N ebojsa Pavlovic est arrivé à Gand lors du dernier mercato d'hiver. Quelques mois plus tard, des observateurs comparaient déjà ce pare-chocs défensif à la référence belge de son secteur de jeu : Timmy Simons. Il a rapidement imposé sa taille (1,89m), son calme, sa simplicité et sa force de travail au centre de la ligne médiane gantoise en jouant au démineur pour remettre une grande quantité de ballons sûrs aux techniciens. Il lui arrive aussi de changer d'arme et d'opérer des incursions vers le gardien de but adverse. Car sa stature lui permet d'organiser la DCA devant son gardien de but mais aussi d'émerger dans le ciel adverse. C'est un homme à suivre dans tous les combats aériens.
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N ebojsa Pavlovic est arrivé à Gand lors du dernier mercato d'hiver. Quelques mois plus tard, des observateurs comparaient déjà ce pare-chocs défensif à la référence belge de son secteur de jeu : Timmy Simons. Il a rapidement imposé sa taille (1,89m), son calme, sa simplicité et sa force de travail au centre de la ligne médiane gantoise en jouant au démineur pour remettre une grande quantité de ballons sûrs aux techniciens. Il lui arrive aussi de changer d'arme et d'opérer des incursions vers le gardien de but adverse. Car sa stature lui permet d'organiser la DCA devant son gardien de but mais aussi d'émerger dans le ciel adverse. C'est un homme à suivre dans tous les combats aériens. " Mes amis m'avaient affirmé que le football belge me conviendrait parfaitement ", précise-t-il. " Je n'ai pas tardé à dresser le même constat. A Gand, j'ai découvert une équipe bien organisée. Certains disent parfois que les Buffalos misent trop sur leurs atouts physiques : c'est incomplet. Dès que j'ai fait la connaissance de ce groupe, j'ai bien vu qu'il comptait un joueur d'exception ( Mbark Boussoufa), de très bons techniciens ( Davy De Beule, Christophe Grégoire, Dario Smoje...), du métier ( Frédéric Herpoel, Stephen Laybut, Sandy Martens), un buteur ( Dominic Foley), une promesse ( Nicolas Lombaerts). Le coach est expérimenté et sait souder un groupe. Georges Leekens m'a demandé de ne pas compliquer mon jeu. Il voulait que j'allège le travail de la défense. J'avais six mois pour convaincre et n'ai jamais cherché à épater la galerie. La simplicité paye aussi. Il y avait assez de créatifs autour de moi. Mon job n'est pas ingrat. Le poste de milieu défensif est stratégique. En Belgique, il y a peu d'espaces et les duels sont nombreux. La différence est souvent acquise sur les phases arrêtées. Gand soigne cet aspect du jeu et il y a de la présence dans les airs. J'ai tout de suite trouvé mes marques aux côtes de Wouter Vrancken. Quand il montait, c'était avec la certitude que j'étais là afin d'organiser la reconquête du ballon : c'est vraiment un boulot que j'aime assumer. Boussoufa et Vrancken nous ont quittés en été. Ce n'est pas rien mais je m'entends aussi bien avec Pascal Noukeu qu'avec Vrancken. En pointe, Adekanmi Olufade prouve qu'il a du talent ". Après avoir reçu Roulers et s'être rendu à Beveren, les Flandriens dérouleront le tapis rouge pour Anderlecht et Boussoufa. Le retour du petit artiste fera courir toute la région. Les Buffalos auront bien besoin de leur Timmy Simons et de son football cyrillique afin de contrer l'armada venue de Bruxelles. " Ce n'est à moi de comparer mon jeu à celui de Simons ", avance-t-il. " Je laisse cela aux autres. Notre équipe n'a pas eu de chance et a vécu un début de saison en dents de scie. Les choses sont désormais en place. Gand a les moyens de réaliser un excellent championnat. Boussoufa a forcément laissé un vide chez nous. Notre équipe est différente sur le plan offensif mais je ne me suis pas fait de soucis. Mbark était capable d'ouvrir toutes les portes adverses à chaque instant. C'est un type humble aussi, il mesurait qu'il ne pouvait rien sans toute une organisation collective. Il faisait souvent la différence mais nous avons aussi gagné sans lui. Notre groupe ne se résumait pas à ce phénomène. Nous l'avons prouvé la saison passée et actuellement aussi. Si les autres ne le croient pas, c'est leur problème. Comme la saison passée, il y a de tout dans l'équipe : de la technique, de la discipline et un acquis athlétique. Je retrouve les mêmes tendances. Notre équipe est solidaire et capable de produire du jeu de qualité. Je suis persuadé qu'Anderlecht, Bruges, le Standard et Genk ne sont pas plus forts que nous. Gand l'a déjà prouvé contre les Liégeois. Nous devons viser l'Europe. Ici, chacun connaît son travail et s'y tient sérieusement. Le jeu est différent en Serbie, plus technique ; il y a de l'espace et on presse moins l'adversaire. A Gand, j'ai vite compris qu'on ne chipote pas trop avec le ballon : il faut être concret ". Gand a des tas de projets pour l'avenir et le président Ivan De Witte est le TGV financier des Buffalos. " Je suis heureux de vivre l'aventure de ce club ", assure Pavlovic. " Gand a entamé la construction d'un nouveau stade qui symbolisera son ambition. Et j'ai été bien reçu par tout le monde. Je me sens très bien dans cette région et je n'ai pas eu de problème d'adaptation. Après avoir vécu à Deinze, je me suis installé avec mon épouse, Dragana, à Melle. Je n'ai pas encore eu le temps de découvrir Bruges ou d'aller à la mer. Quand j'ai envie de manger un plat serbe, je connais quand même un ou deux bons restaurants. En fait, le football occupe vraiment tout mon temps. Avant de découvrir le pays, je veux réussir. Pour cela, il faut travailler, être concentré. Je n'avais jamais quitté la Serbie. Même si cela n'a pas posé de problèmes, j'ai dû m'adapter à mon nouveau mode de vie. Si les miens me manquent, je n'ai pas le mal du pays. J'attendais une offre de l'étranger et je savais qu'un départ entraînerait forcément des sacrifices. En Serbie, chaque famille croyante a un saint protecteur. En ce qui concerne les miens, ils fêtent la Saint-Georges le 6 mai. Cette tradition familiale et religieuse s'appelle la slava. Ce jour-là, je suis plus nostalgique et je songe forcément à ma famille qui fait la fête ". PIERRE BILIC