On peut schématiser en disant qu'un Sporting est mort, laissant derrière lui quelques cadavres en décomposition. Une autre entité s'est élevée. Il y a presque un an. Tout à changer.
...

On peut schématiser en disant qu'un Sporting est mort, laissant derrière lui quelques cadavres en décomposition. Une autre entité s'est élevée. Il y a presque un an. Tout à changer. Nouveau stade. Nouveau comité. Nouveaux joueurs. Nouveau staff technique. Mettre en fonctionnement un tel engrenage demande du temps. Ceux qui ont accepté de relever le gant se sont trouvés face à un challenge délicat.L'information est toute fraîche. Elle présente un caractère confidentiel quoi que bien réel. Au lieu des 110, 130 millions annoncés, la dette contractée par la vénérable ASBL balance entre 200 et 300 millions! Un gouffre. Un abîme. Une folie devrait-on dire. Un tel passif situe sans doute mieux l'ampleur de la tâche qui attendait les repreneurs. Ceux-ci, doivent autant surveiller leur rétroviseur que plonger un regard perçant vers l'avenir. Tout en gérant le quotidien. Divers plans de bataille se construisent. Certains sont à l'état embryonnaire. D'autres avancent. Une réflexion constitue la souche des actions à mener. Le Sporting de Charleroi s'est doté d'une ligne de conduite. Leitmotiv : la formation en constituant un cercle d'amis. Le concept est basé sur une "synergie à paliers" qui prendrait la forme d'une pyramide. Charleroi devenant le centre de la construction. L'étage par lequel transitent des joueurs. Les meilleurs, une minorité, partiront vers le niveau supérieur. Les autres resteront au Pays Noir. A moins qu'ils n'aillent faire le bonheur de formations évoluant dans des divisions moindres. En clair, Charleroi souhaite entériner des accords avec le RFC Liège, le RSC Visé et le CS Braine d'abord. Ensuite avec un club situé en province de Luxembourg et un autre dans la partie flamande. Les identités sont connues. Elles ne peuvent malheureusement (pas encore) être révélées.Lucien Gallinella, administrateur-manager explique : "Le rêve est de faire en sorte que nous passions le moins souvent possible à côté d'un Belge de valeur. En ce qui concerne Visé, le projet est d'envergure. Sous l'égide de ce club, un concept est étudié de manière à créer une école de perfectionnement qui regrouperait six ou sept équipes de la Basse-Meuse et du Pays de Herve. Nous interviendrons au niveau de la logistique de manière à pouvoir surveiller un concentré de ce que la région propose comme meilleurs jeunes". Le cas de Liège diffère. Son école est reconnue depuis belle lurette. Elle fait partie du gratin national. De ses flancs sont issus des garçons de la valeur d' Eric Deflandre, Ronald Foguenne, Gaëtan Englebert, Manu Godfroid. Aussi, quelque part, Harald Meyssen, Sunday Oliseh et Victor Ikpeba. Ceci en attendant la révélation de Grégoire, qui poursuit son apprentissage à Mouscron et de Wiggers qui devrait rejoindre l'élite dans les semaines à venir. "Imaginez un instant que nous puissions être les premiers à saisir de tels talents", poursuit Lucien Gallinella. "Il s'agirait à coup sûr de bons investissements. Le principe ne serait pas de dire que tous doivent impérativement rejoindre nos rangs. Cependant, à conditions égales, nous aurions systématiquement la préférence". En échange de ce droit de regard, Charleroi prêterait ou offrirait les services d'éléments qui peinent à se glisser dans la peau d'un titulaire. D'où la possibilité de voir éclore une belle fleur dans un contexte où la concurrence fait moins rage. Autre argument massue, un investissement publicitaire consenti par Chaudfontaine Monopole et dont bénéficierait le partenaire. "C'est surtout vrai en ce qui concerne les Liégeois", apprend Gallinella. "Monsieur Bayat est attentif au fait de ne pas délocaliser l'image de Chaudfontaine. D'où son intention d'être présent sur le sol principautaire. Existe cependant une condition : que ni Liége ni Visé n'évolue en première division. Ce serait impensable. Nous deviendrions concurrents. Et je n'ose imaginer les sous-entendus qui pourraient être distillés. A juste titre d'ailleurs car, impossible à un moment, d'éviter les conflits d'intérêt". Parce que le football s'internationalise et que le phénomène risque de s'accentuer, les Carolos ne négligent aucunement des rivages ensoleillés. Ainsi, un partenariat est entériné avec l'Académie de Football de Dakar. Un autre sera officialisé avec une formation évoluant en D3 croate, à quelques kilomètres de Split, connue pour la qualité de son centre de formation. "Le projet global est calculé sur une période de cinq ans", poursuit Gallinella. "Dès à présent, nous tentons évidemment de renforcer notre effectif. Dans la sagesse. A regret, nous avons d'ores et déjà refusé quelques joueurs dont les prétentions dépassent notre enveloppe budgétaire. Petit à petit, nous souhaitons gravir les marches afin de nous installer parmi le quatuor de tête endéans ces fameux cinq ans. De manière régulière s'entend! Car l'équipe Première joue le rôle d'un phare. Ce sont les performances réalisées par la phalange représentative qui draine l'attention des gamins. Leur donne l'envie de revêtir une tunique plutôt qu'une autre. Pour la petite histoire, il faut notamment savoir que six de nos juniors font partie de l'équipe nationale. Ils constituent une base sur laquelle nous misons. L'aspect commercial suivra. M.Bayat vient de demander à son directeur Europe de s'investir dans le projet. Vous savez, en football, il n'existe que deux moyens permettant de bien vivre : réaliser de gros transferts en sortie et s'appuyer sur un plan sponsoring robuste. A l'exception d'Anderlecht, qui est ce qu'il est, et du Standard, qui dispose en Louis-Dreyfus d'un homme capable d'injecter quatre milliards, personne en Belgique n'est en mesure de s'offrir une pointure. L'unique solution consiste à piquer la perle dès que l'huître s'entrouvre. Sinon, c'est trop tard! Nous serions évidemment heureux de pouvoir ramener un Zetterberg au bercail. Impossible. Il touche 50 millions de francs belges par an. Hors primes! Il représenterait à lui seul la moitié de notre budget. Quand on sait cela, on sait tout". Début mai, les décideurs du Sporting se rendront à Paris. Qui dit Paris, dit forcément PSG..."Tout est parti de l'amitié qui unit Luis Fernandez à Enzo Scifo. Luis nous a proposé Kelban, actuellement trop léger pour Paris Saint-Germain mais, qui peut espérer s'aguerrir chez nous. Donc progresser. Il y a d'autres Kelban au Camp des Loges. Ceux-ci rejoindraient nos rangs tandis que les anciens champions de France auraient la priorité sur nos vedettes. Nous fonctionnerions, en sens inverse, exactement de manière identique aux partenariats belges. Imaginons que nous découvrions un jeune Liégeois, Sénégalais ou Croate. S'il s'avère que nous détenons une star et que Marseille et Paris souhaitent s'approprier ses services, à offre égale, il rejoint la Ville Lumière. Nous ne désirons pas établir une collaboration avec un autre club. Paris est proche de Charleroi. On y parle la même langue. L'union est attirante. J'ai eu dernièrement Fernandez au téléphone, il est chaud à l'idée de finaliser notre accord. Nous n'avons pensé que sportif. Maintenant, s'il y a moyen d'échafauder d'autres stratégies, nous serons preneurs. Avec le PSG, nous avons la certitude de marcher main dans la main avec un complice riche, solide, déterminé". Daniel Renard