B art Goor est détendu. Satisfait de quitter pour quelques jours Berlin, son stress et les problèmes de son club, le Hertha, pour participer à la préparation des Diables Rouges avant Belgique-Croatie : " Nous n'avons rien à perdre, la donne est simple : nous devons remporter nos deux derniers matches. L'équipe est en forme, nous avons livré une bonne prestation contre les Pays-Bas, en première mi-temps surtout. Nous en gardons un bon feeling. Contre les Croates, il ne faudra pas commencer trop offensivement, parce que je les attends très regroupés ".
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B art Goor est détendu. Satisfait de quitter pour quelques jours Berlin, son stress et les problèmes de son club, le Hertha, pour participer à la préparation des Diables Rouges avant Belgique-Croatie : " Nous n'avons rien à perdre, la donne est simple : nous devons remporter nos deux derniers matches. L'équipe est en forme, nous avons livré une bonne prestation contre les Pays-Bas, en première mi-temps surtout. Nous en gardons un bon feeling. Contre les Croates, il ne faudra pas commencer trop offensivement, parce que je les attends très regroupés ". Voici exactement un an, Bart Goor devenait capitaine de l'équipe nationale. Un regard dans le rétro sur une année de règne d' Aimé Anthuenis : " Le groupe a mûri après des débuts difficiles, ce qui est normal. On ne peut exiger des résultats immédiats de la part d'une nouvelle équipe. Mais dommage que le calendrier des qualifications pour l'EURO 2004 n'ait pas été différent, nous aurions d'abord dû jouer en Bulgarie. Notre défaite lors du match initial était méritée, certes, l'équipe ne tournait pas encore, nombreux furent ceux qui évoluèrent en dessous de leur niveau. La confiance après la Coupe du Monde était sans doute trop grande, il fallait reconstruire et ça prend du temps. Demandez à Anderlecht ce qu'ils en pensent ". Or, dans un tournoi qualificatif, le temps presse... " Nous sommes ensuite revenus à notre niveau. Sans panache, mais avec des victoires importantes à la clef, contre Andorre et l'Estonie. Cette année, nous avons continué sur notre lancée, en Bulgarie nous avons été volés par l'arbitre PierluigiCollina, qui a oublié de siffler un penalty flagrant en notre faveur. Regardez le classement : deux points de plus, ça change tout. La seule rencontre à oublier au plus vite est celle en Croatie. Si le premier but ne tombe pas, on aurait vu un autre match parce que nous étions alors la meilleure équipe. Après le repos il y eut de nombreuses erreurs individuelles et à 2-0, il nous a manqué le caractère et le physique pour revenir. Finalement, j'ai trouvé cela moins grave que notre défaite à domicile face aux Bulgares où nous avions hypothéqué pas mal de chances ". " La Belgique doit être collectivement au top pour taquiner les grandes équipes. Si tout le monde est dans un bon jour, nous pouvons battre n'importe qui. Des pays comme la Bulgarie ou la Croatie disposent de plus d'individualités susceptibles de faire la différence. La Belgique dispose aussi de meilleurs atouts lorsqu'elle affronte des équipes qui lui laissent des espaces, comme la Hollande ou le Brésil. Et ces espaces, on n'en dispose pas souvent à domicile. Je m'attends donc à une rencontre indécise. Nous sommes plus forts lorsque nous pouvons opérer rapidement, en contre. Mais un joueur comme Mbo Mpenza à droite peut également forcer des actions individuelles et monter d'un cran. Le fait de disposer de ces deux armes me rend confiant pour l'avenir. Rien que pour ça, rater la qualification pour l'EURO portugais serait dommage ". Lui-même a connu des hauts et des bas : " Je reviens à ma forme d'antan. J'ai connu un départ ardu, mais je traversais une période difficile à Berlin. Mon expérience me dit que lorsque cela ne va pas en club, c'est difficile aussi en équipe nationale ". En tant que nouveau capitaine, n'a- t-il pas un peu forcé au début ? " J'avais tant à prouver. Cela implique tout de même des responsabilités, ce brassard, surtout quand un groupe se reforme. Vous faites des choses pour lesquelles vous n'êtes pas doué et en laissez tomber d'autres. Je revenais trop souvent prêter main forte en défense et, par conséquent, j'étais moins frais offensivement. L'important, à ce moment-là, est de conserver la confiance de l'entraîneur. Et de continuer à travailler, c'est le meilleur conseil que je puisse donner aux jeunes joueurs qui sont dans ce cas. Je pense que tout est toujours affaire de circonstances : moindre forme, trop de rencontres, forcer, trois jeunes enfants, etc. Dans une bonne période, vous affrontez tout ça le sourire aux lèvres. Mais dans les moments où le ballon ne tourne plus rond, cela vous trotte dans la tête. Par exemple, si vous réfléchissez à la manière dont vous allez mettre la balle au fond, vous raterez le but, c'est certain. Alors je fais le strict minimum en défense, tout en gardant ma position bien sûr. Au Hertha, c'est encore plus difficile car le back gauche n'arrête pas de monter ! Mais si je commence à m'énerver à ce sujet, cela ira encore plus mal ". Justement, chez les Diables Rouges, le back gauche a changé de visage ces derniers temps : Dheedene, Van der Heyden, Van Damme et Deschacht ont été passés en revue. " Finalement, cela m'est bien égal du moment que le joueur effectue son boulot défensif en premier lieu et monte à bon escient ". Devant, nous n'avions pas réellement un target-man mais plutôt un duo Sonck-Buffel. Mais pour Goor, c'est un faux problème, les mouvements offensifs de Mpenza, Sonck et lui-même doivent créer les espaces. " Une équipe doit jouer en fonction de ses qualités. A Anderlecht, nous avons joué tout un temps en fonction de Pär Zetterberg. Lorsqu'il est parti, il y avait un vide parce que tous les ballons transitaient par lui. D'autres joueurs ont alors pris leurs responsabilités et nous avons joué d'une tout autre manière. La même chose s'est produite en équipe nationale avec le départ de Marc Wilmots ". 80 % des Diables Rouges disputent la Ligue des Champions et leur vie devient de plus en plus stressante : " L'influence de la presse et de l'argent est devenue tellement importante, qu'en tant que jeune il faut apprendre tout très vite. Un ou deux mauvais matches sont presque synonymes de saison ratée. A Dortmund et au Hertha Berlin, auteurs d'un 3 sur 12 en ce début de championnat, il est même question de ne pas laisser partir les internationaux, ou alors le plus tard possible. Cela peut avoir des conséquences néfastes car un club doit quand même faire en sorte que ses joueurs soient heureux. Le foot pro est plus stressant qu'avant, où je ne pensais quasi pas à mon boulot en rentrant à la maison. Maintenant, il m'arrive de rentrer et de dire à ma femme que j'en ai marre du club, etc. Même pour des gens calmes comme moi, cela devient parfois trop pesant. Les clubs ont des difficultés, des joueurs aux contrats très lourds, la Bourse qui ne va pas trop bien, beaucoup de personnel. En fait, les grands clubs sont devenus des entreprises et l'argent fait parfois disparaître le respect : toujours les prestations, pas le temps de guérir de blessure à 100 %, les noyaux A sont devenus plus imposants et rendent les conditions d'entraînement moins qualitatives etc. ". Certains clubs en Allemagne demandent à leurs joueurs de faire des sacrifices financiers, comme Dortmund suite à la non-qualification pour la Ligue des Champions, par exemple... " Ridicule, une prestation en demi-teinte fait partie des risques du football, et lorsqu'on signe un contrat, les deux parties le savent. En plus, il ne faut pas croire que ces rencontres au sommet, on les joue pour l'argent. Non, c'est l'ambiance, le stade, le niveau de compétition, qui vous motivent ". " Nous avons hypothéqué nos chances lors du premier match "