L'inquiétude était de mise chez les supporters du FC Valence après le départ de DavidVilla et DavidSilva, les deux stars. D'autant qu'en pleine crise financière, le club n'avait pas les moyens de consacrer des fortunes à l'acquisition de leurs successeurs. Valence a porté son dévolu sur RobertoSoldado, un produit du Real Madrid qui avait inscrit 16 buts avec Getafe la saison passée, et sur AritzAduriz, un attaquant basque qui pétait des flammes avec Majorque, 5e du dernier championnat. La saison dernière, un journal avait écrit que, pour être performant, Majorque devait aligner " Aduriz plus dix autres joueurs autour ".
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L'inquiétude était de mise chez les supporters du FC Valence après le départ de DavidVilla et DavidSilva, les deux stars. D'autant qu'en pleine crise financière, le club n'avait pas les moyens de consacrer des fortunes à l'acquisition de leurs successeurs. Valence a porté son dévolu sur RobertoSoldado, un produit du Real Madrid qui avait inscrit 16 buts avec Getafe la saison passée, et sur AritzAduriz, un attaquant basque qui pétait des flammes avec Majorque, 5e du dernier championnat. La saison dernière, un journal avait écrit que, pour être performant, Majorque devait aligner " Aduriz plus dix autres joueurs autour ". Né le 11 février 1981 à San Sebastián, l'antre de la Real Sociedad, le petit Aritz a grandi à Antiguo, un quartier de la ville, et rejoint le centre de formation d'Antiguoko. Là-bas, il côtoie Mikel, XabiAlonso, MikelArteta et AndoniIraola, des amis pour la vie. A 18 ans, il s'inscrit à l'INEF ( InstitutoNacionaldeEducaciónFísica) situé à Vitoria et continue sa carrière de footballeur à l'Aurrera Vitoria, club de D3, en 1999-2000. Un an plus tard, il signe à l'Athletic Bilbao, grand rival de la Real Sociedad, et abandonne ses études. Aduriz, qui a d'abord joué trois saisons avec l'équipe Réserve de Bilbao, fait sa première apparition (un quart d'heure de jeu) dans la Liga le 14 septembre 2002 lors d'un match contre le FC Barcelone. Un souvenir aigre-doux : défaite 0-2. Il jouera encore deux matches avec les Leones puis, arrivé en fin de contrat, part à Burgos en D3. " L'Athletic m'avait proposé une prolongation de contrat, avec l'intention de me prêter à un autre club pour me laisser mûrir, mais j'ai préféré acquérir ma liberté et décider moi-même du choix de ma destination. J'ai longtemps espéré une proposition d'un club de D2, mais rien n'est arrivé. " S'il opta pour Burgos, c'était pour y retrouver CarlosTerrazas, qui l'avait entraîné dans les équipes de jeunes de l'Athletic. Avec Burgos, Aduriz marque 16 buts en D3 et suscite l'intérêt de Valladolid, qui venait de descendre en D2. Il y inscrit 14 buts en 32 matches la première saison, puis 6 buts en 14 matches lors du premier tour de la saison suivante. Assez pour convaincre l'Athletic de le rappeler pour trois millions alors qu'il était parti gratuitement deux ans et demi plus tôt. Avec six buts lors du deuxième tour de la saison 2005-2006, Aduriz aide effectivement l'Athletic à se sauver. Mais explose véritablement deux ans après à Majorque. " Ce club a cassé sa tirelire pour acquérir mes services. " Dans les Baléares, Aduriz est chargé de succéder à DanielGüiza, qui venait de réaliser une saison incroyable et avait été engagé par Fenerbahçe. Une lourde succession, mais dont il s'acquitte avec brio : 11 buts en 2008-2008 et 12 buts la saison dernière. Il rêvait de découvrir la Ligue des Champions à 29 ans. Mais Majorque perd sa quatrième place lors de la dernière journée de championnat, et est aussi privé d'une participation à l'Europa League sur une décision de l'UEFA, en raison de son endettement. C'est finalement avec Valence qu'il découvre la C1, dans un groupe où le club ché s'est qualifié en compagnie de Manchester United. Aduriz est une révélation tardive : il a toujours progressé à un rythme plus lent que la plupart de ses coéquipiers. En outre, il n'avait jamais eu la chance, jusqu'ici, d'évoluer dans un club du top comme Valence. Il a peut-être été victime, aussi, d'un caractère impétueux et a dû apprendre à se montrer égoïste. " C'est indispensable pour un attaquant, qui est jugé sur ses buts. Longtemps, j'ai eu tendance à privilégier le collectif. "L'une de ses forces, athlétiquement, c'est sa détente. Il l'explique par ses longues années passées en D3 et en D2 : " Là-bas, on joue très peu au sol. C'est un football très aérien, à la britannique. Pour ramener le ballon au sol, il faut pouvoir l'amortir de la poitrine, et donc, sauter très haut. "Il a aussi pratiqué de nombreux sports : il fut vice-champion d'Espagne Cadets de ski de fond. Il a aussi fait du snowboard, du surf, du tennis, et logiquement pour un Basque, de la pelote basque. Tout cela l'a aidé à coordonner ses mouvements. Aujourd'hui, il pratique le golf comme hobby : " C'est moins dangereux ", rigole-t-il. Son père, chauffeur de profession, n'a pas joué au football et n'a jamais particulièrement apprécié ce sport. Sa mère est employée administrative dans un quotidien basque. " J'ai dû beaucoup insister pour que mes parents acceptent que je joue au foot. Au début, je leur avais promis de ne jouer que tous les 15 jours, lorsque la marée basse rendait la plage de San Sébastian praticable pour le ballon rond. "PAR DANIEL DEVOS - PHOTO: BELGA Son secret, une éducation sportive : vice-champion d'Espagne Cadets de ski de fond, il pratique aussi snowboard, surf, tennis, pelote basque et golf.