La pression qui pèse sur le Club Bruges doit être terrible, pour qu'il ait fait appel à Jef Brouwers, psychologue du sport. Jadis, la direction conservait ses distances par rapport au terrain. Maintenant, le désir de titre s'est mué en stress oppressant et on adjoint moult spécialistes de tout poil au staff. On envisage même d'associer le kinésithérapeute Lieven Maesschalck à la revalidation. Le Club Bruges donne l'image d'une société qui ne cesse de rénover et de perfectionner son parc sans que jamais le produit final ne réponde à ses espérances.
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La pression qui pèse sur le Club Bruges doit être terrible, pour qu'il ait fait appel à Jef Brouwers, psychologue du sport. Jadis, la direction conservait ses distances par rapport au terrain. Maintenant, le désir de titre s'est mué en stress oppressant et on adjoint moult spécialistes de tout poil au staff. On envisage même d'associer le kinésithérapeute Lieven Maesschalck à la revalidation. Le Club Bruges donne l'image d'une société qui ne cesse de rénover et de perfectionner son parc sans que jamais le produit final ne réponde à ses espérances. Même si la direction essaie également de se perfectionner, elle ne parvient pas à former une bonne équipe, malgré un nombre incalculable de transferts, depuis des années. À terme, elle peut éventuellement changer d'entraîneur, une fois de plus, mais cela ne résoudra pas le coeur du problème. Le Club Bruges a trop peu le sens du football. Il faut encore patienter pour voir si Arnar Gretarsson peut résoudre ce problème. Dimanche, le Club s'est ressaisi en première mi-temps contre Zulte Waregem mais il doit poursuivre sur sa lancée en championnat. Son élimination européenne des oeuvres de Wroclaw a mis plusieurs problèmes en évidence et de tous, c'est le manque de concept et de cohésion qui est le plus inquiétant. Cela nous amène à Juan Carlos Garrido, qui s'exprime tellement par clichés lors des conférences de presse qu'on ne peut qu'espérer qu'il fasse mieux passer ses messages à ses joueurs. Garrido n'a pas encore apporté de plus-value au Club et pourtant, dimanche, il s'est étrangement placé sous pression en proclamant que le Club était plus que jamais favori au titre. Le contrat de l'Espagnol a été prolongé dans le courant de la saison dernière. C'est une marque de confiance, qui doit reposer sur quelque chose. En fait, c'était surtout une tentative de prôner la continuité. Revoir cet aspect donnerait aux observateurs l'impression qu'on ne sait pas trop que faire. Cela ne fait aucun doute : porté par son ambition sans bornes, Bart Verhaeghe a déjà souvent effectué un bilan et il constate certainement ce qui ne va pas pour le moment. On ne peut se poser qu'une question : que peut-on encore corriger au sein de la constellation actuelle, après la gifle européenne ? Reste à espérer que l'équipe trouve ses marques. Les hommes d'affaires ont toujours du mal à imprimer leur sceau sur les clubs de football. Patrick Vanoppen est retombé dans l'anonymat et la semaine dernière, Patrick Decuyper a quitté Zulte Waregem, soi-disant à cause des articles négatifs de la presse. Quand les clubs vont-ils gérer les crises d'une manière adulte, au lieu de rejeter la faute de leurs problèmes sur les médias ? Le Gaverbeek a été le théâtre d'une lutte entre l'entraîneur Francky Dury et Decuyper, qui en a tiré ses conclusions. Ce qui s'est passé en coulisses n'est pas joli mais Decuyper s'est placé lui-même hors-jeu, faute de parvenir à se mettre à la place des supporters. Roland Duchâtelet s'y est pris tout autrement. Quand le président du Standard a réalisé le mécontentement de ses supporters, il ne s'est pas entêté mais a corrigé son approche. Aussi répréhensible ait été le siège des supporters, aussi traumatisantes aient été les menaces physiques reçues, ils ont incité Duchâtelet à réfléchir. Il a prolongé les contrats des piliers du club. Le Standard dispose maintenant d'une équipe complémentaire et compétitive qui va lutter pour le titre, un bon mois après la révolution. Ce mercredi soir, les Diables Rouges vont à nouveau s'attirer les feux des projecteurs, en affrontant la France. Une nouvelle perle s'y ajoute : Zakaria Bakkali, âgé de 17 ans, est repris après avoir disputé trois bons matches avec le PSV. On ne peut douter de la classe de ce Belgo-marocain, que soulignent encore ses trois superbes buts contre le NEC, samedi dernier. C'est pour cela, dit-on, qu'il doit préférer la Belgique au Maroc. Pourvu que Bakkali parvienne à gérer son nouveau statut car les chausse-trappes ne manquent pas sur la route qui doit le mener parmi l'élite. Il risque de planer, de perdre le sens des réalités. Il a besoin d'un bon accompagnement, loin des agents qui vont bientôt se jeter sur lui tels des vautours.?PAR JACQUES SYSPourvu que Bakkali parvienne à gérer son nouveau statut.