Benfica est l'Anderlecht du Portugal : un tout premier titre national dans une autre vie (1936), trois étoiles sur le maillot, des victoires européennes il y a (quand même) plus ou moins longtemps. Là-bas, Benfica est le club le plus populaire du pays, comme le Sporting chez nous. Dans un championnat qui, comme le nôtre, n'a plus les moyens financiers suffisants pour rivaliser avec les très grandes puissances. Autre point commun : Benfica vient de reconquérir le titre après avoir dû laisser un peu de pain aux autres -il n'avait plus été sacré depui...

Benfica est l'Anderlecht du Portugal : un tout premier titre national dans une autre vie (1936), trois étoiles sur le maillot, des victoires européennes il y a (quand même) plus ou moins longtemps. Là-bas, Benfica est le club le plus populaire du pays, comme le Sporting chez nous. Dans un championnat qui, comme le nôtre, n'a plus les moyens financiers suffisants pour rivaliser avec les très grandes puissances. Autre point commun : Benfica vient de reconquérir le titre après avoir dû laisser un peu de pain aux autres -il n'avait plus été sacré depuis 2005. Le succès des Lisboètes n'est pas une surprise. On savait depuis plusieurs mois qu'ils allaient triompher, restait à connaître la date de la fête. Finalement, ils ont dû attendre l'ultime journée, le week-end dernier. En tête depuis la 20e des 30 journées, Benfica a écarté Rio Ave et termine avec cinq points d'avance sur Braga, qui n'avait jamais fait mieux que quatrième en championnat. Ce succès est aussi celui d'un coach qui faisait encore beaucoup parler les sceptiques il y a quelques mois : Jorge Jesus. Il était arrivé durant l'été 2009 et les suiveurs du foot portugais mettaient en avant son palmarès vierge. Mais la sauce a vite pris et le bilan de son équipe est impressionnant : 24 victoires, quatre nuls, deux défaites (à Braga et à Porto) et une différence de buts historique (78-20). Benfica n'a pas seulement l'attaque la plus prolifique et la défense la plus imperméable, l'équipe compte aussi dans ses rangs le meilleur buteur de cette saison : le Paraguayen Oscar Cardozo (26 goals). Autre consécration du cru 2009-2010 : la victoire en Coupe de la Ligue via une raclée infligée à Porto (3-0). Il y a aussi eu un très joli parcours en UEFA Ligue, avec une élimination en quarts de finale seulement face à Liverpool. Seule ombre au tableau de cette campagne : une sortie de la Coupe du Portugal dès les seizièmes de finale, face à Vitoria Guimaraes. Le grand battu de la saison est le FC Porto, qui ne termine que troisième après avoir enchaîné trois titres consécutifs. Ce club ne sera pas présent en Ligue des Champions la saison prochaine : une première depuis 2003. Porto a longtemps espéré pouvoir se consoler avec la première place du classement des buteurs, mais là aussi, ce fut finalement un échec puisque son attaquant colombien Radamel Falcao a marqué une fois de moins que Cardozo. Depuis Madrid, Cristiano Ronaldo a salué le beau parcours de Benfica. Il a déclaré que ce titre était mérité, même s'il aurait souhaité un sacre de Braga. Une façon de rappeler qu'il vient du Sporting Lisbonne (seulement quatrième) et que la rivalité entre les voisins est toujours bien vivante. Leixoes et Belenenses quittent la D1 tandis que Beira Mar et Portimonense montent. PIERRE DANVOYE