La saison des épreuves sur piste s'est quasiment achevée mardi soir au vélodrome de Ballerup (Copenhague) en attendant la dernière épreuve en mars à Tilburg. Patrick Sercu, vainqueur de 88 épreuves de Six Jours entre 1965 et 1983, a composé ces derniers mois les plateaux de coureurs pour la plupart des organisateurs. " Il ne m'a jamais été aussi difficile de rassembler des compétiteurs que cet hiver ", regrette-t-il.
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La saison des épreuves sur piste s'est quasiment achevée mardi soir au vélodrome de Ballerup (Copenhague) en attendant la dernière épreuve en mars à Tilburg. Patrick Sercu, vainqueur de 88 épreuves de Six Jours entre 1965 et 1983, a composé ces derniers mois les plateaux de coureurs pour la plupart des organisateurs. " Il ne m'a jamais été aussi difficile de rassembler des compétiteurs que cet hiver ", regrette-t-il. La crise que connaissent les épreuves sur piste semble être principalement due au manque d'investissement des sponsors. Seuls huit meetings conservent la tête hors de l'eau, financièrement parlant. " L'offre est trop maigre pour pouvoir en faire un métier à plein temps en tant que coureur ", constate Sercu. " Les jeunes talents optent pour le cyclisme sur route, là où il y a le plus d'argent à gagner. "Les Danois Alex Rasmussen et Michael Morkov, qui ont animé les séries l'an dernier, n'ont disputé ensemble que trois épreuves cet hiver. " Leur priorité va désormais davantage à la route. Rasmussen a pu négocier un bon contrat dans l'équipe de Mark Cavendish. Et Morkov a l'ambition de disputer le Tour de France. " Le sprinteur néerlandais Theo Bos et les Australiens Leigh Howard (vainqueur l'an dernier de la Koolskamp Koers) et Cameron Meyer (lauréat du dernier Tour Down Under) se sont même contentés d'une participation à une seule épreuve de Six Jours. Parmi le plateau dévalué, c'est l'Allemand Robert Bartko qui s'est montré le plus en verve. Le coureur de Potsdam a gagné quatre épreuves : Amsterdam, Zürich, Brême et Berlin. " Jusqu'à l'an dernier, c'est Bruno Risi qui était le numéro un. A présent, c'est Robert qui a repris le flambeau. Je l'ai vu afficher de belles performances tout l'hiver ", poursuit Sercu. A 35 ans, Bartko rame à contre-courant : il se concentre entièrement sur le circuit des Six Jours. " Il a laissé tomber les épreuves de Coupe du Monde sur piste pour se concentrer sur les Six Jours. Il en récolte à présent les fruits ", affirme Sercu. " Cela lui convient également très bien dans son agenda. Robert a le statut de sportif d'élite à l'armée, où il étudie le management sportif. Lors des épreuves, il a le temps de se plonger dans ses syllabus en journée. Il prépare ainsi son après carrière sportive. " Comme coureur, Bartko a été formé comme poursuiteur et spécialiste du contre-la-montre. " Sa faiblesse réside dans son sprint ", note Sercu. " Risi était plus rapide que lui. Mais avec le rapide Danilo Hondo et surtout Roger Kluge comme partenaires, Robert a été bien servi cet hiver. " Côté belge, Iljo Keisse a pu seulement mettre l'épreuve de Gand dans son escarcelle, son épreuve préférée. Et puis, le coureur de Quick-Step a passé plus de temps devant les tribunaux que sur un vélodrome. Nos deux autres compatriotes sur le circuit, Kenny De Ketele et Tim Mertens, sont selon Sercu de bons coureurs sur piste, sans plus. " Ketelke est bien revenu après une mononucléose, Mertens doit encore accumuler de l'expérience. S'ils disputent une course ensemble, ils ne monteront normalement pas sur le podium. Mais s'ils sont associés à l'un des pistard du top, par exemple Iljo, ils se battront pour la victoire finale. " Seule difficulté : chez Topsport Vlaanderen-Mercator, ils servent d'autres intérêts que Keisse. Par conséquent, selon Sercu, voir émerger un duo flamand de haut niveau à l'avenir est moins évident qu'il n'y paraît. BENEDICT VANCLOOSTER