La scène remonte aux ultimes péripéties de la récente rencontre entre le FC Malines et le Racing Genk. Menés 2-1 à un fifrelin du terme, les Limbourgeois tentent le tout pour le tout en balançant de longues balles à suivre pour leurs attaquants. La dernière est destinée au rapide ailier droit Tom De Mul, qui se fait toutefois battre à la course par Nana Asare. Premier sur la balle, le back gauche des Sang et Or pivote et fait mine de vouloir dégager son camp. Mais en lieu et place de catapulter le cuir au loin, il mystifie son opposant direct par un petit pont. Ensuite : passes redoublées avec son compatriote Abdul-Yakuni Iddi, qui joue un cran plus haut sur la même aile. L'entraîneur Peter Maes a beau crier au fou, le duo n'en fait qu'à sa tête jusqu'au coup de sifflet final de l'arbitre Serge Gumienny. Et ce, pour le plus grand bonheur des supporters locaux, subjugués...
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La scène remonte aux ultimes péripéties de la récente rencontre entre le FC Malines et le Racing Genk. Menés 2-1 à un fifrelin du terme, les Limbourgeois tentent le tout pour le tout en balançant de longues balles à suivre pour leurs attaquants. La dernière est destinée au rapide ailier droit Tom De Mul, qui se fait toutefois battre à la course par Nana Asare. Premier sur la balle, le back gauche des Sang et Or pivote et fait mine de vouloir dégager son camp. Mais en lieu et place de catapulter le cuir au loin, il mystifie son opposant direct par un petit pont. Ensuite : passes redoublées avec son compatriote Abdul-Yakuni Iddi, qui joue un cran plus haut sur la même aile. L'entraîneur Peter Maes a beau crier au fou, le duo n'en fait qu'à sa tête jusqu'au coup de sifflet final de l'arbitre Serge Gumienny. Et ce, pour le plus grand bonheur des supporters locaux, subjugués... " Ce souci de ne pas se débarrasser du ballon à l'aveuglette est un héritage de l'éducation footballistique qu'Abdul et moi avons eue à la Feyenoord Fetteh Football Academy, le centre de formation mis sur pied en 1998 par le grand club néerlandais au Ghana ", dit-il. " Là-bas, depuis notre plus jeune âge, nous étions sans cesse opposés à des adversaires plus grands et plus âgés. Distiller des services aériens ne servait à rien dans de telles conditions. Le mot d'ordre était donc de garder la balle au sol et de procéder par petites touches répétées pour en priver l'adversaire. Comme dans la fameuse académie ivoirienne de Sol Béni, à Abidjan, chère à Jean-Marc Guillou. Ce n'est pas anormal : comme les joueurs de mon pays, les Ivoiriens sont, eux aussi, la plupart du temps, des petits formats. Quel succès, quand on voit ce que sont devenus des garçons comme Kolo Touré ou Emmanuel Eboué aujourd'hui ! " Asare émargeait à la première génération du centre de formation de Feyenoord, après avoir joué un an dans un petit club de sa ville natale de Kumasi, les Corners Babies : " Je n'avais qu'un rêve : rallier un beau jour les rangs de l'Ashanti Kotoko, l'un des deux porte-drapeaux du football de mon pays avec les Hearts of Oak de la capitale, Accra. Mais au lieu d'aboutir là-bas, j'ai été repéré par des représentants de l'Académie lors d'un tournoi interrégional. Pas moins de 700 teenagers furent ainsi recrutés. Le tout pour...18 places à pourvoir seulement. J'ai eu la chance de figurer parmi ces rescapés et c'est là que j'ai tout appris sous la coupe du coach Sam Arday. C'est avec lui que les Black Stars remportèrent notamment la médaille de bronze lors des JO de Barcelone 1992, de même que l'or, trois ans plus tard, à l'occasion au Championnat du Monde des moins de 17 ans. Et ce, avec Nii Lamptey (ex-Anderlecht) dans l'équipe. Je n'aurais pu jouir de meilleur écolage en termes de foot et de scolarité. Le régime était strict : lever à 5 h 30, petit-déjeuner et premier entraînement à 7 h. De 9 h 30 à 16 h 30 suivaient les cours, avec une pause de deux heures pour les devoirs avant de s'atteler à la deuxième séance de préparation de la journée. A 21 h, chacun s'endormait... " Après cinq années, à 18 ans, il tente sa chance en Europe. Jugé trop tendre par Feyenoord, il fut alors casé tour à tour à l'Antwerp puis au FC Malines, qui l'acquit définitivement en 2007 : " Ma situation était comparable à celle de ces nombreuses promesses qui font toutes leurs classes dans un seul club mais qui, en fin de parcours, sont privées d'accès à l'équipe A. Je m'étais toujours fait fort de devenir le premier à obtenir sa chance à Feyenoord, mais la réalité fut tout autre. Aujourd'hui, je ne regrette pas trop cette situation : le club néerlandais n'est plus que l'ombre du géant qu'il était jadis. Il n'est pas interdit de penser que j'aurais sombré dans cette galère. Ici, en revanche, j'ai eu l'occasion de m'étoffer progressivement, au contact de la D2 d'abord puis de l'élite du football belge. Chemin faisant, je me suis installé dans l'équipe. J'ai grandi en même temps que les Sang et Or. L'année passée, pour notre première expérience en D1, nous avions déjà épaté la galerie lors d'un deuxième tour mené tambour battant. Cette fois, j'ai bien l'impression que nous pouvons faire mieux encore. En championnat, nous sommes rodés et en Coupe, nous avons préservé toutes nos chances de qualification pour la finale suite à notre court revers à l'aller, 2-1 au Cercle Bruges. J'ai une énorme envie de jouer au stade Roi Baudouin. Et, qui sait, de ramener un trophée au club. Ce serait un chouette cadeau d'adieu, en tout cas. "C'est désormais acquis : Asare ne fera pas de vieux os au Kavé. Plusieurs clubs russes le suivent d'un £il intéressé, sans compter qu'Anderlecht est tombé sous son charme aussi après la confrontation en Coupe. Il est d'ailleurs prévu que les directions respectives se rencontrent en cours de semaine prochaine après le match entre les deux entités. " Mes préférences vont au club bruxellois. La Russie ne me dit rien qui vaille. Je pense comme le Sénégalais Mbaye Leye, de Zulte Waregem, qui a opté pour La Gantoise au lieu de Rubin Kazan : les joueurs africains ne sont pas les bienvenus là-bas. Ils ont souvent affaire à un public hostile, pour ne pas dire raciste. Un de mes coéquipiers en équipe nationale, Haminu Draman, évolue au Lokomotiv Moscou. Il m'a souvent parlé des problèmes qu'il avait là-bas, non seulement sur le terrain mais également dans la vie. Sans oublier le froid. En Belgique, je grelotte déjà quand le thermomètre n'affiche que quelques degrés et je n'ose penser à ce qui m'arriverait en Russie par moins 15. J'aurai 23 ans cet été. Pour mon évolution, il vaut mieux que je progresse d'un cran ici. Et Anderlecht, c'est le top, évidemment. J'ai rencontré naguère mon homonyme, Isaac Asare, qui a joué au Sporting en même temps qu'un autre compatriote, Yaw Preko. Il m'a dit que je devais tenter l'aventure si j'en avais l'opportunité. Je pense qu'Anderlecht a fait de mon acquisition une de ses priorités l'été prochain. C'est ce que soutient mon manager Jacques Lichtenstein ( NDLR : le beau-fils du secrétaire général mauve Philippe Collin et comme chez lui à Anderlecht). La concurrence promet d'être rude là-bas mais elle ne me fait pas peur. J'ai prouvé lors du match de Coupe que je pouvais être déterminant face à un ténor. Et je ne suis pas le seul : Joachim Mununga a montré lui aussi, face à Olivier De-schacht, qu'il avait l'étoffe pour jouer un échelon plus haut. Si le RSCA cherche un remplaçant à Jonathan Legear, pourquoi ne pas songer à lui ? C'est le meilleur flanc droit en Belgique. Ce serait plutôt gag, mais peut-être pas impossible, de le retrouver encore à mes côtés la saison prochaine... " par bruno govers