A l'arrivée de l'Iron Man d'Hawaï, Kathleen Smet a brandi la photo de son père, décédé en montagne l'été dernier. La championne du monde en titre, âgée de 35 ans, a signé des adieux empreints d'émotion à la compétition. Quel étrange clin d'£il du destin que la mort de son père et entraîneur, peu avant l'arrêt programmé de sa carrière sportive... Passionné de course à pied, il a incité la petite Kathleen à pratiquer la natation. Elle n'avait que 17 ans quand elle a couru son premier semi marathon, aux côtés de son père. Les rôles se sont ensuite inversés : le père a suivi et entraîné sa fille, avec le succès qu'on sait.
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A l'arrivée de l'Iron Man d'Hawaï, Kathleen Smet a brandi la photo de son père, décédé en montagne l'été dernier. La championne du monde en titre, âgée de 35 ans, a signé des adieux empreints d'émotion à la compétition. Quel étrange clin d'£il du destin que la mort de son père et entraîneur, peu avant l'arrêt programmé de sa carrière sportive... Passionné de course à pied, il a incité la petite Kathleen à pratiquer la natation. Elle n'avait que 17 ans quand elle a couru son premier semi marathon, aux côtés de son père. Les rôles se sont ensuite inversés : le père a suivi et entraîné sa fille, avec le succès qu'on sait. Kathleen Smet n'était guère sortie de son bassin de natation avant 1994. En catégories d'âge, elle rivalisait avec Ingrid Lempereur, médaille de bronze aux JO de 1984. En 1993, elle a partagé un podium avec Brigitte Becue. Un an plus tard, à la faveur d'un forfait, elle était sélectionnée pour le triathlon des Universiades. Elle comprit qu'elle avait un avenir dans le quart de triathlon, qu'elle combina dans un premier temps avec la natation. " Sortir la première de l'eau, parfois même en devançant beaucoup d'hommes, me dopait mentalement. Par contre, j'étais médiocre en course. Durant l'hiver 2000, j'ai participé à de nombreux cross. En gommant cette faiblesse, j'ai remporté mon premier titre européen quelques mois plus tard ". Dotée d'une volonté de fer, la triathlète est également fine tacticienne. Ainsi, elle a souvent choisi ses épreuves en fonction du parcours cycliste. Bonne grimpeuse, elle privilégiait les tracés les plus éprouvants. Kathleen a connu des hauts et des bas. Elle ne les éclipse pas. Si elle est satisfaite de sa quatrième place aux Jeux d'Athènes, elle conserve un souvenir amer de Sydney (16e) : " J'étais en pleine forme puis, deux semaines avant mon triathlon, j'ai chuté à vélo. Je suis tombée sur le visage. Je n'étais plus que plaies. Vous pouvez imaginer à quel point cela m'a handicapée dans l'eau salée. Après la natation, je savais que je pouvais remiser tout espoir de médaille ". Entre ces deux JO, au Championnat du Monde de full triathlon à Nice, en 2002, elle remporta l'argent. Elle se frotta aussi à l'Iron Man : " Les longues distances sont moins tactiques, surtout en cyclisme, où le règlement permet de rouler en groupe. Un Iron Man représente avant tout une lutte contre soi-même ". L'été dernier, au Danemark, à Fredericia, Kathleen a atteint l'apogée de sa carrière : elle a été sacrée championne du monde du long triathlon. N'était-ce pas normal, compte tenu de son palmarès ? Pas vraiment. " Il y a une marge énorme entre le Championnat d'Europe et le Mondial car le triathlon est une affaire américano-australienne ". De son bureau à la Fédération flamande de triathlon et de duathlon, ses pensées doivent s'évader vers sa dense carrière. Son poste de coordinatrice des sportifs de haut niveau s'inscrit dans la logique de son engagement. Kathleen a toujours assumé ses responsabilités, défendu ses idées. Ainsi, elle a toujours cru en l'innocence de Rutger Beke, son compagnon d'entraînement, quand il a été accusé de dopage à l'EPO : " Nous étions encadrés par les mêmes personnes. Nous étions partis en stage ensemble quand l'affaire Filip Meirhaeghe a éclaté. Nous en avions discuté. Rutger avait condamné le recours au dopage mais admirait le courage de Filip, qui avait reconnu ses torts. Quand Rutger a nié, je l'ai cru, avant même que les expertises ne lui donnent raison ". En août dernier, elle a également été élue au conseil d'administration de l'Union Européenne de Triathlon et s'est lancée dans sa reconversion avec l'enthousiasme qui la caractérise : " Mais je participerai encore à certaines courses comme amateur, même si ce ne sera pas pour le seul plaisir de participer... Mais je souhaite consacrer ma vie à d'autres choses et je ne voulais pas faire la saison de trop ". MATTHIAS STOCKMANS" Sortir de l'eau devant beaucoup d'hommes me dopait mentalement "