Georges Heylens avait prédit que la finale de la Ligue des Champions entre le Bayern et Valence ne vaudrait rien, sur le plan du spectacle, par rapport au feu d'artifice offert par Liverpool et Alavés en finale de la Coupe de l'UEFA. Les Allemands et les Espagnols n'ont pas su marquer sur des phases de jeu et il a fallu les tirs au but pour les départager.
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Georges Heylens avait prédit que la finale de la Ligue des Champions entre le Bayern et Valence ne vaudrait rien, sur le plan du spectacle, par rapport au feu d'artifice offert par Liverpool et Alavés en finale de la Coupe de l'UEFA. Les Allemands et les Espagnols n'ont pas su marquer sur des phases de jeu et il a fallu les tirs au but pour les départager.Georges Heylens: Ce fut une toute petite finale. Autant le match Liverpool-Alavés avait été attractif et intéressant, autant ce Bayern-Valence m'a laissé sur ma faim. C'était prévisible à partir du moment où deux équipes misent avant tout sur une excellente organisation défensive. Ce sont des machines bien huilées, avec des filets à travers lesquels pas grand-chose ne passe. Cette rigueur a son mérite, mais c'est triste pour le spectacle. Ce match a manqué de tout de la première à la dernière minute. Je n'ai pas vu une seule envolée spectaculaire. Le but marqué par Valence après 3 minutes n'a rien arrangé...Ce goal a effectivement achevé de tuer ce match pour ainsi dire mort-né. Les Espagnols se sont retrouvés avec un avantage qu'ils ont essayé de défendre en fermant encore un peu plus le jeu. Pour l'intérêt de la finale, il ne pouvait rien arriver de pire que ce but d'entrée de jeu. Le Bayern a pris un avantage important sur le plan de la circulation du ballon (ce fut parfois 70/30), mais il n'y avait aucun espace et donc aucune possibilité de menacer Canizares. Il n'a pu que faire circuler tranquillement le ballon dans ses rangs. C'est justement ce que Valence espérait.On ne pourra quand même pas conserver que ce souvenir-là de l'édition 2000-2001 de la Ligue des Champions...Evidemment. La finale ne donne pas du tout un reflet de l'ensemble du tournoi. Quand je repense à cette Ligue des Champions, bien d'autres images me viennent à l'esprit: les prestations de Leeds, du Real, d'Anderlecht, de Manchester United à certains moments. On a tellement insisté sur l'importance financière de cette Ligue des Champions que certaines équipes étaient prêtes à sacrifier toute notion de spectacle pour s'imposer. Depuis la formule par poules de ce tournoi, on ne parle pratiquement plus de la Coupe de l'UEFA. Conséquence: il y a moins de pression sur les équipes qui la disputent et c'est une toute bonne chose pour le spectacle. On l'a bien vu en finale. Alavés et Liverpool ont joué le jeu du début à la fin. Alors que le Liverpool de Gérard Houllier a quand même l'habitude de bien cadenasser derrière. Le Bayern s'est de nouveau adjugé la plus prestigieuse des Coupes d'Europe après 25 ans d'attente, mais il ne sort pas grandi de cette victoire. Cette équipe-ci n'a rien à voir avec celle qui avait gagné trois éditions consécutives de la Coupe des Champions en 74, 75 et 76.L'arbitre hollandais Jol a confirmé sa réputation de Monsieur Penalty.On le connaît, il en siffle toujours l'un ou l'autre dans presque chaque match.Les prolongations avaient été palpitantes lors de Liverpool-Alavés mais elles furent ennuyeuses et inutiles, mercredi dernier.Je suis favorable à la formule du but en or. Mais, pour qu'elle serve à quelque chose, il faut qu'au moins une équipe ait envie de profiter de cette demi-heure pour éviter les tirs au but. Ce n'était pas le cas dans cette finale. A choisir, je préfère que les prolongations ne soient pas limitées dans le temps: la victoire va à l'équipe qui finit par inscrire un but, même s'il faut que tous les joueurs tombent comme des mouches... Les tirs au but conserveront toujours un côté injuste.Pierre Danvoye