Aux oreilles belges, cette ville de 152.000 habitants, située à une heure de route au nord-est de Minsk, résonne comme la fin des douces illusions. Lorsqu'en 2008, Anderlecht se fait sortir par le club local, le BATE Borisov, parfait inconnu des joutes européennes, mais champion de Biélorussie, la Belgique prend véritablement conscience du nain footballistique qu'elle est devenue. Ce nom collera des années durant aux basques d'un Ariel Jacobs qui ne trouvera les sources d'une rédemption que dans un exil danoi...

Aux oreilles belges, cette ville de 152.000 habitants, située à une heure de route au nord-est de Minsk, résonne comme la fin des douces illusions. Lorsqu'en 2008, Anderlecht se fait sortir par le club local, le BATE Borisov, parfait inconnu des joutes européennes, mais champion de Biélorussie, la Belgique prend véritablement conscience du nain footballistique qu'elle est devenue. Ce nom collera des années durant aux basques d'un Ariel Jacobs qui ne trouvera les sources d'une rédemption que dans un exil danois. Car, à Borisov, l'histoire a souvent réservé de mauvaises surprises à ces envahisseurs occidentaux, trop sûrs de leur force. Napoléon y a subi en 1812 un de ses plus infamants revers lorsque ses troupes coulèrent dans cette rivière qui partage la ville. La Berezina est depuis lors entrée dans le dictionnaire comme synonyme d'une cuisante défaite. Seuls les Nazis ont mis cette ville de Biélorussie à leur pied, ne laissant que ruines et camps de concentration dans lesquels plus de 30.000 habitants de Borisov finirent. Mais revenons à la fierté de cette petite ville : son club de foot ! Car si Anderlecht, comme toute l'Europe, découvrit le BATE Borisov en 2008, l'année où il devint le premier (et le seul) club biélorusse à atteindre les poules de la Ligue des Champions, depuis lors, il est devenu un habitué. Trois autres expériences en poules de Ligue des Champions allaient suivre, en attendant une éventuelle quatrième, cette année. Avec un budget de 8 millions d'euros, les Zholto-Sinie se sont donc faits un nom sur la scène européenne. Pourtant, cette éclosion ne suit pas les règles du foot business. Il y a deux ans, le BATE Borisov a battu le Bayern (3-1) avec un seul étranger dans son onze de base et seuls quatre entraîneurs se sont succédé au poste depuis 1996 ! Club quadragénaire, le BATE est l'acronyme de Borisov Works of Automobile And Tractor Electric, une entreprise de la région qui fut à l'origine de la fondation du club en 1973. D'abord appelé Berezina, le club prit son nom définitif en 1996, l'année qui lança le club. Depuis lors, il s'est transformé en machine gloutonne : huit titres d'affilée ! Si le BATE est devenu un géant sur la scène nationale, il a fallu l'inauguration de son nouveau stade de 13.000 places en mai dernier pour que le club puisse enfin disputer ses matches européens dans sa ville. Depuis 2008, le BATE jouait en effet à Minsk. Ce soir, ce géant biélorusse s'attaque donc au Slovan Bratislava, ultime étape avant une nouvelle participation à la Ligue des Champions. PAR STÉPHANE VANDE VELDE