Les journalistes en Mongolie

Une partie des journalistes belges, suivant l'équipe olympique belge, a eu la délicieuse surprise de se retrouver... à Hohot (Huhehaote) en Mongolie Intérieure, la province chinoise près de la Mongolie, au lieu d'atterrir à Pékin. En provenance de Shanghai, où les troupes de Jean-François de Sart venaient de décrocher leur qualification pour les quarts de finale du tournoi olympique, l'avion des journalistes a été dérouté en Mongolie suite au mauvais temps régnant sur Pékin.
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Une partie des journalistes belges, suivant l'équipe olympique belge, a eu la délicieuse surprise de se retrouver... à Hohot (Huhehaote) en Mongolie Intérieure, la province chinoise près de la Mongolie, au lieu d'atterrir à Pékin. En provenance de Shanghai, où les troupes de Jean-François de Sart venaient de décrocher leur qualification pour les quarts de finale du tournoi olympique, l'avion des journalistes a été dérouté en Mongolie suite au mauvais temps régnant sur Pékin. Une heure plus tard, l'avion redécollait pour Pékin, avec un capitaine... de Dinant. L'occasion donc d'admirer les steppes mongoles ! La copine de Sepp De Roover lui a fait ses adieux à l'aéroport de Shenyang. Sans doute pour revenir en Belgique ? Non. Elle filait avec sa mère sur Pékin pour assister à quelques épreuves olympiques et humer l'ambiance des Jeux. Elle n'a malheureusement pu accueillir son petit copain, arrivé à Pékin pour les quarts de finale. Elle était déjà repartie pour la Belgique. Scène cocasse lors de l'interview d'après-match de Jean-François de Sart à Shenyang. Alors que l'entraîneur belge pérorait sur la victoire des siens face à la Chine, une petite armée de cinquante militaires chinois défilaient, à la course, devant la zone mixte. Les bruits de bottes ont fait se retourner tous les journalistes. " Manifestement, certains n'ont pas digéré la défaite ", déclara de Sart sur le ton de la plaisanterie. Lors de Belgique-Chine, un seul nom a fait vibrer tout le stade de Shenyang : celui de l'ancien attaquant de l'Antwerp, Dong Fanghzou. Bien qu'il n'était pas titulaire au départ du tournoi (ni contre la Belgique), celui qui évolue aujourd'hui à Manchester United est devenu une idole nationale en marquant le premier but de la Chine dans une phase finale de football. Cela s'était passé quelques jours plus tôt contre la Nouvelle-Zélande (1-1). En cinq participations (Coupe du Monde et Jeux Olympiques), la Chine n'avait jamais inscrit un but ! Face à la Chine, la Belgique a dû faire face à un public entièrement acquis à la cause chinoise (logique) mais également très versatile. Accueillant placidement le but belge tombé dès la 8e minute, il ne put, par contre, pas accepter le deuxième. Alors que le stade de 61.000 places était rempli comme un £uf au coup de sifflet initial, il était à moitié vide, à cinq minutes du terme. Le lendemain, tous les Chinois que l'on croisait nous félicitaient pour la victoire belge. Le secret de la réussite de ce groupe repose en grande partie dans sa bonne humeur. " Les blagues n'arrêtent pas de fuser ", explique un des membres du staff. Exemple à Shanghai lorsque Kevin Mirallas prit, à l'issue d'un entraînement, le sac de Sébastien Pocognoli et le mit dans le bac à glaçons dans lequel reposaient les boissons. Quelques jours plus tôt, un des joueurs avait eu sa montre retardée de quelques minutes. Il arriva en retard et se fit sermonner par l'entraîneur, alors que le reste du groupe se tordait de rire. Impossible de connaître le nom du piégé. A chaque jour son lieu d'entraînement. A Shenyang, les Diables Olympiques ont pu s'entraîner au stade, dans un second stade (quand même de 23.000 places), et dans une école de journalisme. A Shanghai, ils ont foulé la pelouse d'un stade enfermé dans un campus universitaire. Et à Pékin, il s'agissait du centre d'éducation et de culture physique. Avant de rallier le lendemain, un terrain de la Beijing University of Sport, à l'entrée de laquelle trônait une énorme statue en plâtre de Mao. Il faut être dans le métro d'une ville de 18 millions d'habitants (Shanghai) pour tomber sur des supporters belges, arborant fièrement leurs couleurs. Ces quatre fans venaient de Tianjin et travaillaient depuis huit ans à BASF. " Cela fut compliqué de trouver des tickets mais nous y sommes parvenus. "Et surprise, ils étaient loin d'être les seuls dans le stade. Shanghai est la ville chinoise qui compte la plus forte colonie belge (800 personnes). " C'est bien qu'on se soit qualifié ici. Cela donne une visibilité et une belle image de nos entreprises et du savoir-faire belge ", lançait le chef de mission, Philippe Rogge à l'issue du match. Plusieurs journalistes chinois ont pris des nouvelles de Pocognoli, qu'ils ont cru à l'hôpital après le tackle du défenseur Tan dans les testicules. " J'avais vu le coup arriver et j'ai réussi à me protéger ", expliqua le Liégeois pour minimiser les conséquences de l'accident. " Ma femme m'a appelé tout de suite après l'incident pour prendre de mes nouvelles. Elle était prête à lancer la procédure d'adoption ", lança-t-il en rigolant. A Shanghai, les joueurs et tout le staff technique logeaient dans un hôtel avec vue sur le stade. Les journalistes résidaient dans l'enceinte-même du stade. Mais à ville tentaculaire, sécurité renforcée. Ainsi, craignant beaucoup plus les attentats qu'ailleurs, les hôtels constituaient de véritables forteresses. Impossible pour les joueurs de sortir quelques minutes. Et certains ont dû laisser leur déodorant (produit inflammable) à la réception. Les footballeurs, généralement logés dans les hôtels les plus confortables, sont tombés de haut en découvrant les logements du village olympique, à Pékin. " Il n'y a même pas internet, ni la télévision ", se plaignaient-ils. Cependant, ce confort spartiate fut vite oublié le lendemain lorsqu'ils croisèrent Rafael Nadal à la cantine. " Je n'ai pas manqué de prendre une photo avec lui ", expliquait Anthony Vanden Borre. " Au niveau sportif, Anthony est une véritable encyclopédie ", ajoutait Jean-François Remy. " C'est lui qui, le premier, a reconnu Haile Gebrselassié ". Comme quoi, l'habit ne fait pas le moine. " Ils sont frais car ils s'hydratent bien, se reposent et font chaque entraînement avec un cardio-fréquencemètre. Toutes leurs données sont analysées ", explique le kiné Bernard Vandevelde. " Ils perdent beaucoup de liquide et risquent des crampes. Cela amène alors une baisse du niveau de la prestation. Chaque bidon est marqué du numéro du joueur. Ils sont tous différents. En fonction de ce que perd le joueur, il aura une boisson avec davantage de sucres ou de sels minéraux ou pas. Leur poids est pris avant et après chaque entraînement et chaque match. On peut alors mesurer le taux d'eau perdu. De plus, la boisson qu'ils reçoivent avant le match n'est pas la même que celle d'après-rencontre. Avant, elle est plus isotonique, c'est-à-dire composée d'éléments que l'estomac supporte. Après, elle est recup fuel, c'est-à-dire une boisson qui peut être plus lourde à digérer car il n'y a plus d'efforts à effectuer. " par stéphane vande velde