Le Vardar de Skopje gardera une place à part dans la légende du Standard. Pas parce que les Liégeois ont réussi un match de rêve contre les Macédoniens mais d'abord parce que cela marque le retour du vieux club de Sclessin sur la scène européenne. Il y avait six ans que le Standard se contentait, de temps en temps, d'un billet pour la Coupe Intertoto. Le prestige de cette épreuve ne cesse de croître, malgré les doutes, et en juin 1996, le Standard disputa une des finales contre Karlsruhe. Le dernier voyage en Coupe d'Europe de l'UEFA date de 1995: le 12 septembre, Vitoria Guimares se paya le scalp du Standard (3-1, but liégeois de Gunther Schepens) avant de se payer un nul blanc en Wallonie deux semaines plus tard. Didier Ernst et Michaël Goossens sont les deux derniers survivants de cette époque pas si lontaine.
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Le Vardar de Skopje gardera une place à part dans la légende du Standard. Pas parce que les Liégeois ont réussi un match de rêve contre les Macédoniens mais d'abord parce que cela marque le retour du vieux club de Sclessin sur la scène européenne. Il y avait six ans que le Standard se contentait, de temps en temps, d'un billet pour la Coupe Intertoto. Le prestige de cette épreuve ne cesse de croître, malgré les doutes, et en juin 1996, le Standard disputa une des finales contre Karlsruhe. Le dernier voyage en Coupe d'Europe de l'UEFA date de 1995: le 12 septembre, Vitoria Guimares se paya le scalp du Standard (3-1, but liégeois de Gunther Schepens) avant de se payer un nul blanc en Wallonie deux semaines plus tard. Didier Ernst et Michaël Goossens sont les deux derniers survivants de cette époque pas si lontaine. Capitaine de son club, Ernst accorde une très grande importance à ce retour: "Ce ne fut pas facile. On a parfois galéré mais c'est le passé: le club a retrouvé un avenir européen et c'est ce qui compte. Je ne dis pas que tout fut parfait durant tout le match contre Skopje mais j'ai aimé notre mentalité et un style de jeu qui récèle des ambitions offensives. C'est un premier pas mais pour marcher, de plus en plus vite, il faudra être plus acharné".Strasbourg, un volcanLa presse française parle d'un tirage au sort clément pour le Racing de Strasbourg en Coupe d'Europe. L'Equipe souligne que les valeurs de la D1 belge sont assez incertaines. "Je ne m'occuperai pas de leur analyse", dit Ernst. "Ce n'est pas mon problème et tant mieux s'ils nous snobent même si je crois que ce ne sera pas le cas sur le terrain. Strasbourg a une équipe de D1 qui s'est retrouvée par accident en D2. Et, avant de chuter, elle a tout de même eu le temps de gagner la Coupe de France. Même si ce ne fut qu'à l'arraché, lors des tirs au but, face à Amiens grâce à leur célèbre portier, José-Luis Chilavert, qui signa la transformation de la victoire. L'équipe était très malade mais elle a su se dépasser ponctuellement. Cela prouve que le matches de ce style lui vont comme un gant. D'ailleurs, Strasbourg a déjà signé de bons matches sur la scène europénne, contre Liverpool, l'Inter, les Glasgow Rangers, etc. Il y a donc matière à défi pour nous". Didier Ernst connaît quelques points forts de Strasbourg: José-Luis Chilavert, Teddy Bertin, Corentin Martins, Daniel Ljubosa, etc. Tous ont envie de prendre leur revanche. Strasbourg est parfois un volcan comme le Standard et est contrôlé par Patrick Proisy (52 ans) qui est le PDG de McCormack France. Proisy a surtout dû gérer des situations difficiles. Ainsi, la saison passée, Strasbourg entama la saison avec le fantasque Claude Leroy (grand spécialiste de l'Afrique) comme coach avant de l'achever avec Yvon Pouliquen. Il y a des ressemblances qui ne trompent pas. Mais les observateurs disent aujourd'hui que le club alsacien émarge au Top 10 français. Cette saison, ils ont frappé un fameux coup en engageant un entraîneur de renom: Ivan Hasek. Il a un solide parcours de joueur: Sparta Prague, Strasbourg, Sanfrecce Hiroshima, Jef United Ichihara. Puis, il fut coach adjoint au Sparta Prague, de 1997 à 1998, avant de prendre à sa charge la direction sportive de ce club en 1999. Hasek avait d'autres offres mais le projet de relance de Strasbourg lui a semblé plus intéressant que tout. A 38 ans, l'avenir lui appartient. N'est-ce pas le cas de Michel Preud'homme aussi? Plusieurs joueurs belges ont joué à la Meinau : Karim M'Ghoghi, Christophe Kinet, Raphaël Miceli. Et on sait que Michel Preud'home adore ce stade. Il y a gagna la Coupe des Coupes le 11 mai 1988, avec Malines, contre l'Ajax, 1-0, but de Piet Den Boer sur centre d' Elie Ohana. Comme Michel est superstitieux, ça compte. Le club de René HaussMais si l'Alsace a joué un grand rôle dans l'histoire du Standard, c'est surtout grâce à René Hauss. Monument de Strasbourg, il avait gagné la Coupe de France en 1966 avant de mettre un terme à sa carrière de joueur. Deux ans plus tard, tuyauté par un ami sur les motivations de ce jeune coach, Roger Petit mène son enquête à la fédération française, se rend en Alsace et engage René Hauss: bingo, trois titres. "Je ne le connais pas et j'ignorais même que René Haus avait gagné autant de titres", raconte Ernst. "Il a dit et répété à la radio que ce serait très dur pour le Standard car Strasbourg a une bonne équipe. Nous la respecterons avec la certitude que le coup est jouable. Il faut passer. Je ne veux pas me contenter du premier tour de la Coupe de l'UEFA. J'ai un retard d'émotions européennes à combler". René Hauss est retraité mais assume encore des missions de scouting pour Strasbourg. Michel se retrouve un peu dans le même cas que Hauss en 1968. Mais à l'époque, les équipes gardaient le même profil durant dix ans. Le Chef sut mettre la dernière main au groupe défini par Michel Pavic. Un an après l'arrivée de Hauss à Sclessin, au Standard, Eddy Merckx attaquait dans le Ballon d'Alsace, avertissement sur la route de son premier succès au Tour de France. Le Standard devra aussi vaincre le Ballon d'Alsace pour continuer son Tour d'Europe. Dia 1Pierre Bilic