est prêt à débourser 60 millions. On touche là aux sommes absurdes actuellement payées en Angleterre. La vente des droits télés confère aux clubs des moyens illimités. Même la lanterne rouge, Queens Park Rangers, a encore perçu 90 millions d'euros en droits télés. Cela représente 35 % du budget de la totalité des 16 clubs belges de D1. Un contrat insensé, qui prendra effet à partir de 2016, a déjà été signé avec SkySport et BTSport pour une somme de 6,9 milliards d'euros. Chaque club percevra alors en moyenne 158 millions d'euros. Plus que jamais, l'Angleterre devient la Terre Promise. Et un lieu de travail pour un nombre sans cesse croissant de footballeurs belges. Ceux-ci seront suivis, de plus en plus tôt, par les agents de joueurs. Car la Belgique a acquis la réputation d'être un vivier de jeunes talents. Le développement de tous ces footballeurs s'en trouvera encore accéléré. La génération actuelle de Diables Rouges a progressé à l'étranger. Seul Steven Defour a stagné. Une carrière peut s'envoler instantanément, comme le démontre De Bruyne, élu Footballeur Allemand de l'Année à une écrasante majorité. Sa première expérience en Angleterre n'avait pourtant pas été couronnée de succès. Alors que les clubs anglais semblent avoir perdu tout sens des réalités, la Jupiler League a pris son envol. Les clubs de pointe éprouvent encore des difficultés à trouver leurs marques. A La Gantoise, Hein Vanhaezebrouck n'est pas loin de penser qu'il lui faudra tout recommencer de zéro, après une faible prestation à Westerlo. Besnik Hasi a déclaré que son équipe était très faible mentalement. En début de championnat, cela semble aussi curieux que la constatation faite par Michel Preud'homme : après la défaite au Stayen, il a reproché à ses joueurs d'avoir oublié que, pour prendre des points, il fallait se montrer rusé et agressif dans les duels. C'est un message que Preud'homme, qui fut lui-même un exemple de travail et d'abnégation tout au long de sa carrière, a déjà souvent essayé de faire passer. Les faux-pas des prétendus grands ont permis à d'autres clubs de se mettre en évidence durant la journée d'ouverture : Saint-Trond, avec beaucoup de joueurs dépourvus de la moindre expérience en D1, qui a fait chuter un candidat avoué au titre ; Courtrai s'est défait d'un Standard encore en pleine phase d'expérimentation ; et surtout, Ostende a pratiqué du très bon football face à un Club Malinois pourtant méritant et a marqué trois fois grâce à une reconversion offensive ultra-rapide. On peut se poser plein de questions sur le club côtier, mais force est de constater que le football vit au littoral. Heureusement, Yves Vanderhaeghe garde les pieds sur terre : lors de la conférence de presse d'après-match, il n'a pas manqué de souligner les défauts de son équipe. Vanderhaeghe continue d'apporter une bouffée d'air frais dans le petit monde du football : un entraîneur qui travaille dur mais ne se lance jamais de fleurs. PAR JACQUES SYSUne faiblesse mentale à Anderlecht ? Comment est-ce possible ?