"Notre contact italien n'est pas un mécène : il vient chez nous pour atteindre des objectifs et gagner de l'argent ", avance Jean-Claude Baudart, le " président turbo " et propriétaire de l'Union Namur. Même Nicolas Sarkozy n'est pas aussi hyperactif que lui...
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"Notre contact italien n'est pas un mécène : il vient chez nous pour atteindre des objectifs et gagner de l'argent ", avance Jean-Claude Baudart, le " président turbo " et propriétaire de l'Union Namur. Même Nicolas Sarkozy n'est pas aussi hyperactif que lui... Le boss court à en perdre haleine, sort du bois de rallonge quand la trésorerie accuse un coup de froid, ferraille à la fédé, lance des idées, réveille les autorités politiques de sa cité, trouve des investisseurs, explique à tout le monde que la capitale de la Région wallonne, aussi bourgeoise et paisible soit-elle, apprécie autant le sport que la culture. Avec Baudart, ça déménage. Le téléphone de cet éternel pressé tressaille sans cesse et il aligne les rendez-vous en rangs d'oignons. Il a revendu ses affaires dans le domaine du catering et consacre tout son temps aux Merles. En fin de saison passée, son équipe a failli se remettre à l'heure de la D3. Baudart a senti passer le vent du boulet à Visé : " C'est vrai mais, paradoxalement, toute notre région a compris ce jour-là que notre ville était digne de la D2. Nous avons déplacé un monde fou à Visé. Nos politiciens ont constaté de visu combien le football était important et mobilisateur. Namur n'aurait évidemment jamais dû prendre part à ce tour final. La saison passée, notre premier tour en D2 avait été excellent : c'était bien pour un club qui, pour beaucoup, n'était qu'un oiseau pour le chat. La machine a cafouillé à partir de janvier et je l'explique essentiellement par la faute des agents de joueurs qui ont saoulé quelques pièces maîtresses de notre effectif de belles fausses promesses durant le mercato d'hiver. Or, ce furent pas mal de fadaises et cela engendra des déceptions car les courtisés sont restés. La malchance aidant, Namur se retrouva mêlé au tour final de l'inquiétude. Au bout du bout, nous avons émergé lors de la séance des tirs au but à Visé : ce maintien a été sacrément fêté. Plus que la montée un an plus tôt, actée après un long combat juridique. "L'Union Namur a donc vécu de hauts et de bas en 2007-2008. Baudart a, quant à lui, compris que sa solitude ne pouvait pas être éternelle. Même un petit budget de 800.000 euros n'est pas facile à boucler et il était grand temps de dénicher des investisseurs. Or, surtout à Namur, cela ne se trouve pas sous le sabot d'un cheval. Il s'agit même d'ouvrir l'£il, et le bon, pour éviter les conteurs de sornettes qui, comme des coucous, glissent leurs £ufs dans les nids d'autrui. L'avenir de ce club passera aussi par la construction d'un nouveau stade. La piste menant à Bouge n'est plus d'actualité. Dans deux ou trois ans, Namur devrait s'installer dans une enceinte de 11.200 places qui sera érigée à Belgrade et financée par le privé. Baudart espère aussi que Namur soit désigné comme " stade d'entraînement " de la Coupe du Monde 2018 si l'organisation de cette fête était confiée à la Belgique et aux Pays-Bas : ce serait un événement important pour la capitale wallonne. Il en parlé à Alain Courtois qui est intéressé. Baudart souhaite aussi mettre sur pied un " pot commun " avec les apports des sponsors régionaux qui seraient répartis entre les clubs sportifs les plus porteurs de Namur. par pierre bilic - photos : reporters