Le foot de Villas Boas, c'est un peu comme mater une belle (fille) sur internet. Désolé, mais la belle est encore plus belle dans mes bras. L'alchimie du touché, du contact. Faut les enlacer ses joueurs pas les cliquer.
...

Le foot de Villas Boas, c'est un peu comme mater une belle (fille) sur internet. Désolé, mais la belle est encore plus belle dans mes bras. L'alchimie du touché, du contact. Faut les enlacer ses joueurs pas les cliquer. A Chelsea, certains l'appelaient " DVD ". Toujours des " dvd " à regarder, à analyser. Des " dvd " mais pas d'idées pour donner envie à ses joueurs de se défoncer pour lui. Le tube cathodique ne remplacera jamais le pipeline de l'affect. L'humain, mon p'tit André. Le foot n'est pas encore virtuel, il est toujours réel et boueux. L'odeur de la sueur est encore sa plus belle fragrance. L'odeur de la bière doit s'accoupler avec celle de l'herbe fraîche pas avec celle d'un canapé fané. Il se joue toujours sur les pelouses avec pour décor des écharpes élimées mais virevoltantes. Si le foot, c'est de la technologie, de la science, des tactiques mathématiques, des chiffres et des formules, je lui conseille d'aller à Aston Villa. Y'a que là qu'il trouvera l'harmonie. Ben oui, AVB à AV... to be the Best. Ça le fait non ? C'est de la pure logique. Comme Arsène à Arsenal et Mancini à Man City. Il aura du succès. Même en Allemagne, ça marche. Je me rappelle Wolfgang Wolf du côté de Wolfsburg. Tout ça, c'est la faute à José Mourinho. Son père footballistique. D'ailleurs, ils sont deux de ses fils à faire leur crise d'adolescence. Le p'tit André et Brendan Rodgers du côté de Liverpool. Normal pour le premier, à retardement pour le deuxième. Le même père mais pas la même descendance. Et actuellement, le même destin. Sauf qu'on se dit que les boutons vont vite disparaître du nez de Brendan. Ils étaient des gamins épris d'un sport, Mourinho en a fait des coaches épris de foot. Pas le même. Le parcours d'André ressemble à celui d'un jeune communiant qui n'a jamais voulu enlever son immaculée soutane blanche. De Papa José, bébé André a gardé cette assurance qui vire trop souvent à l'arrogance. Il est sûr d'avoir raison. Sur tout, sur tous. Trop de succès trop tôt mais ce qui est vrai dans les jardins d'enfants portugais n'est plus valable dans les arènes anglaises. Dommage parce que le Spécial One aurait pu aider le prématuré Spécial two. Mais le fils a tué le père. Il n'en a plus besoin, c'est ce qu'il a cru. Car pas de chance, Tottenham et le Real Madrid viennent de signer un partenariat notamment sur les échanges entre coaches. Chacun va aller voir chez l'autre ce qu'il fait. Génial se dit-on, José pourra ré-aiguiller André. Sauf que... même s'ils ont travaillé 5 ans ensemble, depuis qu'en 2009 Villas Boas l'a quitté pour devenir n°1, ils ne se sont plus beaucoup parlé. Une des qualités de Mourinho, c'est de garder d'excellents contacts avec tous ceux qui ont travaillé avec lui. Joueurs comme coaches. Tous louent sa fidélité en amitié. Et comme par hasard, y'en a un qui ne lui parle plus. Paraît qu'il n'a plus son numéro de téléphone. Dommage qu'il n'ait pas celui de Sigmund Freud. Une petite séance lui ferait sûrement du bien. Pour Brendan, on se tracasse beaucoup moins. Parce que ses joueurs, il les touche. Par ses mots, par sa vision du foot. Une sorte de baguette magique. Son réel à lui est un foot de rêve. Faut du temps pour changer de dimension. Et puis lui, José lui téléphone toutes les semaines. Et puis, lui, il a pris le meilleur de José et a jeté le moins bon. Avec Rodgers, le jeu prime avant tout. Pas la victoire à n'importe quel prix. Un mec qui vous sort : " Tous mes entraînements se font avec ballons. Vous avez déjà vu un pianiste faire ses gammes en courant autour de son piano ? ", ça ne peut que trouver la note ultime. Ne pas se prendre pour ce qu'on n'est pas encore est une des rares vérités de la vie. Et puis, c'est tellement simple le foot ! Y'a toujours une solution. D'ailleurs, Mourinho finira à Monaco, Van Gaal à Saint Gaal, Arie Haan à De Haan....et Capello chez le coiffeur. " Le foot de Villas Boas, c'est comme mater une belle sur internet. Désolé mais la belle est encore plus belle dans mes bras. "