"Je suis déjà venu ici pendant un match, c'est la folie. " Francis N'Ganga se fraie un chemin entre les gobelets vides pour prendre la pose dans la T4, symbole du lien particulier qui l'unit aux supporters carolos. Après chaque match à domicile, Francis échange mots et poignées de main avec le public. Finalement, le Congolais est presque un Ultra qui aurait franchi la barrière pour arpenter le couloir gauche : " Les supporters, ils savent que je suis un mec qui ne lâche pas. Je m'arrache toujours, et c'est ce qu'ils aiment. Et puis, l'épisode Standard est encore dans leur tête. "
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"Je suis déjà venu ici pendant un match, c'est la folie. " Francis N'Ganga se fraie un chemin entre les gobelets vides pour prendre la pose dans la T4, symbole du lien particulier qui l'unit aux supporters carolos. Après chaque match à domicile, Francis échange mots et poignées de main avec le public. Finalement, le Congolais est presque un Ultra qui aurait franchi la barrière pour arpenter le couloir gauche : " Les supporters, ils savent que je suis un mec qui ne lâche pas. Je m'arrache toujours, et c'est ce qu'ils aiment. Et puis, l'épisode Standard est encore dans leur tête. " Ce jour-là, N'Ganga laisse son genou sur la pelouse de Sclessin, et salue les insultes et projectiles du public liégeois avec son majeur. " Tu sais, cette histoire, je ne l'ai même pas fait exprès pour faire plaisir aux supporters. Je n'imaginais pas que la rivalité était aussi intense. " FRANCISN'GANGA : Quand je suis arrivé à Charleroi, tout se passait très bien. Je fais une bonne saison, je prolonge, et je commence l'année suivante sur de très bonnes bases. Et puis, je me fais les croisés. Saison terminée. Quand je reviens, je donne tout ce que je peux, mais tu n'es pas au top directement après cette blessure. L'équipe ne marche pas, et comme je suis capitaine, tout me retombe un peu dessus. Je sors de l'équipe, et les victoires s'enchaînent, l'équipe commence à tourner. Peut-être que j'ai fait partie des boucs émissaires, mais c'est comme ça. C'est le football. N'GANGA : Moi, je savais très bien qu'après une telle blessure, c'est difficile de revenir. Surtout pour un joueur comme moi, qui mise beaucoup sur son explosivité. Mais je savais aussi qu'un jour ou l'autre, ça reviendrait. Donc, j'ai mis toutes les chances de mon côté. J'ai essayé de gratter des minutes. Je pense que j'ai fait six mois sans jouer. Entre-temps, j'avais la chance d'être en sélection et je jouais ici en réserves. Je n'ai pas lâché, parce que ce n'est pas dans mon tempérament. Tout le monde m'enterrait, mon plus grand défi était de montrer que j'étais toujours là. Et je pense qu'aujourd'hui, j'ai même prouvé aux personnes qui étaient très sceptiques à mon égard que je pouvais revenir. N'GANGA : Non, les gens ne se rendent pas compte. C'est une blessure très, très handicapante. Sur le coup, d'abord, et puis sur la durée, parce que c'est compliqué de revenir à un haut niveau. Regarde Falcao, c'était le meilleur attaquant du monde, et il n'y arrive pas. Les gens qui m'ont enterré ne voyaient pas la difficulté de cette blessure, ils ne l'ont pas prise en compte et il aurait fallu le faire avant de se lancer dans des analyses. Mais bon, dans le foot, on a besoin de résultats, on n'a pas besoin d'attendre... N'GANGA : Si tu n'as pas ta famille et tes amis dans ces moments-là, tu peux vraiment lâcher. J'ai d'abord passé six mois de rééducation très compliqués. Il fallait revenir au top, c'était dur, c'était un travail acharné, de tous les jours. Après, tu as encore six autres mois où tu n'es pas dans l'équipe, tu es même en tribune parfois... C'est vraiment très, très compliqué. Mentalement, maintenant que c'est derrière, ça m'a fait progresser. Ce que j'ai traversé, il n'y en a pas beaucoup qui l'ont vécu. Et je sais qu'avec ça, je peux voyager. N'GANGA : Ça peut paraître incroyable, mais j'avais déjà entendu parler de Charleroi. Momo Chakouri et Adlène Guédioura sont des amis, et ils m'ont parlé du club. J'étais à Tours, et on a manqué la montée pendant trois ans. Je m'étais retrouvé là après avoir refusé une proposition de contrat de Grenoble, mon club formateur. Je n'aurais peut-être pas dû refuser mais parfois, la jeunesse te fait faire des choses bizarres. Après ces années à Tours, j'avais envie de voir ce qu'il se passait à l'étranger. N'GANGA : Pour moi, pouvoir jouer un match avec Charleroi sur la scène européenne, c'était l'aboutissement du projet qu'on m'avait présenté à mon arrivée. J'ai voulu me donner à 100 %, voir que j'avais le niveau pour jouer ce genre de match, et montrer que Francis N'Ganga était bel et bien revenu. N'GANGA : Ce ne sont pas des matches de poule, mais ça reste l'Europa League. À partir du moment où on a la chance de la jouer, il faut le faire à fond. Nico Penneteau, il l'a jouée à 18 ans, et jusqu'à ses 34 ans l'an dernier, il ne l'avait plus fait. Donc, quand on joue ce type de match, il faut en profiter, on doit se rendre compte que ça n'arrive pas à tout le monde. Voyager à l'étranger, jouer ces matches, c'est quelque chose de spécial. Tu sais, on le sent vraiment, le parfum européen. N'GANGA : C'est l'un de mes moments-clés. Il y a eu mon premier match en pro, la montée en Ligue 1 avec Grenoble, mon club formateur, le but qui qualifie le Congo pour la CAN, et puis la Coupe d'Europe. Ce sont des moments inoubliables. N'GANGA : La sélection compte beaucoup pour moi, et ce but-là... c'était juste exceptionnel ! Aujourd'hui, je ne réalise toujours pas que j'ai pu délivrer tout un peuple de quinze années sans phase finale en Coupe d'Afrique. J'espère pouvoir revivre un tel moment. Rejouer une CAN, même si ce n'est pas moi qui marque le but. N'GANGA : Aujourd'hui, il y a beaucoup plus d'attentes autour de Charleroi. Mais c'est bien, ça veut dire que les gens nous voient comme une équipe très compétitive. On est considéré par les observateurs. N'GANGA : Les équipes ne viennent plus ici la fleur au fusil. J'ai l'expérience de tout ça vu que je suis là depuis le changement de direction. Avant, les adversaires venaient presque avec la certitude de prendre les trois points. Aujourd'hui, ils viennent plutôt pour ne pas perdre. Les mentalités ont changé, et ça veut dire que le club a progressé. N'GANGA : On est devenu une équipe avec de l'ambition et ça doit se retransmettre sur le terrain. Charleroi est une équipe qui attaque, qui essaie de prendre le jeu à son compte. Ce n'est pas toujours possible, mais on essaie d'être ambitieux, même dans le jeu. N'GANGA : Le poste de latéral, je le vois comme celui de premier contre-attaquant. J'aime bien les latéraux qui montent, parce que j'aime bien le jeu offensif. Le danger ne doit pas seulement venir des attaquants. N'GANGA : Avant, j'étais milieu offensif gauche et attaquant. Et puis je suis arrivé au centre de formation à Grenoble, et mon coach m'a dit qu'il me voyait mieux en latéral gauche. N'GANGA : C'était quand même dur à encaisser, oui. Mais il m'a mis la vérité en face. Il m'a dit que si je voulais réussir, c'était latéral gauche. N'GANGA : Être plus efficace et marquer plus de buts. Le match parfait, pour moi, ce n'est pas seulement ne pas rater une passe ou ne pas encaisser un but par ma faute. Il faudrait aussi que je marque trois buts et que je mette trois assists. Là, ce serait le match parfait. N'GANGA : C'est le top, parce qu'on s'entend bien. Je sais où il veut le ballon et il sait où je vais le mettre. J'avais la même chose avec Nassim Akrour, à Grenoble. C'était le même, un attaquant avec du flair. Ces mecs-là, ils ont un ballon dans le rectangle et c'est but. N'GANGA Ça prouve que le club progresse. Il attire des joueurs plus talentueux. Plus exposés médiatiquement aussi. Quand tu vois Benavente et Ninis, sur leur Instagram ou leur Twitter, ils ont plus de followers que le reste de l'équipe ! Mine de rien, on doit aussi remercier l'équipe nationale belge pour ça, parce que leurs résultats ont beaucoup joué sur l'image du championnat, et donc du club. PAR GUILLAUME GAUTIER - PHOTOS BELGAIMAGE - DAVID STOCKMAN" Le poste de latéral, je le vois comme celui de premier contre-attaquant. " - FRANCIS N'GANGA " Je ne réalise toujours pas que j'ai pu délivrer tout un peuple de quinze années sans CAN. " - FRANCIS N'GANGA