Quel est le point commun entre les films Tangerine de Sean S. Baker, Détour de Michel Gondry et Unsane de Steven Soderbergh ? Tous tournés avec un iPhone ! Le journalisme n'est pas en reste. Au Tour de France, François Zaleski expérimente une nouvelle manière de procéder. Plutôt que de récolter des sons pour des reportages radio, il utilise un iPhone avec lequel il filme aussi des images destinées à la télé. P...

Quel est le point commun entre les films Tangerine de Sean S. Baker, Détour de Michel Gondry et Unsane de Steven Soderbergh ? Tous tournés avec un iPhone ! Le journalisme n'est pas en reste. Au Tour de France, François Zaleski expérimente une nouvelle manière de procéder. Plutôt que de récolter des sons pour des reportages radio, il utilise un iPhone avec lequel il filme aussi des images destinées à la télé. Pas besoin de cameraman ou de monteur : il s'occupe de ces tâches avec une tablette tactile. " C'est une nouveauté liée au fait que nous faisons de la radio filmée ", explique le journaliste. " Les émissions radio du matin comme le 6-8 de Sara de Paduwa sont visibles en télé. Or, les années précédentes, cela manquait de dynamisme : j'intervenais par téléphone et on voyait juste à l'antenne une photo fixe de moi. Désormais, soit je suis en direct vidéo, soit mon intervention est enregistrée. " Outre ce direct, le journaliste propose un reportage radio enrichi d'images pour le public télé. " Je dispose d'un matériel comprenant un stabilisateur, différents micros (cravate, main), etc. Avec cette technologie, je dispose de plus de libertés : suivre Christian Prud'homme dans sa voiture, passer la journée avec un soigneur d'équipe, etc. J'en avais marre d'enregistrer les mêmes reportages dans la zone technique du Tour, où j'étais cantonné : les pompiers, le commissariat mobile, etc. " Cette évolution est dictée par plusieurs impératifs. Aujourd'hui, un journaliste télé doit pouvoir faire de la radio et vice-versa. La palette d'interactivités est plus large, avec un cadre technique moins contraignant même si plusieurs critiques demeurent : démultiplication des activités des journalistes, concurrence aux cameramen et monteurs, ... " Mes sujets n'auront jamais la qualité d'une captation d'un cameraman ou la précision d'un monteur. Je ne veux enlever le pain de la bouche de personne. Mais ces manières de travailler peuvent cohabiter. On est aussi dans une période de réduction des coûts. Les cameramen sont d'ailleurs formés au montage. "