LA STAR : RUI COSTA

Le retour de Rui Costa (34 ans) à Benfica, c'était un peu le monstre du Loch Ness : on en parlait chaque saison mais le club à la vareuse frappée de l'aigle arrivait toujours trop tard. Soit il n'avait pas les moyens financiers de se payer l'ex-meneur de jeu de la sélection, soit celui-ci désirait rester une saison de plus en Italie, où il a passé 12 ans de sa carrière à la Fiorentina (7) et à l'AC Milan (5). Les dernières saisons, cependant, son temps de jeu s'était considérablement réduit et, même s'il aurait souhaité le conserver pour le professionnalisme dont il a toujours fait pre...

Le retour de Rui Costa (34 ans) à Benfica, c'était un peu le monstre du Loch Ness : on en parlait chaque saison mais le club à la vareuse frappée de l'aigle arrivait toujours trop tard. Soit il n'avait pas les moyens financiers de se payer l'ex-meneur de jeu de la sélection, soit celui-ci désirait rester une saison de plus en Italie, où il a passé 12 ans de sa carrière à la Fiorentina (7) et à l'AC Milan (5). Les dernières saisons, cependant, son temps de jeu s'était considérablement réduit et, même s'il aurait souhaité le conserver pour le professionnalisme dont il a toujours fait preuve, Carlo Ancelotti accepta de le libérer. Parce qu'il était fini, à 34 ans ? Pas à en croire ce qu'il a montré depuis son retour, en tout cas. Car, alors même que les internationaux étaient toujours en vacances, Rui Costa (il a mis fin à sa carrière internationale après l'EURO 2004 et compte 94 sélections) a immédiatement tenu à démontrer aux nombreux supporters qui l'avaient accueilli comme un roi que sa condition physique était toujours au point et qu'il pouvait toujours se montrer aussi décisif. Il le fut notamment dans ce que tout Benfica considérait comme le duel de la saison : le troisième tour préliminaire de la Ligue des Champions face à l'Austria Vienne. Au retour, à Lisbonne, c'est lui qui inscrivit le premier but. " Je n'aurais jamais accepté de revenir dans ce club si je n'avais pas senti que j'étais capable d'encore lui apporter quelque chose ", dit celui qui retrouva immédiatement son numéro 10. Mais s'il peut marquer (26 buts en équipe nationale, ce qui le place juste derrière Pauleta, Eusébio et Figo), Rui Costa reste avant tout le roi de la passe décisive. Son retour doit permettre à Nuno Gomes de devenir un attaquant plus complet encore, capable de marquer non seulement sur des centres mais aussi sur des services en profondeur. Il y va non seulement de l'intérêt du club mais de toute la nation car Nuno Gomes est appelé à succéder à Pauleta en sélection. Après avoir fait appel à des entraîneurs étrangers qui lui rendirent pas mal de crédit ( Camacho et Koeman), Benfica a, cette fois, décidé de rapatrier Fernando Santos de Grèce. Dès son arrivée, celui-ci a voulu appliquer sa formule en 4-4-2. Ce qui a engendré une énorme confusion, tant les résultats d'avant-saison étaient mauvais et le style de jeu, insipide. Il est vrai que Santos ne pouvait plus compter sur Geovanni, parti à Cruzeiro, ni, surtout, sur Simão Sabrosa, en plein flirt avec Valence. Mais Benfica prenait l'eau de partout : aucun des trois gardiens ne se montrait à la hauteur et les espaces entre les lignes étaient énormes, tant en possession de balle qu'en reconversion défensive. De quoi poser des problèmes à une défense déjà très lourde par essence. Après une défaite à l'AEK Athènes et une réunion de crise avec le manager du club, Santos changea son fusil d'épaule et en revint au 4-3-3. Il lui reste à gérer un noyau assez riche sur le plan offensif avec Nuno Gomes, Simão, Miccoli, Fonseca, Mantorras et les jeunes Manu et Paulo Jorge.