La Gantoise vient de prendre 1 point sur 6: est-ce le signe d'un essoufflement?
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La Gantoise vient de prendre 1 point sur 6: est-ce le signe d'un essoufflement?Georges Heylens: Cette équipe a été confrontée à ses deux premiers gros tests, à Anderlecht et contre Genk. On en sait à présent un peu plus sur ses capacités. J'ai été marqué par ses difficultés à la concrétisation. Ses attaquants étaient aux abonnés absents, surtout face à Genk. Le joueur qui a eu l'occasion de tuer le match n'est pas un attaquant de formation: Schepens. Et il a raté cette opportunité. Malgré cela, Gand reste un ensemble solide, que je vois terminer parmi les quatre ou cinq premiers. Ce n'est pas la défaite à Anderlecht qui me fera changer d'avis. Là-bas, les Gantois ont été battus sur deux penalties discutables. C'est frustrant de prendre des coups pareils sur la tête quand on justifie un certain niveau de jeu pendant tout le match. Je suis persuadé que cette frustration poursuivait encore les joueurs lors du match contre Genk. Genk négocie bien ses matches au sommet.Tout à fait. Cette équipe s'est déjà rendue à Anderlecht, à Bruges et à Gand. Et elle s'en est chaque fois bien sortie. Il faut tenir compte de ce programme quand on analyse le classement. Moi, je donne l'avantage aux Limbourgeois. Il y a la réalité des chiffres, mais aussi la manière employée pour forger ces résultats. Genk essaye de développer un football offensif, ce qui n'est pas le cas de la majorité des autres équipes de D1. Le Racing est plus offensif que les autres candidats à l'Europe ou au titre, notamment.Anderlecht a fauté à Lommel après avoir fait le plus dur contre Gand.Encore deux points perdus! Quand on en abandonne autant dans des petits matches, on n'a aucune chance de conquérir le titre. Les Anderlechtois devront rapidement changer leur fusil d'épaule s'ils veulent faire à nouveau la course en tête. J'ignore s'il y a un malaise au Parc Astrid, mais il est clair que la défaite concédée au Real laisse encore des traces aujourd'hui. Il est urgent que les Mauves reforment un bloc et qu'ils arrêtent de dire n'importe quoi dans la presse. Les dirigeants doivent mettre les choses au point et rappeler aux joueurs que s'ils ont des reproches à adresser, cela doit se faire dans le vestiaire ou autour d'une table. Il faut menacer d'exclusion ceux qui parlent trop en public. Sans quoi cette équipe risque d'éclater dans tous les sens. Selon moi, il y a encore un autre problème à Anderlecht: les joueurs pensent trop à la Ligue des Champions, comme s'ils ignoraient que le championnat doit rester prioritaire.Le Standard, lui aussi, souffle le chaud et le froid.Il est moyen, sans plus. A l'image d'Anderlecht. Comme il joue pour le moment, je ne le crois pas capable d'être à nouveau européen en fin de saison. Il risque de se faire dribbler par Gand et Genk. N'oublions pas qu'il y a cinq candidats sérieux pour trois places européennes. A Sclessin aussi, j'ai l'impression que la Coupe d'Europe est un peu trop présente dans les têtes. Preud'homme n'a sans doute pas encore assez d'expérience pour gérer cet aspect psychologique, mais le reste de son staff doit quand même posséder suffisamment de vécu pour lui conseiller la meilleure approche.Charleroi a battu La Louvière, sans convaincre.Les Zèbres n'ont plu à leur public que par le score. Sur ce qu'ils montrent pour le moment, ils ne valent pas mieux que la dizième place. Dans cette équipe, il y a peut-être trop de techniciens qui refusent de passer leur bleu de travail. Pour les Loups, la spirale des mauvais résultats ne s'est pas encore arrêtée, et cette équipe va maintenant recevoir le Standard. Ce rendez-vous tombe peut-être bien pour eux, finalement, puisque les Liégeois auront entre-temps affronté Bordeaux en Coupe d'Europe.Le RWDM a fait la bonne opération du week-end.Emilio Ferrera a l'occasion de démontrer pour la deuxième fois qu'il est un bon entraîneur. Le problème qu'il a soulevé dans Match 1 est toutefois inquiétant. Si ses joueurs sont aussi mal préparés physiquement, ce n'est pas en une semaine qu'il pourra corriger le tir. Pierre Danvoye