Votre retour en Belgique n'est pas trop pénible?

Johan Walem (30 ans): Les premiers mois ont été agités, le temps que nous nous installions, retrouvions nos marques. Moi aussi, j'ai dû me réhabituer au climat et à la mentalité belges. Nous vivons maintenant au calme, dans les bois sans être loin de la ville. C'est l'idéal car j'aime refermer le chapitre football quand je rentre. Mon retour me comble sur le plan privé: je vois désormais ma fille, Ophélie, âgée de six ans, un week-end sur deux. Avant, je devais prendre un avion d'Italie. J'ai vécu trois ans sans elle. Ce fut dur. Toutefois, nous avons franchi un cap: nous pallions le peu de temps passé ensemble par l'intensité de ces moments.
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Johan Walem (30 ans): Les premiers mois ont été agités, le temps que nous nous installions, retrouvions nos marques. Moi aussi, j'ai dû me réhabituer au climat et à la mentalité belges. Nous vivons maintenant au calme, dans les bois sans être loin de la ville. C'est l'idéal car j'aime refermer le chapitre football quand je rentre. Mon retour me comble sur le plan privé: je vois désormais ma fille, Ophélie, âgée de six ans, un week-end sur deux. Avant, je devais prendre un avion d'Italie. J'ai vécu trois ans sans elle. Ce fut dur. Toutefois, nous avons franchi un cap: nous pallions le peu de temps passé ensemble par l'intensité de ces moments. Oui, du petit déjeuner aux heures des repas. Là, le matin, on descend prendre le café sur la place. Tout le monde se retrouve pour le petit-déjeuner, par exemple. A la Noël, nous avons passé cinq jours à Udine. Nous n'avons pas arrêté une minute. La famille est importante mais les amis aussi. Ceci dit, si le football a changé, les Belges pas. Erika et moi dialoguons beaucoup. C'est important. Nous conservons beaucoup d'attaches en Italie, elles ne sont pas éphémères.Erika et moi parlons italien entre nous. J'ai fait des humanités sciences-langues. J'avais 18 heures de langues au total. Pas d'italien mais je l'ai appris rapidement. Au début, je ne trouvais même plus mes mots en français, quans je parlais à mes parents! Je ne tiens pas en place. Je pratique aussi le tennis. Ma blessure à la cheville m'a contraint à l'inaction. C'est difficile à supporter. En plus, on mesure à quel point on est peu de chose. On perd contact avec le groupe et il faut du temps pour revenir, surtout que le football belge est devenu très physique en quatre ans.Nous aimons nous promener. Il y a des gens de tous horizons dans le quartier. Nous sommes allés dans les bois avec nos voisins. Nous avons marché une heure et demie. Nous découvrons beaucoup de choses. Nous sommes proches des Ardennes, aussi. Il y a moins de mises au vert en Belgique qu'en Italie. J'ai passé deux de mes trois derniers mois à l'Udinese en retraite parce que l'équipe était en mauvaise posture. Cela m'a fait réfléchir parce que, personnellement, je préfère préparer mes matches chez moi, tranquillement .Nous aimons le cinéma, les thermes, que nous avons découverts ici, la musique. De tout. La bella musica, pas le hard-rock! En auto, à la maison, j'en écoute. J'apprécie aussi un beau film. Canale 5, la chaîne italienne, propose des jeux intéressants. Je regarde aussi les informations, sportives ou autres mais je n'aime pas la politique, ici ou ailleurs. Elle m'énerve. Malheureusemnt, c'est toujours le premier sujet. Ça entre par une oreille et ça sort par l'autre. Je suis les événements importants, comme les attentats du 11 septembre et leurs suites. Ça m'a beaucoup choqué. Je lis, surtout au vert, mais je ne suis pas comme Filip De Wilde. Lui, il lit des briques! Je préfère les magazines aux livres. Elle est optimiste, vivante, moqueuse, amusante. Elle dit ce qu'elle pense, en bien ou en mal. Comme elle le répète: il pleut tout le temps, il faut rire! Oui, à tout, à l'ambiance, aux gens, à beaucoup de choses, et je ne veux pas changer, même si ma sensibilité m'a déjà valu des reproches en football. Je ne ferai jamais le dur. (Il rit) Oui. L'aînée a sept ans et nous avons adopté la seconde à notre retour. Elle n'a que sept mois et elle fait encore des bêtises mais je sais qu'il est inutile de vouloir la dresser avant l'âge d'un an. Nous avions envie d'un second chien. Nous prenons la vie du bon côté. Les animaux en font partie. Erika Bosco (27 ans): Il pleut beaucoup! Par-dessus le marché, je viens de passer trois jours en Italie. Il pleuvait alors qu'il faisait beau ici et il semble que j'ai ramené la pluie! Sinon, les gens sont plus froids. Mes amis sont Italiens ici. Je remarque qu'il y en a deux fois plus à Liège qu'à Bruxelles. D'ailleurs, les deux villes sont très différentes. Johan m'a déjà montré la capitale et nous découvrons Liège ensemble. Oui, j'étais vendeuse dans une boutique de vêtements. Mon travail me passionnait mais il était exigeant: je travaillais sept jours sur sept de septembre à fin décembre, sans compter les périodes de soldes. Heureusement, un dimanche sur deux, Johan était dans l'avion.Pas encore! Nous avons passé trois mois à l'hôtel avant de trouver cette maison. Nous avons été surpris des difficultés rencontrées pour louer ou acheter une villa. Maintenant, nous devons la décorer. Johan et moi avons tout choisi ensemble. Ce sera du design. Les meubles arriveront dans deux mois. Je m'occupe du ménage, puisque je n'ai pas d'emploi. Ensuite, j'aimerais apprendre le français et retrouver du travail.Comme tous les Italiens! Il faut dire qu'Udine est à une demi-heure de la mer et de la montagne. Il est donc tout à fait possible de partir skier pour une journée. J'adore le ski alpin, la descente. J'ai profité de mon mini-trip en Italie pour passer une journée en montagne. J'aime aussi la mer. Ici, je dois aller à la piscine. C'est moins agréable. Je pratique aussi de la musculation, du fitness. C'est très en vogue en Italie. Nous sommes soucieux de notre corps, de notre bien-être. Vous voyez des gens partir travailler en costume, un sac de sport à la main. Ils se rendent à la salle le soir ou sur le temps de midi. Ils avalent un sandwich en vitesse pour pouvoir s'entraîner. Ici, j'ai déjà repéré une salle. Le soir, après une séance de sport, il n'est pas rare qu'on se retrouve à dix chez un copain et qu'on se prépare un grand plat de pâtes.Oui, comme tous mes compatriotes! J'aime les choses un peu spéciales, jeunes.L'art, car je peins et j'envisage d'ailleurs d'acheter des cadres pour décorer la maison de mes peintures. Il s'agit d'oeuvres modernes. Je m'endors souvent devant les films, je lis des romans mais pas des histoires d'amour! Johan et moi sommes souvent devant l'ordinateur, pour correspondre avec nos amis, lire les journaux italiens...Oui... surtout avant de connaître Johan (elle éclate de rire)! Comme les hommes, les femmes s'intéressent au football, chez nous, et elles s'y connaissent. De qui je suis supporter? De Johan Walem! D'Udinese, bien que je ne fréquentais pas le stade à tous les matches. En Italie, les gens ne parlent que de football. C'est une religion. Nous en abordons tous les aspects mais les supporters belges sont plus fanatiques: en Italie, on ne se balade pas avec la vareuse de son club, par exemple. Les supporters du Standard sont très chauds. Ils attendent depuis si longtemps de fêter un titre... Johan le dit souvent: ce serait quelque chose de fantastique pour toute la région, bien au-delà du simple cadre du football. Maintenant, pourquoi j'aimais mieux le foot avant? Disons que j'ai découvert le milieu et puis, je n'aime pas les mises au vert. Il est sensible, gentil, généreux et bellissimo! (Elle rit) Il a appris à se faire respecter, à dire ce qu'il faut au bon moment. La sensibilité peut devenir un défaut. Il lui arrive d'être susceptible. Il se met en tête des choses qui n'existent pas. Il est perfectionniste et boudeur. Parfois, quand il rentre, je n'ai pas le son, s'il est mécontent de l'entraînement ou d'un match, par exemple.Pascale Piérard,