La Belgique devait gagner à Belgrade tout en misant sur un nul entre l'Espagne et la Lituanie pour aborder avec des chances de qualification intactes ses quatre derniers matches éliminatoires sur la route de la prochaine Coupe du Monde. On est loin du compte après les résultats du week-end dernier. Malgré le 0-0 de Belgrade, un bon résultat dans l'absolu, il faudrait à présent un petit miracle pour que les Diables partent en Allemagne dans un peu plus d'un an. Ce point de l'espoir risque de ne pas peser bien lourd dans la balance finale : tout indique que la Serbie & Monténégro et l'Espagne se partageront les deux premières places du groupe 7. Il était écrit que les Belges courraient derrière les événements durant toute la campagne éliminatoire, après avoir bâclé leur tout premier rendez-vous, en septembre 2004, à domicile contre la Lituanie.
...

La Belgique devait gagner à Belgrade tout en misant sur un nul entre l'Espagne et la Lituanie pour aborder avec des chances de qualification intactes ses quatre derniers matches éliminatoires sur la route de la prochaine Coupe du Monde. On est loin du compte après les résultats du week-end dernier. Malgré le 0-0 de Belgrade, un bon résultat dans l'absolu, il faudrait à présent un petit miracle pour que les Diables partent en Allemagne dans un peu plus d'un an. Ce point de l'espoir risque de ne pas peser bien lourd dans la balance finale : tout indique que la Serbie & Monténégro et l'Espagne se partageront les deux premières places du groupe 7. Il était écrit que les Belges courraient derrière les événements durant toute la campagne éliminatoire, après avoir bâclé leur tout premier rendez-vous, en septembre 2004, à domicile contre la Lituanie. Le point pris à Belgrade et le classement actuel du groupe 7 suscitent diverses interrogations. Tentative de réponses. Arracher un nul sur le terrain du leader de sa poule constitue toujours un bon résultat. Surtout si on tient compte du bilan des Serbes & Monténégrins dans ces qualifications : avant de recevoir les Belges, ils n'avaient toujours pas encaissé le moindre but, en 5 matches. Mais il ne faut pas pour autant les considérer comme des épouvantails. La Serbie & Monténégro n'occupe que la 46e place du ranking FIFA (la Belgique est 42e). On avait donc eu tort de présenter ce match comme un déplacement chez des extraterrestres du football mondial. A l'analyse du classement de la FIFA, les Diables devraient d'ailleurs être beaucoup mieux classés dans leur groupe qu'ils ne le sont. En tenant compte des points perdus, ils sont même devancés par la Bosnie-Herzégovine, n'occupent que la cinquième place de la poule et ne laissent que Saint-Marin derrière eux ! L'Espagne est huitième au ranking FIFA, la Belgique 42e, la Serbie & Monténégro 46e, la Bosnie-Herzégovine 81e, la Lituanie 98e et Saint-Marin 162e. Etre aussi mal positionné dans le classement de la poule après six matches, c'est avoir raté une occasion en or de se mettre rapidement à l'abri par rapport à quelques nains du foot mondial. Mais ne rêvons pas trop... Les Belges ont prouvé leurs limites depuis l'ouverture des débats éliminatoires : un nul (Lituanie) et une défaite sans discussion (Serbie & Monténégro) à domicile, ce sont des contre-performances que l'on rattrape difficilement. Un tel rattrapage passe par l'une ou l'autre victoire sur le terrain de concurrents directs, mais les Belges ont raté leur examen face à l'Espagne et n'ont pas su prendre les trois points dans le match capital à Belgrade. Ils ont encore quatre cartes à jouer et il y a trois gros morceaux là-dedans : la Bosnie-Herzégovine (3 septembre) et la Lituanie (12 octobre) en déplacement, l'Espagne (8 octobre) à domicile. Dans le meilleur des cas, octobre sera pour eux le mois du tout ou rien. Dans le pire scénario, tout sera dit dès le début du mois de septembre. La victoire de l'Espagne contre la Lituanie, samedi dernier, a achevé de mettre les Diables dans une position plus que précaire. A partir du moment où on sait qu'un nul ne sera sans doute pas un résultat suffisant, il faut oser tenter le tout pour le tout. Mais en Serbie & Monténégro, on a eu l'impression pendant une heure et demie que les Diables jouaient surtout pour ne pas perdre, pour éviter la raclée qu'on leur avait promise. Il y eut d'un côté un Silvio Proto éblouissant, et de l'autre un Dragoslav Jevric qui passa peut-être la soirée la plus calme de toute sa carrière de gardien. Les Belges n'ont pas cadré un seul envoi : inutile d'en dire plus ! Il y eut bien une occasion 5 étoiles pour Mbo Mpenza qui aurait pu nous permettre de commettre le hold-up parfait, mais notre bilan offensif s'arrête là. En tout cas si on s'en tient à ce qu'on a vu samedi soir. On pourrait résumer ce match en disant que les joueurs à vocation défensive ont presque tous répondu à l'attente, tandis que les Diables à vocation offensive sont passés à côté de leur sujet. Emile Mpenza était craint comme la peste par les Serbes & Monténégrins : dans les journaux, dans les taxis, dans les supporters, il était désigné comme l'arme belge absolue. Mais il n'a pour ainsi dire pas reçu de ballons exploitables. Surtout à cause du manque de tranchant de Thomas Buffel... Pourquoi ne pas avoir osé un tandem Emile-Kevin Vandenbergh, à partir du moment où le joueur de Genk a été l'homme de la fin de saison et nageait en pleine confiance ? Il a prouvé, lors des tests matches contre le Standard, qu'il détenait la forme de sa vie et savait frapper dans n'importe quelle position. Samedi, on n'a jamais eu l'impression que Buffel se sentait prêt à rendre folle la défense adverse. Il paraît émoussé : logique après sa dure saison en Ecosse, mais pourquoi n'avoir pas joué la carte du frais Vandenbergh, voire du déchaîné Luigi Pieroni, qui n'a toujours pas marqué pour les Diables mais fut dangereux lors de toutes ses entrées au jeu ? Buffel n'est sorti pour Pieroni qu'à la 87e minute : trop tard. Et Mbo Mpenza n'a cédé sa place à Kevin Vandenbergh qu'à la 82e. Pourtant, Mbo traînait la patte depuis le début du match. Etonnant ? Non. Il a bouclé à Belgrade une saison qui a été difficile pour lui de bout en bout. Il est passé complètement à côté de sa première année à Anderlecht et on voit mal comment il aurait pu subitement retrouver toutes ses sensations en sélection, dans un match capital. Mais sa titularisation illustre une difficulté ponctuelle de notre football : la place de médian droit pose actuellement problème car les deux principaux candidats à ce poste, Mbo et Jonathan Walasiak, sont dans le trou depuis plusieurs mois. Ce match était le premier gros test grandeur nature pour Silvio Proto. Il l'a négocié avec brio. Toutes les conditions étaient pourtant réunies pour que cette partie tourne mal pour le gardien belge. Proto est blessé au pied depuis plusieurs semaines et a dû recevoir des infiltrations pour jouer les derniers matches de championnat. A 22 ans, il se retrouvait dans une ambiance de feu, très hostile, avec l'assurance d'être bombardé d'un bout à l'autre du match. Tout cela derrière une défense expérimentale. Ajoutons-y que les rumeurs de transfert pourraient faire perdre la tête à un gamin de cet âge. Après Vincent Kompany, Proto serait le deuxième joueur de l'histoire du foot belge à être cité dans presque tous les plus grands clubs européens : Barcelone, Chelsea, Manchester United, Arsenal, PSG, etc. Personne n'est dupe : tous ces clubs n'ont pas fait de Proto une priorité absolue. Mais le petit jeu de son agent, qui s'amuse à faire gonfler les enchères et à mettre la pression sur Anderlecht, ne devrait pas durer éternellement, sous peine de faire quand même perdre la tête au nouveau numéro 1 incontestable des Diables. Sa prestation 5 étoiles de Belgrade lui a fait franchir un nouveau palier : Proto ne peut plus être considéré comme une solution de dépannage en attendant un hypothétique retour au premier plan de Geert De Vlieger. Le vrai titulaire pour l'avenir, désormais, c'est Proto. La Belgique va-t-elle reprendre, avec lui, le fil de sa tradition de grands gardiens de but ? Attendons de voir. Car derrière le Louviérois, c'est le vide ou presque. Le deuxième portier retenu pour Belgrade, Frédéric Herpoel, n'est plus tout jeune et n'a jamais eu la confiance absolue de nos sélectionneurs. Et quand on voit que Jan Van Steenberghe fut retenu comme numéro 3, on ne peut s'empêcher de penser que le niveau général de nos gardiens n'est pas à la hausse. Van Steenberghe a ses mérites, mais il n'aurait jamais joué avec Anderlecht, la saison dernière, si Daniel Zitka et Tristan Peersman ne s'étaient pas emmêlé les pinceaux. La non-sélection d'Eric Deflandre avait étonné. Aimé Anthuenis avait opté pour le duo de backs droits Anthony Vanden Borre-Hans Cornelis. Lancer Vanden Borre dans ce contexte délicat paraissait risqué car ce joueur s'est plus d'une fois troué cette saison dans les matches européens d'Anderlecht. Son premier quart d'heure à Belgrade fut très difficile et l'ombre de Deflandre se mit à planer sur le Maracana. Mais VDB s'est bien repris pour être finalement un des meilleurs Diables. Même si son tempérament de chien fou, que l'on retrouve parfois à des positions qu'il n'est pas du tout censé occuper risque encore de lui jouer des tours. Vanden Borre paraît aussi insouciant et décontracté sur le terrain que dans la vie : ça peut coûter cher. Olivier Deschacht fut une des déceptions individuelles de la soirée de Belgrade û la seule de la ligne arrière. Lui aussi sort d'une saison mi-figue, mi-raisin avec Anderlecht. Philippe Léonard, de son côté, fut constant avec le Standard durant presque toute la saison. Mais il a raté le match le plus important de l'année avec les Rouches : à Genk, une semaine avant le déplacement en Serbie & Monténégro. Il est plus que probable que la prestation cauchemardesque de la défense liégeoise, ce soir-là, a influencé Anthuenis dans sa sélection pour Belgrade. La rumeur rapporte que Léonard a insisté pour jouer à Genk, alors qu'il était légèrement blessé, pour conserver ses chances en vue du match en Serbie & Monténégro : un raisonnement qui s'est finalement retourné contre lui. Le duo central arrière composé de Daniel Van Buyten et Philippe Clement fut excellent. Ce fut peut-être même le meilleur match de Van Buyten avec les Diables. Le géant de Froidchapelle a dominé le trafic aérien. Et Clement fut lui aussi très efficace. On avait pourtant craint le pire après le match à Saint-Marin où deux pions de notre défense type, Vincent Kompany et Peter Van der Heyden, avaient pris des cartes jaunes ridicules et synonymes de suspension pour Belgrade. Il n'y a finalement pas eu de conséquences fâcheuses. Van der Heyden s'est de toute façon occasionné une blessure qui l'a privé des derniers matches de championnat et l'empêchait d'office de jouer en Serbie & Monténégro. Et l'absence de Kompany ne s'est pas fait ressentir. Yves Vanderhaeghe a 35 ans, Roberto Bisconti va sur 31. Quoi qu'il arrive dans les derniers matches éliminatoires, il est clair que Vanderhaeghe vit ses ultimes expériences chez les Diables. Mais ces deux hommes ont prouvé qu'à court terme, on pouvait compter sur eux pour les missions commando. Comme l'a dit Anthuenis, ils ont couru pour quatre à Belgrade. Autant on avait parlé de l'absence de Timmy Simons avant la rencontre, autant on a oublié, après le match, que le Brugeois avait dû renoncer sur blessure. Jusqu'ici, les Diables ont commis deux gros faux pas : la défaite à Bruxelles contre la Serbie & Monténégro n'en est pas vraiment un, dans la mesure où l'adversaire nous était indiscutablement supérieur. C'est plutôt à domicile contre la Lituanie (1-1) et en Espagne que nous avons loupé le coche. Ne pas réussir à prendre la mesure des Lituaniens (pour rappel : 98e au ranking FIFA...) est inconcevable. Et en Espagne, nous avions un beau coup à jouer car l'opposant était à la recherche de son football. L'exclusion de Deflandre pour insulte à l'arbitre, après 29 minutes, a sérieusement compromis nos chances alors que les Belges tenaient le nul. Celle de Bart Goor, après 68 minutes, fut moins préjudiciable sur le moment même car c'était alors 2-0 pour les Espagnols. Mais sa suspension de longue durée pour un crachat ridicule nous a probablement handicapés pour la suite des événements. Offrir le brassard de capitaine au joueur le plus capé, c'est une tradition en équipe belge. Samedi, l'honneur est donc revenu à Emile Mpenza. Pour nous, cet honneur était surtout un cadeau empoisonné. Emile n'a pas la carrure d'un vrai capitaine. Il n'en a pas la personnalité ou le sens des responsabilités. C'est un des joueurs les plus timides du noyau. Et qu'attend-on d'un vrai capitaine ? Qu'il motive, enguirlande, replace ses coéquipiers. Tout cela ne sera jamais la tasse de thé d'Emile. Les meilleurs capitaines sont des gueulards et/ou des crapules. Emile n'est aucun des deux. On verrait plutôt Daniel Van Buyten, Yves Vanderhaeghe ou Roberto Bisconti dans ce rôle. Voire Silvio Proto, qui n'a pas arrêté de conseiller et remonter l'équipe... Le très effacé Emile s'est peut-être senti écrasé par son nouveau statut et cela pourrait expliquer sa prestation très discrète. Dès le tirage au sort des groupes éliminatoires, on savait que les deux rendez-vous les plus délicats à négocier seraient les déplacements en Espagne et en Serbie & Monténégro. La fabrication du calendrier est toujours une épreuve de force dans laquelle les fédérations sont obligées de faire certaines concessions. L'Union Belge a-t-elle été obligée d'accepter le rendez-vous de Belgrade au début du mois de juin ? A-t-on tout fait pour terminer la saison par un match contre un plus petit pays du groupe (Bosnie-Herzégovine ou Saint-Marin) ? Aller défier les Serbes & Monténégrins chez eux à une période où la fatigue (mentale et physique) se mêle à toutes les perturbations de transferts et à l'idée que les vacances sont pour demain, ce n'était pas la meilleure chose. Ça bouge pas mal au sommet de l'Union Belge. Samedi, Karel Vertongen, le patron de la Commission technique, a fait ses adieux aux Diables Rouges. Un autre boss de la fédé, le secrétaire général Jean-Paul Houben, souffre de sérieux problèmes de santé et on ignore s'il reprendra ses activités normales. Et le président, Jan Peeters, se tâte toujours, ne sait pas combien de temps il restera encore en poste. Lui aussi a eu des pépins de santé. La rumeur rapporte que si un candidat président sérieux, crédible et disponible se manifestait, Peeters lui céderait prochainement le relais. A 71 ans, il se tâte. Son contrat expire le 30 juin prochain. Les sombres perspectives promises aux Diables ne le pousseront-elles pas à arrêter les frais dans quelques semaines ? Les main sponsors des Diables Rouges, c'est très important pour la Fédération. Ces sociétés déversent des fortunes dans la caisse de l'Union Belge : 300.000 euros par an ! On en a compté jusqu'à 15, mais trois ont arrêté récemment (les assurances Zelia, Adecco, PlayStation) et une quatrième, Peugeot, cessera également sa collaboration dès 2006, après huit années de partenariat. Ces quatre retraits signifient donc une diminution de 1,2 million du budget de fonctionnement annuel. Enorme ! Du côté de la fédé, on ne s'inquiète pas à l'idée de trouver un remplaçant à Peugeot : d'autres marques automobiles semblent déjà intéressées. Par contre, il sera plus difficile de compenser les autres départs. Si les Diables assurent, en fin d'année, leur qualification pour le Mondial 2006, des candidats sponsors devraient se manifester. Mais une absence en Allemagne serait beaucoup plus délicate à gérer. Pierre Danvoye, envoyé spécial à BelgradeToutes les conditions étaient réunies POUR QUE PROTO PASSE À CôTÉ DE SON MATCH On avait eu tort de présenter ce match comme UN DÉPLACEMENT CHEZ DES EXTRA-TERRESTRES