L'année passée, le décès de son père l'avait empêché de commenter le Tour de France. Cette année, Rodrigo Beenkens sera fidèle au poste. Une fois encore, il faudra tenir compte de toutes les affaires de dopage.
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L'année passée, le décès de son père l'avait empêché de commenter le Tour de France. Cette année, Rodrigo Beenkens sera fidèle au poste. Une fois encore, il faudra tenir compte de toutes les affaires de dopage. Pour Bernard Kohl, le top 10 consomme des produits dopants. Quel crédit accorder à ces révélations ? Je vais répondre par une entourloupe. Il y a peu, j'ai roulé avec Eddy Merckx et ses anciens coéquipiers. Il fallait voir la joie de vivre de ces gaillards de 60 et 70 ans en bonne santé ! Mais je ne suis pas naïf non plus : on ne réglera jamais le problème du dopage. Ce qui me gène surtout, c'est le timing de ces révélations. Pourquoi l'UCI dresse-t-elle une liste de coureurs suspects quelques jours avant le départ du Tour ? Pour régler ses comptes ?Je ne sais pas. Il y a d'autres incohérences. Le traitement médiatique, par exemple. On met Tom Boonen sur le même pied que des tricheurs. Or, que je sache, Boonen n'a jamais été reconnu dopé. J'ai aussi peur qu'on connaisse un épisode Astana numéro 2 à cause de la formation Katusha, sur laquelle pèsent de nombreux soupçons. Le cyclisme ne sait plus où il va. Il y a trop de règlements, trop d'interprétations. Boonen devait-il prendre part au Tour ? C'est difficile à dire. Sur les plans sportif et juridique, il avait sa place au Tour. Les spécialistes n'étaient pas d'accord pour dire s'il avait consommé de la cocaïne. J'avais envie de dire " oui " à sa présence. Si on avait prouvé sa culpabilité, c'était différent. Avec son look, Boonen a renouvelé l'image du cyclisme. Il a réveillé la passion des femmes et des gamins. Il a donc une responsabilité morale à assumer. Selon plusieurs sondages, les gens ne sont pas dupes : ils ont le sentiment que les coureurs se dopent. Malgré tout, ils regardent le Tour. C'est donc une vaste mascarade ? Sont-ils naïfs ou complices ? On m'a déjà adressé ce type de remarques. Les journalistes n'ont plus les moyens d'être complices. On côtoie très peu les cyclistes. Je ne suis pas à leurs côtés quand ils vont aux toilettes ! Et j'essaie de ne pas tomber dans le piège de la naïveté en restant mesuré dans mes commentaires. Heureusement, le conditionnel présent existe. Le cyclisme a deux atouts : il est accessible à tout un chacun. Le commun des mortels ne jouera jamais une finale de Coupe du Monde. Mais achetez-vous un vélo et vous pourrez gravir demain l'Alpe du Huez. Puis, il y a la beauté des paysages. Pendant trois semaines, des gens peu fortunés ou malades peuvent rêver devant leur télévision. Même si tout est corrompu, cela suffit à oublier le reste.