Aucun coach national, interrogé sur les spécificités de sa fonction par rapport à celle d'entraîneur de club, n'avouera que son job est sacrément plus peinard. Mais il le sait parfaitement ! Quelques matches sur un an et quelques entraînements, c'est moins de sueur que de coacher toutes les semaines et voir les mêmes tronches tous les jours... sans que ce soit de facto moins rémunérateur ! Ceci sans croire qu'un sélectionneur national subit en revanche une pression supérieure, liée à l'immense prestige de sa fonction. C'est seulement le manque de résultats qui augmente la pression ! En ce moment, un Joachim Löw, pour lequel tout baigne, est moins pressurisé qu'un Félix Magath. Et l' Ariel Jacobs (d'avant AEK Athènes !) ne l'était sûrement pas moins que Georges Leekens, tout en l'étant bien plus que Frankie Vercauteren... En ajoutant même que, vis-à-vis du coach sans résultats, le footeux patriote est sans doute moins teigneux que le supporter de club.

Quoique plus planqué, l'entraîneur national n'oubliera jamais de se plaindre d'avoir si peu souvent son effectif à disposition : ce qui l'empêche de travailler les automatismes autant qu'en club. OK, ce temps restreint est indéniable, et embêtant si les automatismes sont prépondérants pour traquer la victoire. Mais il faut alors pallier au mieux cet inconvénient, non ? Si, et je n'ai qu'un tuyau, le voici : " Moins j'ai de temps pour bosser les automatismes que s'efforcera d'appliquer mon onze dès le match suivant, plus je dois m'efforcer de garder le même onze ! " Car si ce sont toujours les mêmes qui travaillent, même si l'on travaille peu, les automatismes s'enracineront davantage que si l'on change les joueurs sans cesse : c'est logique et bête comme chou ! Est-ce donc le cas ?

Chez Georges, en 5 semaines et 4 matches officiels, 19 joueurs différents ont figuré dans le onze de départ. Le chiffre passe à 23 si l'on compte les joueurs utilisés, il passe à 31 sur 6 matches si l'on comptabilise les 2 amicaux précédents. Et Long Couteau ne tranche pas (ah ! ah ! ah !) sur ces prédécesseurs, René Vandereycken avait utilisé 55 bonshommes en trois ans et demi : ce qui n'empêcha pas ensuite Vercauteren puis Dick Advocaat d'en introniser 15 autres. A ce jour, depuis les débuts de VDE en mars 2006, 79 gars différents ont porté le maillot des Diables.

N'est-ce pas beaucoup ? Quelqu'un sait-il si ce chiffre est pareillement faramineux aux Pays-Bas, ou en Espagne, ou ailleurs où les résultats sont meilleurs que les nôtres ?

Et qu'en est-il en clubs : les plus chambouleurs d'effectif alignent-ils fréquemment jusqu'à 80 joueurs en 3 grosses saisons et beaucoup plus de matches ? Pas sûr. Ce qui est certain, c'est que si un club faisait déjà défiler sans succès, dans son onze de départ, 19 joueurs différents lors des 4 premiers matches de sa saison, les critiques pleuvraient pour dire que c'est n'importe quoi, qu'il n'y a pas de fonds de jeu ou de ligne de conduite.

Pour info, au coup d'envoi de leurs 4 premiers matches, Genk (qui débuta bien) et Eupen (tout l'inverse) n'ont respectivement aligné que 14 et 16 joueurs différents, moins que Mc the Knife ! C'est la réponse, négative, à la question posée supra.

Le réservoir d'un coach national étant inépuisable, la tentation est grande d'essais interminables. Et si l'on adoptait plutôt, dès la phase préliminaire d'un Euro ou d'un Mondial, la formule de la phase finale : fixer au départ une liste limitée de sélectionnables, hors de laquelle il serait interdit de puiser ? Supposons que Leekens ait dû désigner ses 23 avant l'Allemagne, et doive s'en contenter pour nos 10 matches de poules : durant un an de retrouvailles ponctuelles, cela n'apporterait-il pas quelque chose du point de vue de l'esprit de groupe et des automatismes ?

A méditer. Sauf si l'importance prétendue de ces automatismes était surfaite : car à voir la hâte avec laquelle, à chaque mercato hivernal, les clubs balancent dans leur onze le dernier transfert-miracle qui a débarqué la veille au soir, on se dit que l'automatisme n'est pas grand-chose en regard du rêve d'exploit individuel. A méditer aussi ?

par bernard jeunejean

"L'automatisme n'est pas grand-chose en regard du rêve d'exploit individuel."

Aucun coach national, interrogé sur les spécificités de sa fonction par rapport à celle d'entraîneur de club, n'avouera que son job est sacrément plus peinard. Mais il le sait parfaitement ! Quelques matches sur un an et quelques entraînements, c'est moins de sueur que de coacher toutes les semaines et voir les mêmes tronches tous les jours... sans que ce soit de facto moins rémunérateur ! Ceci sans croire qu'un sélectionneur national subit en revanche une pression supérieure, liée à l'immense prestige de sa fonction. C'est seulement le manque de résultats qui augmente la pression ! En ce moment, un Joachim Löw, pour lequel tout baigne, est moins pressurisé qu'un Félix Magath. Et l' Ariel Jacobs (d'avant AEK Athènes !) ne l'était sûrement pas moins que Georges Leekens, tout en l'étant bien plus que Frankie Vercauteren... En ajoutant même que, vis-à-vis du coach sans résultats, le footeux patriote est sans doute moins teigneux que le supporter de club. Quoique plus planqué, l'entraîneur national n'oubliera jamais de se plaindre d'avoir si peu souvent son effectif à disposition : ce qui l'empêche de travailler les automatismes autant qu'en club. OK, ce temps restreint est indéniable, et embêtant si les automatismes sont prépondérants pour traquer la victoire. Mais il faut alors pallier au mieux cet inconvénient, non ? Si, et je n'ai qu'un tuyau, le voici : " Moins j'ai de temps pour bosser les automatismes que s'efforcera d'appliquer mon onze dès le match suivant, plus je dois m'efforcer de garder le même onze ! " Car si ce sont toujours les mêmes qui travaillent, même si l'on travaille peu, les automatismes s'enracineront davantage que si l'on change les joueurs sans cesse : c'est logique et bête comme chou ! Est-ce donc le cas ? Chez Georges, en 5 semaines et 4 matches officiels, 19 joueurs différents ont figuré dans le onze de départ. Le chiffre passe à 23 si l'on compte les joueurs utilisés, il passe à 31 sur 6 matches si l'on comptabilise les 2 amicaux précédents. Et Long Couteau ne tranche pas (ah ! ah ! ah !) sur ces prédécesseurs, René Vandereycken avait utilisé 55 bonshommes en trois ans et demi : ce qui n'empêcha pas ensuite Vercauteren puis Dick Advocaat d'en introniser 15 autres. A ce jour, depuis les débuts de VDE en mars 2006, 79 gars différents ont porté le maillot des Diables. N'est-ce pas beaucoup ? Quelqu'un sait-il si ce chiffre est pareillement faramineux aux Pays-Bas, ou en Espagne, ou ailleurs où les résultats sont meilleurs que les nôtres ? Et qu'en est-il en clubs : les plus chambouleurs d'effectif alignent-ils fréquemment jusqu'à 80 joueurs en 3 grosses saisons et beaucoup plus de matches ? Pas sûr. Ce qui est certain, c'est que si un club faisait déjà défiler sans succès, dans son onze de départ, 19 joueurs différents lors des 4 premiers matches de sa saison, les critiques pleuvraient pour dire que c'est n'importe quoi, qu'il n'y a pas de fonds de jeu ou de ligne de conduite. Pour info, au coup d'envoi de leurs 4 premiers matches, Genk (qui débuta bien) et Eupen (tout l'inverse) n'ont respectivement aligné que 14 et 16 joueurs différents, moins que Mc the Knife ! C'est la réponse, négative, à la question posée supra. Le réservoir d'un coach national étant inépuisable, la tentation est grande d'essais interminables. Et si l'on adoptait plutôt, dès la phase préliminaire d'un Euro ou d'un Mondial, la formule de la phase finale : fixer au départ une liste limitée de sélectionnables, hors de laquelle il serait interdit de puiser ? Supposons que Leekens ait dû désigner ses 23 avant l'Allemagne, et doive s'en contenter pour nos 10 matches de poules : durant un an de retrouvailles ponctuelles, cela n'apporterait-il pas quelque chose du point de vue de l'esprit de groupe et des automatismes ? A méditer. Sauf si l'importance prétendue de ces automatismes était surfaite : car à voir la hâte avec laquelle, à chaque mercato hivernal, les clubs balancent dans leur onze le dernier transfert-miracle qui a débarqué la veille au soir, on se dit que l'automatisme n'est pas grand-chose en regard du rêve d'exploit individuel. A méditer aussi ?par bernard jeunejean"L'automatisme n'est pas grand-chose en regard du rêve d'exploit individuel."