A peine le Standard avait-il été désigné comme adversaire du Panathinaikos pour les besoins de l'avant-dernier tour qualificatif de la phase des poules de la Ligue des Champions, que je reçois un coup de téléphone de Grèce. Au bout du fil, c'est une vieille connaissance : Yannis Anastasiou. Alors que la plupart des échanges entre journalistes et joueurs se limitent le plus souvent au football et n'excèdent généralement pas le temps d'une carrière, il y a toujours des exceptions pour confirmer la règle, heureusement. Et lui en...

A peine le Standard avait-il été désigné comme adversaire du Panathinaikos pour les besoins de l'avant-dernier tour qualificatif de la phase des poules de la Ligue des Champions, que je reçois un coup de téléphone de Grèce. Au bout du fil, c'est une vieille connaissance : Yannis Anastasiou. Alors que la plupart des échanges entre journalistes et joueurs se limitent le plus souvent au football et n'excèdent généralement pas le temps d'une carrière, il y a toujours des exceptions pour confirmer la règle, heureusement. Et lui en est manifestement une. J'avais fait sa connaissance au moment où il s'était lié à Anderlecht en 1998. Le restaurateur-manager Fotis Moucas, dont l'un des établissements, nommé Ikaros, avait à l'époque pignon sur rue à la Chaussée de Ninove, non loin du Parc Astrid, avait fait en sorte que mon collègue Christian Vandenabeele et moi puissions l'interroger longuement, autour d'une bonne table, après sa présentation officielle dans son nouveau club. Après coup, on s'était fait la réflexion, Christian et moi, que les extrêmes se ressemblent. Car notre homme, venu à l'époque de Crète, au fin fond de l'Europe, dégageait décidément la même sympathie que les gars du Nord, lisez les Scandinaves, qui eux aussi ont toujours été d'un abord facile et sympa au Sporting. Anastasiou, barré notamment par le duo Jan Koller-Tomasz Radzinski lors de ses années mauves, entre 1998 et 2000, a toujours fait contre mauvaise fortune bon coeur. Pas question de se lamenter sur son sort ou de crier à l'injustice dans son chef, il était toujours d'excellente humeur. Et puisqu'on dit aussi que les extrêmes s'attirent, lui, véritable livre ouvert, aura été aussi, tout au long de ses années au Stade Constant Vanden Stock, le meilleur copain d'Alin Stoica, sans doute le gars le plus secret et impénétrable que j'aie jamais rencontré. Comme quoi... Yannis, incontestablement barré par plus fort que lui au RSCA, n'en a pas moins fait une belle carrière, puisqu'il a poursuivi sa trajectoire sportive aux Pays-Bas, à Roda JC Kerkrade d'abord, puis à l'Ajax Amsterdam. Deux points de chute pas trop loin de Bruxelles, où il avait gardé pas mal de contacts. Aussi, lorsqu'il était de passage dans notre capitale, on en profitait toujours pour boire le verre de l'amitié au Westland Shopping Center. Malgré nos bons rapports, je lui avais dit, au bout du match aller contre le Standard, qu'en tant que Belge, et suiveur régulier des Liégeois, j'espérais évidemment que les Rouches passeraient le tour face à son Pana. Ce qui s'est bel et bien vérifié. Mais pas d'importance : je sais que notre amitié est au-dessus de tout ça !?PAR BRUNO GOVERS