24 juillet 2013, la Muleta (drap rouge des matadors) change de pieds. Fin de règne. Le Barca a fini de faire joujou avec ses victimes.
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24 juillet 2013, la Muleta (drap rouge des matadors) change de pieds. Fin de règne. Le Barca a fini de faire joujou avec ses victimes. Pour la première fois depuis 309 matchs, ce ne sont plus les Catalans qui mènent le ban. Pour le première fois depuis 309 matchs, le Barca n'a pas eu la meilleure possession de balle. Une fin de règne contre leur Roi et sans leur Dieu. Y a pas de hasard. Cette fin de série tombe contre Pep Guardiola et sans LionelMessi. Pas de hasard parce que ce soir-là, même avec ma grand-mère, le Bayern aurait baladé les nouveaux frustrés. Parce que Barca B, parce que ceux de la Roja étaient toujours en vacances. Car baladés, eux aussi, par les Brésiliens en finale de la Coupe des Confédérations. Décidément les temps changent, très vite. Quelques jours plus tard, c'est le Bayern qui se fait balader par ceux qui les avaient baladés pendant deux saisons. Le Borussia Dortmund gagne la Super Coupe d'Allemagne. Dans ce match, on découvre un Bayern qui n'en est toujours qu'au Tiki du Tikitaka de Guardiola. Le Bayern a toujours un doigt de pied dans le passé. Celui du triplé, celui qui rassure. Déjà en avant-match, le surréalisme nous régale. La compo du Bayern arrive sur les écrans : Coach du Bayern : Jupp Heyckens. Ce Bayern actuel a encore des phéromones d'andropause. Les joueurs ont encore du Jupp en eux. Ils sont dans les 2. Dans Jupp et Pep. Un peu de bière, un peu de soda. A Liège, quand tu les mélanges, ça donne un " Mazout " . Carburant certes mais plutôt lent à mettre en route. Le Bayern n'est actuellement qu'un amalgame entre la version triplé et la version sextuplé que Pep rêve d'apporter. Cette saison, c'est déjà rappé. Dortmund gagne 4-2. Formidable nouvelle. Le Bayern n'est pas invincible. Oui mais voilà, comme à Man United, le vieux est parti. D'ailleurs c'est la tendance de l'été. A part la Juve, tous les champions des cinq grands championnats européens ont changé d'entraîneur. Même le PSG, qui nous offre l'exception française. Les Parisiens ont été le sixième champion de Ligue 1 différent en six ans. Rien à voir avec l'Allemagne où le Bayern est champion une fois sur deux et l'Angleterre où ManU a raflé 13 des 21 titres mis en jeu par la Premier League. Non, en France, ça part dans tous les sens. Du nord (Lille en 2011) au Sud (Marseille en 2010). En passant par Bordeaux, Montpellier et Lyon. L'OL qui se l'est jouée grand d'Europe avec son septuplé entre 2002 et 2008. Fini tout cela. Aulas rattrapé par les pétrodollars. Mais aussi la tradition et l'éducation. Dès qu'un club est champion de Ligue1, ses " stars " partent la saison suivante pour monnayer ce qui pourrait n'être qu'un feu de paille. Autant prendre le blé, direct. Humain, normal, là où on n'a pas le maillot chevillé au corps. Et puis tant mieux. Quel bonheur de se dire que ça peut venir de partout. Quel bonheur de voir le Montpellier de " Loulou le Guignol " taper le PSG du " Roi Nasser ". En Angleterre, ça fait 50 ans qu'on a pas eu sept champions différents en sept saisons. En Allemagne, le pays était toujours divisé en deux. En Italie on en a eu cinq différents au milieu des années 80. Et puis il y a eu le Milan des années 90, l'Inter des années 2000 et maintenant la Juve. Et la Liga ? Là c'est un duo qui rafle toujours le gros lot. Éternelle rivalité. 25 des 30 derniers titres pour le Barca ou le Réal. Pire, depuis quatre saisons, l'écart entre le champion et le troisième est, en moyenne, de... 27 points. Mais ça va peut-être changer. Une proposition de loi ramène l'espoir d'équité. Les droit TV vont être négocier par la Liga. Plus par chaque club individuellement. Fini le temps où les deux mastodonte palpaient, chaque année, 100 millions d'euros de plus que les autres. Les autres vont gagner plus mais les deux géants risquent de ne pas gagner moins. Mais bon, l'incertitude du sport n'a pas de prix, c'est déjà ça. Le Bayern n'en est toujours qu'au Tiki du Tikitaka de Guardiola.