" Les arbitres exercent des responsabilités de plus en plus lourdes. Les enjeux sportifs et financiers sont énormes. Les hommes en noir sont souvent au centre de la polémique et il est temps de leur offrir le soutien de la vidéo. Cela éviterait des tensions inutiles et pas mal de gros mots. Longtemps, à Anderlecht, un cri fut synonyme d'arbitrage partial, pour ne pas dire plus : " Barberan ! ". Quand ce nom de famille était lancé à la figure d'un referee, c'était pour lui un terrible affront. Alors, d'où venait cette véritable insulte ? En 1966, Anderlecht...

" Les arbitres exercent des responsabilités de plus en plus lourdes. Les enjeux sportifs et financiers sont énormes. Les hommes en noir sont souvent au centre de la polémique et il est temps de leur offrir le soutien de la vidéo. Cela éviterait des tensions inutiles et pas mal de gros mots. Longtemps, à Anderlecht, un cri fut synonyme d'arbitrage partial, pour ne pas dire plus : " Barberan ! ". Quand ce nom de famille était lancé à la figure d'un referee, c'était pour lui un terrible affront. Alors, d'où venait cette véritable insulte ? En 1966, Anderlecht hérita du Real Madrid en quarts de finale de la Coupe d'Europe des clubs champions. C'était la deuxième fois que les Mauves affrontaient le plus grand club du monde dans cette épreuve. En 1962, le Real chuta en seizièmes de finale au Heysel (1-0, but historique de Jef Jurion après le 3-3 au stade Santiago Bernabeu). Quatre ans plus tard, le géant d'Espagne était en fin de cycle. Paul VanHimst marqua le seul but du match aller dès la deuxième minute de jeu au stade EmileVersé (l'ancienne appellation du stade Constant Vanden Stock) le 23 février 1966. Honnêtement, nous aurions pu ajouter un ou deux buts à notre actif. Avec son 4-2-4 ( Trappeniers ; Heylens, Kialunda, Plaskie, Cornélis ; Hanon, Jurion ; Stockman, Mulder, VanHimst, Puis), Anderlecht avait une équipe du top européen. Van Himst décrochait souvent et l'occupation de terrain se transformait en 4-3-3. Le bon comportement de la première manche constituait une source d'encouragement et d'optimisme. C'était sans compter sur l'homme en noir, José Barberan. Dès le premier coup de sifflet, le 9 mars 1966, il fut clair que nous étions en présence d'un " home referee ". Barberan dirigeait dans un sens, fermait les yeux sur les fautes du Real, sanctionnait sans cesse Anderlecht. A la 40e minute, l'arbitre français renvoya injustement Cornélis. En deuxième mi-temps, Barberan accorda un penalty imaginaire à Gento qui le transforma (3-0) avant que le même joueur fasse 4-0. Le message était clair : Anderlecht ne pouvait pas éliminer une deuxième fois le Real. Malgré cela, nous sommes revenus à 4-2 (buts de Jurion et de Puis). Sans ce sinistre Barberan, Anderlecht se serait retrouvé en demi-finale. Notre président Albert Roosens ne rata pas Barberan dans son " speech " lors du repas d'après match qui réunissait traditionnellement les deux clubs. Cette année-là, comme par hasard, le Real gagna la finale contre le Partizan de Belgrade (2-1). Et devinez où eut lieu ce match ? Au Heysel. Sans Barberan, je suis persuadé qu'Anderlecht aurait pu jouer la finale à Bruxelles. Ce Barberan, nom d'une pipe... "né en 1941, heylens fut un excellent back droit (67x diable rouge, équipe d'europe 65, mondial 70 au mexique, 7 titres et 3 coupes de belgique avec anderlecht). coacha une douzaine de clubs (passa 5 ans au losc et fut coach belge 1984 à seraing)propos recueillis par pierre bilic