Dans trois jours, l'équipe de Carl Maes a l'opportunité de gagner la Fed Cup pour la deuxième fois, la première sur sol belge. Pourtant, jamais il n'y a eu autant de turbulences au sein de l'équipe nationale. Petit récapitulatif.
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Dans trois jours, l'équipe de Carl Maes a l'opportunité de gagner la Fed Cup pour la deuxième fois, la première sur sol belge. Pourtant, jamais il n'y a eu autant de turbulences au sein de l'équipe nationale. Petit récapitulatif. A la mi-avril, avant le premier tour contre la Russie à Liège, Kim Clijsters et Justine Henin-Hardenne ont étonné tout le monde en plaisantant, assises l'une à côté de l'autre, à la conférence de presse. Les deux dames ont mis fin à la guerre froide qui opposait les deux clans depuis 2003 et ont uni leurs efforts pour aider la Belgique à s'adjuger une deuxième Fed Cup. Carl Maes, le capitaine, est l'artisan de cette trêve armée. Il leur a écrit une lettre leur rappelant leur triomphe commun au championnat d'Europe des nations des - 14 ans, il y a tout juste dix ans. La réconciliation semble acquise et grâce à une Henin très forte, le dimanche, les deux vedettes peuvent esquisser une polonaise dans un Sart-Tilman en émoi. La Russie est battue 3-2, les deux femmes offrent un cadeau de plus au public en se produisant ensemble dans le double qui conclut le week-end. Début juin, la Wallonne prévient Carl Maes qu'elle ne prendra pas part à la demi-finale d'Ostende, contre les Etats-Unis. Elle le fait le dimanche qui suit la finale de Wimbledon. Après s'être imposée à Roland Garros et à Eastbourne, après sa défaite en finale de Wimbledon, le troisième Grand Chelem, elle préfère faire l'impasse sur la rencontre de la Sea'rena. Selon ses principes, elle ne souhaite pas se produire quand elle n'est pas en pleine possession de ses moyens. Maes préfère ne pas divulguer la nouvelle avant le mercredi. Il espère ainsi dissuader les Américains d'ajouter en dernière minute une joueuse de haut niveau à leur équipe B bien médiocre. Il espère aussi que Justine, qui séjourne aux Iles canaries avec des enfants de son organisation, revienne sur sa décision. Le public belge réagit très mal en apprenant ce forfait. Après concertation avec l'équipe et la Fédération, Maes explique à Henin que prendre place sur le banc, comme elle l'avait proposé, ne serait sans doute pas bien vu du public et lui demande de rester à la maison. Grâce à Kim Clijsters et à une brillante Kirsten Flipkens, la Belgique bat aisément les Etats-Unis. La finale est dans la poche. L'euphorie ne dure pas longtemps. Le lundi, Justine retrouve son coach, Carlos Rodriguez, qui a profité du week-end de Fed Cup pour prendre des vacances en Turquie. Emotions et frustrations déclenchent une crise de larmes. Le Belgo argentin pique une colère et expédie une lettre ouverte passionnée sur le site web de sa pouliche. Rodriguez y accuse de manipulation Carl Maes et le président de la Fédération francophone de tennis, André Stein. Il ajoute qu'il est exclu que Henin participe à la finale de Charleroi. C'est au tour de Maes de se sentir frustré. Ce n'est pas la première fois que les deux hommes entrent en conflit. Après quelques coups de fil, Maes s'empare de sa plume et couche sur papier leurs divergences de vues. Le lendemain, lors d'une conférence de presse, Rodriguez explique qu'il a sciemment lancé une bombe et que sa joueuse participera bien à la finale. Les relations entre Rodriguez et Maes restent cependant difficiles. Luigi Codutti, l'organisateur du Spiroudôme de Charleroi, voit enfin son affiche de rêve prendre forme. La Belgique affronte l'Italie avec deux stars à nouveau unies. Las, le sort frappe encore. Peu avant l'US Open, Kim Clijsters s'occasionne une grave blessure au poignet et déclare forfait. Du coup, l'équipe italienne, homogène avec Francesca Schiavone (WTA 15), Flavia Pennetta (WTA 19), Mara Santangelo (WTA 36) et Roberta Vinci (WTA 88) retrouve la perspective d'une première victoire. A Justine Henin, Kirsten Flipkens mais aussi au public belge de l'en empêcher. Cela remettrait du même coup toute cette agitation en perspective. ?