Son succès insolent ne plaît pas forcément à tout le monde. Ces derniers temps, aucune chausse-trappe n'aura été épargnée au Petit Poucet belge qui fait de l'ombre aux grands Suisses. En Helvétie, le précurseur de la montre en plastique a lancé une action pour homophonie. Et en Belgique, Lego veut le forcer à changer ses emballages en forme de brique. Mais les chiens aboient et la caravane passe... Ice-Watch poursuit sur son incroyable lancée, avec 4,2 millions de montres vendues l'an dernier, à travers 10.000 points de vente, réparties entre une centaine de pays.

En cinq ans, on a appris à connaître l'objet de cet engouement : un seul design horloger, simple, décliné en une multitude de couleurs et de versions, à porter au gré de ses envies. Certes, l'idée n'est pas franchement nouvelle. Dans les années 60, une marque française, vendue dans les bars-tabac proclamait déjà : " Change de Kelton, une nouvelle Kelton te change " ; puis Swatch a imposé le principe de collections de montres pas chères, évoluant comme la mode au rythme des saisons.

Mais c'est en créant un lien direct avec ses partenaires commerciaux comme avec son public que Jean-Pierre Lutgen a fait bouger les lignes. Les uns participent directement au financement de la production par le jeu de précommandes, en échange d'une grande liberté d'action sur leur propre marché ; l'autre est fédéré à l'échelle mondiale grâce à un marketing dynamique qui s'appuie sur des icônes musicales d'aujourd'hui ( David Guetta, Black Eyed Peas et cette année Katy Perry). Et la toile relaye le tout, comme dans une rave party permanente dont Ice-Watch est le vrai DJ : près de 500.000 fans sur Facebook, plus de 15 000 visites par jour pour le site web.

Pour ne pas perdre la main, et répondre à certaines critiques justifiées, la marque belge revient en 2012 avec des boîtiers plus robustes faits en Ice-Ramic (mélange de polyamide et d'un composant secret) ou en aluminium, et un fond vissé qui leur garantit une étanchéité de 100 m (10 ATM). Côté style, les 12 nouvelles collections Printemps/Eté continuent à mixer joyeusement les genres, les matières et les nouvelles tonalités originales, définies par le studio de design de Bastogne, comme la Ice-Glow - qui luit et brille dans l'obscurité !

L'exercice de style est convaincant et Ice-Watch en est assez fier pour afficher désormais ses origines métissées sur le fond des boîtiers : " design belge, mouvement japonais, assemblage chinois ". Comme Apple, en quelque sorte, auquel le fameux Designed in California, Made In China a plutôt pas mal réussi.

PAR PATRICK DELAROCHE

Son succès insolent ne plaît pas forcément à tout le monde. Ces derniers temps, aucune chausse-trappe n'aura été épargnée au Petit Poucet belge qui fait de l'ombre aux grands Suisses. En Helvétie, le précurseur de la montre en plastique a lancé une action pour homophonie. Et en Belgique, Lego veut le forcer à changer ses emballages en forme de brique. Mais les chiens aboient et la caravane passe... Ice-Watch poursuit sur son incroyable lancée, avec 4,2 millions de montres vendues l'an dernier, à travers 10.000 points de vente, réparties entre une centaine de pays. En cinq ans, on a appris à connaître l'objet de cet engouement : un seul design horloger, simple, décliné en une multitude de couleurs et de versions, à porter au gré de ses envies. Certes, l'idée n'est pas franchement nouvelle. Dans les années 60, une marque française, vendue dans les bars-tabac proclamait déjà : " Change de Kelton, une nouvelle Kelton te change " ; puis Swatch a imposé le principe de collections de montres pas chères, évoluant comme la mode au rythme des saisons. Mais c'est en créant un lien direct avec ses partenaires commerciaux comme avec son public que Jean-Pierre Lutgen a fait bouger les lignes. Les uns participent directement au financement de la production par le jeu de précommandes, en échange d'une grande liberté d'action sur leur propre marché ; l'autre est fédéré à l'échelle mondiale grâce à un marketing dynamique qui s'appuie sur des icônes musicales d'aujourd'hui ( David Guetta, Black Eyed Peas et cette année Katy Perry). Et la toile relaye le tout, comme dans une rave party permanente dont Ice-Watch est le vrai DJ : près de 500.000 fans sur Facebook, plus de 15 000 visites par jour pour le site web. Pour ne pas perdre la main, et répondre à certaines critiques justifiées, la marque belge revient en 2012 avec des boîtiers plus robustes faits en Ice-Ramic (mélange de polyamide et d'un composant secret) ou en aluminium, et un fond vissé qui leur garantit une étanchéité de 100 m (10 ATM). Côté style, les 12 nouvelles collections Printemps/Eté continuent à mixer joyeusement les genres, les matières et les nouvelles tonalités originales, définies par le studio de design de Bastogne, comme la Ice-Glow - qui luit et brille dans l'obscurité ! L'exercice de style est convaincant et Ice-Watch en est assez fier pour afficher désormais ses origines métissées sur le fond des boîtiers : " design belge, mouvement japonais, assemblage chinois ". Comme Apple, en quelque sorte, auquel le fameux Designed in California, Made In China a plutôt pas mal réussi. PAR PATRICK DELAROCHE