Jamais un sacre ne fut autant chahuté. Lyon vient de fêter son septième titre d'affilée mais la France aurait bien voté Bordeaux, lassée par la domination sans concession des Lyonnais. Pourtant, malgré les apparences, Lyon a toujours eu la main dans ce championnat, occupant la tête du début jusqu'à la fin et comptant jusqu'à neuf points d'avance fin mars.
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Jamais un sacre ne fut autant chahuté. Lyon vient de fêter son septième titre d'affilée mais la France aurait bien voté Bordeaux, lassée par la domination sans concession des Lyonnais. Pourtant, malgré les apparences, Lyon a toujours eu la main dans ce championnat, occupant la tête du début jusqu'à la fin et comptant jusqu'à neuf points d'avance fin mars. Cependant, la cuvée lyonnaise 2007-2008 n'a certainement pas le même goût que les autres cuvées. Dans le jeu d'abord. Lyon, focalisé et obnubilé par l'Europe, n'a pas ébloui les spectateurs par ses mouvements. L'entrejeu (force de Lyon les dernières années) ne fut pas impérial et la défense a pris l'eau à plusieurs reprises. Et il a fallu l'éclosion des deux produits du terroir : dans l'entrejeu Hatem Ben Arfa, peu utilisé en fin de championnat, mais surtout en attaque, Karim Benzema. Jamais Lyon, depuis le départ du Brésilien Sonny Anderson, n'avait compté en ses rangs un tel buteur (20 buts). Quant aux autres secteurs, c'est dans le money time qu'ils se sont retrouvés. Le retour de Gregory Coupet a stabilisé l'arrière garde. Quant à Juninho, il a retrouvé ses jambes de gamin en fin de championnat. Lui qui jouait en demi-teinte au premier tour. Lyon fut également victime de la qualité de son challenger bordelais, qui sous la houlette de Laurent Blanc, termine en boulet de canon. Mais, Lyon a surtout été secoué par le climat pesant sur le club tout au long de la saison. L'élimination en huitième de finale de Ligue des Champions (pour la deuxième année consécutive) a été très mal vécue. L'entraîneur Alain Perrin a été remis en cause tout au long de la campagne. " Son autorité sur le groupe est très relative et la qualité du jeu de son équipe s'est étiolée dans des proportions inquiétantes (...). Il n'est pas parvenu à se faire accepter et à s'affirmer ", écrivait L'Equipe il y a quelques semaines. Malgré ce constat, Perrin pourrait devenir le premier entraîneur lyonnais à réaliser le doublé. Enfin, il y a les propos du Jean-Michel Aulas, qui a alimenté une paranoïa constante sur l'OL. En remettant en cause les décisions arbitrales, en menaçant la Ligue de faire jouer son équipe B en Coupe si on ne changeait pas la date, en critiquant sans cesse les articles de presse, et en soulignant les mauvais choix de son entraîneur. KARIM BENZEMA, l'attaquant de Lyon, a reçu le trophée UNFP du meilleur joueur de la saison. De plus, avec 20 buts, il a battu le record de Bernard Lacombe, le conseiller du président lyonnais, qui, pour sa première saison comme titulaire, avait inscrit 19 buts. LAURENT BLANC (Bordeaux) a été élu meilleur entraîneur de l'année, battant Eric Gerets. A noter qu' Alain Perrin, qui peut encore réaliser le doublé Coupe-Championnat, n'avait même pas été nominé. STEVE MANDANDA, le portier de Marseille, a été élu meilleur gardien de l'année alors qu' Hatem Ben Arfa (Lyon) a reçu le trophée de meilleur espoir. MARSEILLE a coiffé sur le poteau Nancy pour la troisième place, qualificative en Ligue des Champions. Nancy est reversé en Coupe UEFA avec le PSG (vainqueur de la Coupe de la Ligue) et Saint-Etienne, qui a profité du faux pas de Lille. Les Verts retrouvent l'Europe, 25 ans après leur dernière participation. LENS a rejoint Strasbourg et Metz parmi les relégués en Ligue 2. Dix ans après son titre de champion de France, dix-neuf ans après sa dernière relégation, les Sang et Or, qui avaient tablé sur une cinquième place, ont craqué ces derniers mois. Le duo Jean-Pierre Papin-Daniel Leclercq n'a donc pas réussi sa mission. Le PSG et Toulouse, tous les deux victorieux, restent en Ligue 1. GRENOBLE est le troisième club, après Le Havre et Nantes, à accrocher un ticket pour la Ligue 1. RAYMOND DOMENECH a dévoilé, pour l'Euro, une liste de 30 noms dans laquelle figurent une surprise (la présence de l'attaquant stéphanois Bafetimbi Gomis) et quelques absences ( David Trézéguet, Bakary Sagna, Gaël Clichy, Louis Saha, Mathieu Valbuena, Mathieu Bodmer et Jérôme Rothen). STéPHANE VANDE VELDE