Bart Goor : " Le maillot auquel je tiens le plus est incontestablement celui que j'ai échangé avec Ryan Giggs au terme de la rencontre Manchester United- Anderlecht en Ligue des Champions 2000-2001. Le Sporting effectuait ce soir-là sa première sortie dans le cadre de cette épreuve et, malgré une cuisante défaite (5-1), je n'étais donc pas tout à fait rentré les mains vides de ce déplacement. Au retour, je me souviens que le scénario contraire s'était produit : nous l'avions emporté 2-1, mais ma requête de vareuse, adressée à DavidBeckham, avait été vaine. On comprendra, dans ces conditions, pourquoi je porte davantage dans mon c£ur le latéral gauche gall...

Bart Goor : " Le maillot auquel je tiens le plus est incontestablement celui que j'ai échangé avec Ryan Giggs au terme de la rencontre Manchester United- Anderlecht en Ligue des Champions 2000-2001. Le Sporting effectuait ce soir-là sa première sortie dans le cadre de cette épreuve et, malgré une cuisante défaite (5-1), je n'étais donc pas tout à fait rentré les mains vides de ce déplacement. Au retour, je me souviens que le scénario contraire s'était produit : nous l'avions emporté 2-1, mais ma requête de vareuse, adressée à DavidBeckham, avait été vaine. On comprendra, dans ces conditions, pourquoi je porte davantage dans mon c£ur le latéral gauche gallois que son alter ego anglais sur l'autre aile. Avant notre entrée sur le terrain à Old Trafford, j'avais tenu à solliciter Giggs en ce sens-là. Quoi de plus normal, dans la mesure où il occupait, et occupe d'ailleurs toujours, la même place que moi sur le terrain. Je me reconnais un peu en lui û j'insiste bien sur les termes unpeu û en ce sens que nous sommes tous les deux des joueurs à la fois physiques et techniques, même si mes qualités dans ce domaine sont nettement moins développées. Déposer un ou deux adversaires grâce à un contre-pied génial, puis faire mouche d'un envoi puissant ou bien placé, comme le Red Devil l'a fait à tant de reprises, ce n'est pas de mon ressort, malheureusement. Quoique je n'aie pas à rougir de ma production personnelle jusqu'ici. Une autre tunique qui ne me laisse pas indifférent du tout non plus, c'est celle que j'ai glanée au terme du match entre la Belgique et le Brésil lors de la Coupe du Monde 2002. Il va sans dire qu'avant son coup d'envoi déjà, cette partie avait fait l'objet de nombreuses palabres entre les Diables Rouges. Ronaldo et Rivaldo étaient alors les grandes vedettes de la Seleçao et il n'étonnera personne que leurs shirts étaient l'objet de bon nombre de convoitises. Personnellement, je n'avais pas voulu me mêler à ce débat, laissant aux divers joueurs intéressés par ces souvenirs, le soin de se débrouiller entre eux. Je n'avais fait aucune fixation sur une tenue en particulier. Le hasard a toutefois voulu qu'en fin de partie, je me retrouve non loin du banc des Sud-Américains. Je me suis adressé au footballeur le plus proche de moi afin de troquer son maillot contre le mien. Et cet élément-là, c'était ni plus ni moins Ronaldinho, dont la cote n'était pas encore aussi prestigieuse qu'aujourd'hui. Avec le recul, je me suis déjà fait souvent la réflexion que j'avais fait une très bonne affaire. L'actuel stratège du Barça, qui avait été remplacé en cours de jeu contre nous, avait tout simplement eu la bonne idée de s'asseoir au bon endroit au bon moment (il rit). Mon tout premier maillot obtenu, je m'en rappelle également comme si c'était hier. Il remonte à la saison 1992-1993 quand, avec le Verbroedering Geel, j'avais livré un quart de finale de la Coupe de Belgique à Anderlecht. Au-delà du revers, sur les chiffres sans appel de 7-1, j'ai encore en mémoire ma sortie du terrain avec sur les épaules le numéro 6 du Sportingman Alain Van Baekel. C'est sûr que j'aurais préféré obtenir la vareuse d'un Luc Nilis, d'un Johnny Bosman ou d'un Marc Degryse qui étaient aussi présents sur le terrain ce soir-là. Mais en tant que nouveau venu, à 19 ans, je ne pouvais décemment faire la fine bouche. Et ce maillot-là, j'en suis tout aussi fier aussi. D'autant plus que ces mêmes couleurs mauve et blanc, je les ai portées durant quatre belles années... "n par Bruno Govers