COACH ROBERTO MARTINEZ (ESP)

La principale surprise de votre sélection est l'absence de Radja Nainggolan. C'était une décision difficile à prendre ?

ROBERTO MARTINEZ : Certainement. Radja est un grand joueur mais sur base de ce que j'ai vu en deux ans, je ne pouvais pas lui confier en équipe nationale le rôle qu'il a à l'AS Rome. J'ai essayé Radja à plusieurs positions - 6, 8 et 10. C'est en profondeur qu'il était le plus performant mais cela supposait que je modifie tout notre système.

Vous commencez contre le Panama, enchaînez avec la Tunisie et l'Angleterre : c'est un bon tirage ?

MARTINEZ : Je serai content si nous jouons bien et gagnons. Préparer la Coupe du Monde en Belgique était positif. Beaucoup de footballeurs jouent en Angleterre et n'ont pas eu de vacances. Ils avaient besoin d'un break pour retrouver leur appétit du football. Sinon, ils auraient subi les événements. Vous vous souvenez de Gand-Tottenham ? On a vu la différence entre une équipe ambitieuse et une qui se contentait de jouer... De ce point de vue, le match contre l'Angleterre sera intéressant : les conditions seront similaires. Comment va-t-elle se débrouiller ? Notre match contre l'Arabie saoudite en mars est comparable à ce qui nous attend contre la Tunisie et le Panama en matière d'émotions : ces équipes n'ont rien à perdre et peuvent entrer dans l'histoire.

Micy Batshuayi, BELGA
Micy Batshuayi © BELGA

En quatre ans, Kompany a gagné plus de titres, comme De Bruyne, Hazard, Courtois, Meunier, Vermaelen...

MARTINEZ : C'est essentiel. Celui qui est champion a dû surmonter des contre-coups. Nous devons insuffler cet état d'esprit et la solidarité à l'équipe. Certains pays forment leur équipe autour d'un club : l'Italie (Juventus), l'Espagne (Barcelone) ou l'Allemagne (Bayern). On peut aussi avoir des individus d'exception répartis dans différents clubs et en faire une équipe, comme nous.

Les Diables Rouges ne sont-ils donc pas encore une équipe ?

MARTINEZ : Une très bonne, quand elle a le ballon. Elle doit être plus homogène en défense, mieux savoir ce qu'elle doit faire. Elle doit apprendre à gérer les contre-coups en groupe. Pendant un tournoi, il faut que chacun encourage les autres. Nous voulons introduire cette culture, sans commettre l'erreur de ne nous focaliser que sur le onze de base.

La Belgique ne dépend-elle pas trop d'actions individuelles ?

MARTINEZ : Nous sommes très bons en la matière en groupe. Il faut savoir ce qu'un autre va faire avec le ballon et anticiper sans même devoir réfléchir. Pour ça, il faut bien se connaître. La synchronisation en perte de balle est perfectible. Ces deux dernières années, j'ai beaucoup appris sur ce que les joueurs pouvaient apporter, quels étaient leurs partenaires idéaux et nous avons été très souples sur le plan tactique. Ce groupe peut procéder avec trois défenseurs comme avec quatre. Voire cinq s'il le faut.

Christian Benteke, BELGA
Christian Benteke © BELGA

VU DU PAYS : Philippe Albert

Ex-Diable Rouge (41 sélections, 5 buts)

" L'équipe nationale belge n'a pas de véritable faiblesse. Par contre, une grosse question reste en suspens : quel est le véritable niveau physique de plusieurs joueurs comme Vermaelen, Chadli, Batshuayi, etc. qui n'ont pas beaucoup joué ces derniers temps pour cause de blessures ? Aussi, quel est le véritable niveau de notre flanc gauche, Yannick Carrasco, qui devra prouver qu'il est toujours le joueur qu'on a connu à l'Atlético Madrid. Cette fois, les matches amicaux auront une importance capitale pour être prêt le jour J. Mais la Belgique ne doit craindre personne, elle dispose d'un axe, Courtois- Kompany- DeBruyne- Hazard- Lukaku, incomparable. Plusieurs joueurs issus de cette magnifique génération vont disputer leur dernier tournoi en Russie. Il ne faudra surtout pas forcer son jeu ou se mettre trop de pression, mais je reste persuadé que nos Diables sont assez matures pour aborder cette Coupe du Monde de la meilleure des façons. On pourra parler de tournoi réussi avec un quart de finale, même si on est nombreux à rêver d'aller au bout car la Belgique ne doit avoir peur de personne. "

Vincent Kompany, BELGA
Vincent Kompany © BELGA

L'ÉTOILE MONTANTE : Micy Batshuayi

Il espérait être de la partie en 2014, il y sera finalement quatre ans plus tard. Et pourtant, tout ne fut pas rose. Michy Batshuayi a connu une saison 2016-17 difficile avec Chelsea où il n'était que rarement titulaire. Son but inscrit sur le terrain de Leicester qui donna le titre aux Blues devait le lancer. Mais Antonio Conte en décida autrement ; préférant Morata puis Giroud. L'attaquant de 24 ans n'avait d'autre option que de tenter sa chance ailleurs. Après la Pro League avec le Standard, la Ligue 1 avec Marseille, et la Premier League, Batsman découvre la Bundesliga avec Dortmund sous forme d'un prêt. Deux jours après son arrivée dans la Ruhr, Michy plante deux buts sur le terrain de Cologne et en inscrit encore 5 autres avant d'être brisé dans son élan sur le terrain de Schalke. Aujourd'hui, cette blessure à la cheville semble être un lointain souvenir. Michy veut apporter sa vivacité dans les petits espaces et son sens du but. Son association avec Lukaku et ce but lors de la victoire face à l'Arabie Saoudite (4-0) prouvent que Batsman devrait être davantage qu'un n°2.

Romelu Lukaku, BELGA
Romelu Lukaku © BELGA

BON À SAVOIR 43 BUTS

Avec 43 buts en dix rencontres de qualification, la Belgique est, avec l'Allemagne, l'équipe européenne la plus prolifique de la campagne de qualification.

Face à Gibraltar (victoire 0-6), Christian Benteke a inscrit le but le plus rapide de l'histoire de la Coupe du Monde (phases finales et qualifications comprises) en ouvrant le score après seulement 7 secondes.

INDÉBOULONNABLES

Jan Vertonghen et Thibaut Courtois sont les deux seuls joueurs du noyau à avoir disputé l'intégralité des rencontres de qualification.

Vincent Kompany est le joueur le plus ancien à avoir joué un match avec les Diables. Sa première sélection remonte au 18 février 2004 face à la France. Marouane Fellaini est le deuxième plus ancien avec une première sélection le 7 février 2007 face à la République tchèque.

Avec onze buts en huit rencontres, Romelu Lukaku est le troisième meilleur buteur européen des qualifications derrière Robert Lewandowski (16) et Cristiano Ronaldo (15).

COACH ROBERTO MARTINEZ (ESP)

44 ans ? Un choix surprenant de la fédération en 2016 ? L'Espagnol a conduit Swansea au titre en D3 dès sa première saison, il a gagné la Cup avec Wigan Athletic mais a ensuite été relégué de Premier League (2013) et Everton l'a renvoyé après 3 saisons.

La principale surprise de votre sélection est l'absence de Radja Nainggolan. C'était une décision difficile à prendre ? ROBERTO MARTINEZ : Certainement. Radja est un grand joueur mais sur base de ce que j'ai vu en deux ans, je ne pouvais pas lui confier en équipe nationale le rôle qu'il a à l'AS Rome. J'ai essayé Radja à plusieurs positions - 6, 8 et 10. C'est en profondeur qu'il était le plus performant mais cela supposait que je modifie tout notre système. Vous commencez contre le Panama, enchaînez avec la Tunisie et l'Angleterre : c'est un bon tirage ? MARTINEZ : Je serai content si nous jouons bien et gagnons. Préparer la Coupe du Monde en Belgique était positif. Beaucoup de footballeurs jouent en Angleterre et n'ont pas eu de vacances. Ils avaient besoin d'un break pour retrouver leur appétit du football. Sinon, ils auraient subi les événements. Vous vous souvenez de Gand-Tottenham ? On a vu la différence entre une équipe ambitieuse et une qui se contentait de jouer... De ce point de vue, le match contre l'Angleterre sera intéressant : les conditions seront similaires. Comment va-t-elle se débrouiller ? Notre match contre l'Arabie saoudite en mars est comparable à ce qui nous attend contre la Tunisie et le Panama en matière d'émotions : ces équipes n'ont rien à perdre et peuvent entrer dans l'histoire. En quatre ans, Kompany a gagné plus de titres, comme De Bruyne, Hazard, Courtois, Meunier, Vermaelen... MARTINEZ : C'est essentiel. Celui qui est champion a dû surmonter des contre-coups. Nous devons insuffler cet état d'esprit et la solidarité à l'équipe. Certains pays forment leur équipe autour d'un club : l'Italie (Juventus), l'Espagne (Barcelone) ou l'Allemagne (Bayern). On peut aussi avoir des individus d'exception répartis dans différents clubs et en faire une équipe, comme nous. Les Diables Rouges ne sont-ils donc pas encore une équipe ? MARTINEZ : Une très bonne, quand elle a le ballon. Elle doit être plus homogène en défense, mieux savoir ce qu'elle doit faire. Elle doit apprendre à gérer les contre-coups en groupe. Pendant un tournoi, il faut que chacun encourage les autres. Nous voulons introduire cette culture, sans commettre l'erreur de ne nous focaliser que sur le onze de base. La Belgique ne dépend-elle pas trop d'actions individuelles ? MARTINEZ : Nous sommes très bons en la matière en groupe. Il faut savoir ce qu'un autre va faire avec le ballon et anticiper sans même devoir réfléchir. Pour ça, il faut bien se connaître. La synchronisation en perte de balle est perfectible. Ces deux dernières années, j'ai beaucoup appris sur ce que les joueurs pouvaient apporter, quels étaient leurs partenaires idéaux et nous avons été très souples sur le plan tactique. Ce groupe peut procéder avec trois défenseurs comme avec quatre. Voire cinq s'il le faut. Ex-Diable Rouge (41 sélections, 5 buts) " L'équipe nationale belge n'a pas de véritable faiblesse. Par contre, une grosse question reste en suspens : quel est le véritable niveau physique de plusieurs joueurs comme Vermaelen, Chadli, Batshuayi, etc. qui n'ont pas beaucoup joué ces derniers temps pour cause de blessures ? Aussi, quel est le véritable niveau de notre flanc gauche, Yannick Carrasco, qui devra prouver qu'il est toujours le joueur qu'on a connu à l'Atlético Madrid. Cette fois, les matches amicaux auront une importance capitale pour être prêt le jour J. Mais la Belgique ne doit craindre personne, elle dispose d'un axe, Courtois- Kompany- DeBruyne- Hazard- Lukaku, incomparable. Plusieurs joueurs issus de cette magnifique génération vont disputer leur dernier tournoi en Russie. Il ne faudra surtout pas forcer son jeu ou se mettre trop de pression, mais je reste persuadé que nos Diables sont assez matures pour aborder cette Coupe du Monde de la meilleure des façons. On pourra parler de tournoi réussi avec un quart de finale, même si on est nombreux à rêver d'aller au bout car la Belgique ne doit avoir peur de personne. " Il espérait être de la partie en 2014, il y sera finalement quatre ans plus tard. Et pourtant, tout ne fut pas rose. Michy Batshuayi a connu une saison 2016-17 difficile avec Chelsea où il n'était que rarement titulaire. Son but inscrit sur le terrain de Leicester qui donna le titre aux Blues devait le lancer. Mais Antonio Conte en décida autrement ; préférant Morata puis Giroud. L'attaquant de 24 ans n'avait d'autre option que de tenter sa chance ailleurs. Après la Pro League avec le Standard, la Ligue 1 avec Marseille, et la Premier League, Batsman découvre la Bundesliga avec Dortmund sous forme d'un prêt. Deux jours après son arrivée dans la Ruhr, Michy plante deux buts sur le terrain de Cologne et en inscrit encore 5 autres avant d'être brisé dans son élan sur le terrain de Schalke. Aujourd'hui, cette blessure à la cheville semble être un lointain souvenir. Michy veut apporter sa vivacité dans les petits espaces et son sens du but. Son association avec Lukaku et ce but lors de la victoire face à l'Arabie Saoudite (4-0) prouvent que Batsman devrait être davantage qu'un n°2. Avec 43 buts en dix rencontres de qualification, la Belgique est, avec l'Allemagne, l'équipe européenne la plus prolifique de la campagne de qualification. Face à Gibraltar (victoire 0-6), Christian Benteke a inscrit le but le plus rapide de l'histoire de la Coupe du Monde (phases finales et qualifications comprises) en ouvrant le score après seulement 7 secondes. Jan Vertonghen et Thibaut Courtois sont les deux seuls joueurs du noyau à avoir disputé l'intégralité des rencontres de qualification. Vincent Kompany est le joueur le plus ancien à avoir joué un match avec les Diables. Sa première sélection remonte au 18 février 2004 face à la France. Marouane Fellaini est le deuxième plus ancien avec une première sélection le 7 février 2007 face à la République tchèque. Avec onze buts en huit rencontres, Romelu Lukaku est le troisième meilleur buteur européen des qualifications derrière Robert Lewandowski (16) et Cristiano Ronaldo (15).